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A propos des arts plastiques a la Semaine Nationale de la Culture.

A propos des arts plastiques a la Semaine Nationale de la Culture

Le Burkina Faso organise tous les deux ans a Bobo Dioulasso, la Semaine Nationale de la Culture dont les objectifs essentiels demeurent la valorisation de la culture et la promotion des artistes burkinabe. Cette manifestation biennale, si elle concerne nombre de domaines des arts, reste un cadre de valorisation et de promotion tres perceptible pour les arts du spectacle surtout. Les arts plastiques ne semblent pas y avoir trouve une voie d'expression et de promotion pour leur plein epanouissement. Les facteurs militant contre cette categorie d'art sont la confusion entre art traditionnel et art contemporain, l'anonymat de l'artiste plasticien, l'absence d'un theme autour duquel organiser la competition, le sort non enviable reserve aux oeuvres primees et aux artistes laureats. Des propositions de solutions sont faites, esperant qu'elles produisent l'envol des arts plastiques a partir de la Semaine Nationale de la Culture. Mots cles: Semaine Nationale de la Culture burkinabe, Art plastique burkinabe, Plasticiens burkinabe, Promotion des arts plastiques burkinabe, Developpement artistique au Burkina Faso.

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Au Burkina Faso, la Semaine Nationale de la Culture (SNC) se deroule tous les deux ans a Bobo-Dioulasso, la seconde ville du pays. Il s'agit d'une manifestation culturelle dont le volet competition met en presence d'innombrables artistes dans les domaines que sont les arts du spectacle, les arts culinaires, le sport traditionnel et les jeux de societe, la litterature et les arts plastiques, etc.

Depuis sa creation jusqu'a nos jours, la SNC a enregistre la participation des arts plastiques et des artistes plasticiens. Mais cette manifestation culturelle, telle qu'organisee et vecue par les artistes, accorde une importance et des privileges notables a certaines expressions artistiques. Cet etat de fait conduit a des interrogations au sujet des arts plastiques, mais qui pourraient etre generalisees pour concerner d'autres domaines de l'art. Ainsi, passee une vingtaine d'annees apres la premiere edition de la SNC, on peut se poser les questions suivantes :

* la SNC a-t-elle favorise les expressions plastiques?

* a-t-elle promu les artistes plasticiens?

* quelle place y occupent les arts plastiques et les artistes plasticiens?

L'organisation de la SNC est un theme tres recent de la vie culturelle du Burkina Faso. Ainsi, l'essentiel des materiaux pour le traiter repose sur : les textes fondateurs de la manifestation; les rapports sur les editions de la SNC; les rapports generaux des seminaires sur la SNC; les rares travaux (memoires) sur la manifestation culturelle; les observations personnelles sur le terrain et les temoignages de quelques artistes.

Les resultats de notre reflexion que nous presentons ici sont structures en deux parties distinctes. La premiere, celle des aspects generaux, concerne la creation de l'institution, les objectifs recherches et l'organisation des manifestations. Il ne s'agit pas veritablement d'une analyse mais d'un rappel qui annonce la seconde partie. La deuxieme partie isole les arts plastiques et decrit leur participation aux editions de la SNC, depuis les phases eliminatoires jusqu'aux phases finales. Elle identifie les entraves et les contraintes a la participation plus importante des artistes plasticiens. Par la meme occasion, pour dynamiser les arts plastiques a la SNC, des solutions sont proposees.

La Semaine Nationale de la Culture : aspects generaux

Au Burkina Faso, les annees 1980 voient naitre des volontes de reformes en faveur de la culture. Au nombre d'elles, la SNC, creee par le Conseil du Salut du Peuple (CSP) en juillet 1983 et mise en execution par le Conseil National de la Revolution (CNR) en decembre 1983. (1) Les premiers textes creant la Semaine Nationale de la Culture sont l'Arrete No 329/ENAC/DGAC et la Decision No 325/ENAC/DGAC du 29 juillet 1983 du Ministere de l'Education Nationale, des Arts et de la Culture (Traore-Sanogo 1996 : 24). Il s'agit d'une initiative du Conseil du Salut du Peuple (CSP) qui se propose d'organiser le Grand Prix National des Arts et des Lettres et d'autres manifestations a caractere culturel. Mais renverse quelques jours plus tard, le CSP n'aura aucune chance d'organiser cette manifestation culturelle. Le Conseil National de la Revolution (CNR) lui succede et organise en decembre 1983 la premiere edition de la SNC a Ouagadougou du 20 au 30 decembre. La Revolution elucide le texte portant creation et organisation de la SNC en fonction de sa vision de la culture exprimee dans le Discours d'Orientation Politique (DOP) du 2 octobre 1983, c'est-a-dire le discours--programme du Conseil National de la Revolution prononce le 2 octobre 1983 a la Radio Television Nationale par le President Thomas Sankara. La SNC est envisagee comme un engagement pour l'affirmation de l'identite culturelle burkinabe. Le Decret No84-250/ CNR/PRES du 27 juin1984 decide de l'organisation annuelle de ladite manifestation. C'est ce qui justifie le deroulement a Gaoua en 1984 de sa seconde edition. Mais, a l'issue des manifestations, les problemes d'infrastructures culturelles et d'infrastructures d'accueil et d'hebergement conduisent les autorites a revoir la periodicite de la SNC; intervient donc le troisieme texte, le Decret No 85-486/CNR/PRES/MIC du 29 aout 1985 qui fait de la SNC une manifestation biennale. Cela pour permettre aux provinces hotes d'avoir deux ans de preparation, le temps de se doter d'infrastructures culturelles et de logements. C'est dans cette vision que se tiennent les SNC Bobo 86 et Koudougou-Reo 88.

L'annee 1990 marque un tournant tres important dans la vie de la SNC. Le 15 octobre 1987, un coup d'Etat militaire, au terme duquel le President Sankara et ses partisans trouvent la mort, instaure le Front Populaire (FP) et engage le pays dans un mouvement dit de Rectification. Le Capitaine Blaise Compaore qui accede au pouvoir a cet effet conduit un regime d'exception jusqu'en 1991. Pendant cette periode d'importantes decisions relatives a la vie de la biennale culturelle sont prises : la SNC se sedentarise a Bobo-Dioulasso, desormais seule localite a abriter les manifestations; elle est administree par un Secretariat Permanent basee dans cette ville. L'Arrete No91-37/ MIC/MDC/SP-SNC du 25 juillet 1991 fixe les attributions, l'organisation et le fonctionnement de la structure chargee de la SNC et chaque edition de la SNC est regie par un Arrete ministeriel qui lui donne sa legitimite. (2) Ces mesures enracinent la SNC et en font la plus grande manifestation culturelle nationale jamais egalee au Burkina Faso. Cependant, de 1990 a nos jours, des seminaires de reflexion sur la SNC sont tenus en vue d'en identifier les acquis, pour les conserver ou les consolider, et les insuffisances, pour les corriger. (3)

Objectifs et organisation

Les recherches attestent que le Burkina Faso comprend une soixantaine d'ethnies ayant souvent chacune des expressions culturelles propres. Pour mieux degager et comprendre les objectifs assignes a la SNC, il convient de faire un rappel historique. L'etat actuel des connaissances permet de definir trois grandes phases de l'histoire du peuplement du Burkina (Kouanda 1986 : 50) : le peuplement anterieur au XVe siecle qui est celui des Bobo, Bwa, San, Yonyoose, Ninsi, Gurunsi, Dogon, Kurumba et Bisano (Sing. Bisa); le peuplement entre le XVe et le XVIIe siecle qui est celui des Moose, Gulmanceba, Fulbe, Yarse, Marka, Zara; et le peuplement a partir de la fin du XVIIe siecle qui est celui des Lobi, Dagara, Hausa, Dyula. A partir de ces trois vagues de peuplement, les populations ont ete reparties en deux groupes : les autochtones ou populations anciennement installees (groupe qui comprend les populations dont l'installation s'est faite avant le XVe siecle) et les populations venues d'ailleurs (groupe qui se compose des populations installees a partir, XVe siecle).

La conquete des territoires du Burkina commencee en 1896 s'acheve avant 1900. Mais le Burkina ne sera erige en colonie qu'en 1919. Cela dure jusqu'en 1932, ou pour diverses raisons, on assiste a sa dissolution. En 1947 intervient la reconstitution de la colonie de Haute-Volta dans ses limites de 1932. Elle entre dans la communaute francaise en votant oui au referendum du 28 septembre 1958. Le 11 decembre 1958 elle devient une Republique avant d'etre independante le 5 aout 1960. De 1900 a 1960, ce qui correspond a la periode coloniale ou les territoires du Burkina sont sous tutelle francaise, on assiste a une campagne de negation des pratiques culturelles locales au profit de celles du colonisateur. Ainsi, au dynamisme culturel et au sentiment de fierte culturelle remarquable precoloniaux succede un questionnement des valeurs culturelles. La civilisation francaise par l'ecole et le christianisme destabilise divers domaines de la culture burkinabe. C'est dans ce contexte de negation du socle culturel burkinabe qu'intervient la proclamation de l'independance le 5 aout 1960.

Quelles sont les dispositions prises par l'Etat en vue de la rehabilitation de la culture burkinabe? De 1960 a 1983, si la promotion de la culture a ete une preoccupation des differents pouvoirs publics qui se sont succedes, on ne note pas chez eux une volonte politique de faire de la culture une dimension essentielle de l'homme, le socle du developpement. L'inexistence jusqu'a une periode recente d'un ministere autonome de la culture conforte quelque peu cette vue. Les politiques culturelles se limitent a quelques actions parmi lesquelles on peut relever la creation du Musee National, la naissance d'un cinema et l'erection d'une direction chargee du patrimoine culturel. Le Musee National voit le jour par la loi No42/62/AN du 13 novembre 1962 (Traore 1985/1986 : 18) avec la mission d'etre un espace de sauvegarde et de conservation de la memoire collective du peuple burkinabe. C'est encore en 1962 que se cree une cellule cinema rattachee a la Direction Generale de l'Information (Traore-Sanogo 1996 : 21). Sa mission a consiste en la realisation de films socio-educatifs didactiques et d'actualites a l'intention de la population rurale notamment. (4) Il a fallu attendre 1972, dix ans apres le Musee national, pour que se cree la Direction des Arts, des Lettres et du Patrimoine Culturel (Yameogo 1989) avec une tutelle administrative assuree par le Ministere de l'Education Nationale.

En realite, le tutorat qui a caracterise pendant longtemps la gestion de la culture au Burkina n'a pas favorise tres tot l'eclosion d'une veritable politique culturelle ou la naissance d'une vision en la matiere. D'abord inexistante dans les organigrammes des departements ministeriels (de 1960 a 1971), la culture tantot rattachee au ministere de l'Education Nationale, tantot rattachee au Ministere de la Jeunesse et des Sports sera plus animee par des initiatives privees que par une orientation politique gouvernementale determinee. C'est pourquoi, si en 1983, au niveau du cinema, des efforts notables sont realises, il n'en n'est pas de meme pour les autres domaines de la culture. En effet, les arts du spectacle, les arts plastiques, la litterature et l'artisanat, pourtant des domaines essentiels de la culture burkinabe, sont insuffisamment promus ou ne le sont meme pas. C'est dans ce contexte qu'intervient un changement de regime en 1983.

Le pouvoir issu du coup d'Etat militaire du 4 aout 1983 a reconnu l'importance de la culture dans le processus de transformation du Burkina Faso. (5) Cette culture qui a un caractere national devrait porter toutes les expressions culturelles et tous les aspects du patrimoine culturel. Cette revalorisation de la culture vise la formation d'une identite culturelle indispensable a la prise de conscience de sa propre valeur et a la confiance en soi. On peut, sans grand risque de se tromper, affirmer que de 1983 a nos jours on voit s'affirmer de plus en plus une volonte politique de rehabilitation de la culture burkinabe et d'installation du peuple burkinabe dans sa culture. Nous n'analyserons pas ce processus ici, ce n'est pas le but avoue de ce point, nous avons surtout en vue l'identification des objectifs qui fondent la SNC.

Nous l'avons vu, la SNC est une initiative du CSP que le CNR rend manifeste, en organisant quatre mois apres son accession au pouvoir, du 20 au 30 decembre 1983 la premiere edition de la Semaine Nationale de la Culture. Et depuis ce temps, cette manifestation, victorieuse des differentes epreuves qui se sont presentees a elle, se deroule toujours. En effet, en parcourant les textes fondateurs de la SNC et les rapports des divers seminaires organises sur cette institution, on note une constance dans les objectifs qu'on lui assigne. En faisant une synthese, ils sont les suivants : la dynamisation de la vie culturelle nationale; la revalorisation et la redecouverte du patrimoine culturel et artistique; l'affirmation de l'identite culturelle; le brassage des differentes identites culturelles et la promotion des artistes. En clair, selon les textes, la SNC est le cadre qui favorise l'expression de tous les domaines des arts de la culture burkinabe et fait la promotion des artistes les meilleurs.

Comment cette manifestation biennale s'organise-t-elle? Dans le processus d'organisation de la SNC, les eliminatoires qui constituent la phase preliminaire se deroulent en differentes etapes. D'abord la possibilite est offerte a chaque departement d'organiser les journees departementales de la culture. (6) La competition a ce niveau concerne les villages qui forment le departement et permet de retenir les meilleurs ensembles artistiques et les meilleures oeuvres d'art. Ensuite viennent les journees provinciales de la culture qui mettent en competition les troupes et les objets des divers departements de la province concernee. A l'issue des journees provinciales, chaque province retient ses meilleurs troupes et objets d'art pour la competition au niveau regional. La Semaine Regionale de la Culture fait l'objet d'un Arrete ministeriel et est organisee par une province hote avec l'appui technique et financier du Secretariat Permanent de la SNC. A cette phase, des jurys nationaux, constitues sur proposition du Secretariat, retiennent par region les meilleurs ensembles artistiques, oeuvres d'art et plats cuisines (art culinaire) presentes par les provinces.

Ces differentes selections debouchent sur la phase finale : la grande manifestation culturelle qui a lieu a Bobo-Dioulasso pendant une semaine. L'etape finale, vitrine de la culture burkinabe, comprend un volet competition et un volet festival. Dans le cadre de la competition, les artistes du spectacle, les artistes plasticiens, les ecrivains, les cineastes et bien d'autres, livrent une ultime competition appelee le Grand Prix National des Arts et des Lettres (GPNAL); les competitions en art culinaire et en sports traditionnels en sont exclus. (7) Ces competitions finales permettent la designation, a la cloture, des meilleurs artistes et ecrivains du Burkina Faso. Quant au volet festival, il permet la decouverte de differents aspects de la culture ne faisant pas l'objet d'une competition. Ces manifestations comprennent les defiles et danses des masques, les exhibitions hippiques, la presentation d'art vestimentaire, la foire, (8) les expositions museales et d'art plastique, (9) les activites recreatives et de loisirs dont le village des communautes, (10) les espaces pour enfants (activites de formation, jeux concours), les animations et les bals populaires, les activites touristiques, les colloques, seminaires et conferences.

Toutes ces activites et manifestations participent a l'animation de la SNC et en font une veritable fete vecue par les festivaliers et d'autres populations par la retransmission en direct par la Television nationale des competitions du GPNAL en arts du spectacle et par des reportages sur certaines animations. Voici venu le moment de voir la place des arts plastiques dans le volet competition de la SNC.

Les arts plastiques (1983-2004)

Le but de cette partie est de relever et reveler la participation des arts plastiques aux editions de la SNC en vue d'en identifier les insuffisances et les obstacles a une veritable promotion de ce domaine de l'art. La participation des arts plastiques a cette manifestation comprend les expositions des artistes a la foire a des fins commerciales, les expositions museales et la competition au GPNAL. C'est cette derniere, la competition en arts plastiques, qui est en debat ici et qui fait l'objet de la presente reflexion.

La competition en arts plastiques

Dans les competitions des GPNAL de la SNC les arts plastiques font partie de la categorie B. (11) Les arts plastiques sont ceux qui sont producteurs ou reproducteurs de formes ou de volumes; c'est l'art de la representation des formes. La classification traditionnelle des arts retient comme arts plastiques l'architecture, la sculpture et la peinture. Cependant, au Burkina Faso, la notion d'art plastique est plus large. La realite a conduit a l'ajout de certaines pratiques, notamment des techniques qui donnent des objets d'art. Ainsi, des 1983 ont ete retenues comme disciplines des arts plastiques la sculpture, la peinture, le bronze, le batik, la photographie, la maroquinerie, le tissage, l'art vestimentaire, l'art capillaire, le dessin, le modelage et la vannerie.

Ces differents domaines resteront inscrits au titre des competitions dans les arts plastiques jusqu'a la SNC 1996. En effet, l'Arrete ministeriel portant Reglement Interieur du GPNAL de la categorie B a la SNC 1998 retient au titre des arts plastiques la sculpture, la peinture, le batik, le bronze et le dessin pour les enfants qui, plus tard, disparait (12) (Cf. l'Arrete no99-0011/MCC/SG/SP-SNC, l'Arrete no2003-395/MCAT/SG/SPSNC et l'Arrete no2005-201/MCAT/SG/SP-SNC). Des la publication du reglement interieur, les artistes s'inscrivent dans les disciplines relevant de leurs specialites en vue des phases eliminatoires. Il semble que, concernant les arts plastiques, les eliminatoires au niveau des departements et des provinces ne se deroulent pas souvent. Cette impression repose sur un temoignage et un constat. En effet, en octobre1997, lors des selections regionales qui se sont deroulees a Dedougou, un assistant culturel de la province du Nayala nous confie que les pieces de cette province n'ont pas fait l'objet d'une selection avant leur presentation dans la region. Aussi, etant membre du jury des selections regionales, nous voyons certains artistes se presenter eux-memes avec les objets en lieu et place des responsables culturels de la province. C'est dire que le premier niveau de competition en arts plastiques commence veritablement au niveau de la region culturelle.

Les premieres selections regionales se deroulent a partir de la deuxieme edition de la SNC (Traore-Sanogo 1996 : 52). Jusqu'aux selections regionales de la SNC 2004 qui se deroulent en 2003, le Burkina Faso se divise en cinq regions culturelles comprenant chacune un ensemble de provinces, auxquelles s'ajoutent les regions autonomes du Houet et du Kadiogo ainsi que la diaspora en Cote d'Ivoire. Mais, a partir de cette annee, le Burkina Faso est divise en quatorze regions culturelles. En effet, les selections regionales en arts plastiques ont connu une modification qui ne semble pas favoriser sa pleine expression. Si jusqu'en 1999 chaque region recevait le jury de selection, a partir de 2001 les regions en arts plastiques se limitent aux provinces autonomes du Houet et du Kadiogo. C'est dire que les selections des oeuvres dans la categorie B s'effectuent en deux zones, l'une dans la province du Houet et l'autre dans la province du Kadiogo, dans lesquelles les oeuvres parviennent selon une repartition. La, les trois premieres oeuvres ayant obtenu au moins 13/20 de moyenne dans chacune des disciplines sont retenues pour la phase finale. (13) En faisant un calcul on passe d'un maximum de quatre-vingt-quatre (84) objets a un maximum de vingtquatre (24) en competition a la phase finale.

Les oeuvres d'art sont recues par le Secretariat Permanent de la SNC et remises a la commission exposition. Cette commission les expose dans une salle en attribuant a chaque objet un code d'anonymat. Selon les temoignages, au moment ou les arts plastiques integraient la sculpture, la peinture, le bronze, le batik, la photographie, la maroquinerie, le tissage, l'art vestimentaire, l'art capillaire, le dessin, le modelage et la vannerie avec sept selections regionales, arrivait a la phase finale une centaine d'oeuvres a examiner. Mais, avec la reduction des disciplines des arts plastiques limitees a la sculpture, la peinture, le bronze et le batik, n'arrive a ce stade de la competition qu'une cinquantaine d'objets (Cf. rapport du jury de la categorie B du GPNAL de la Xe edition de la SNC). Et la limitation des regions culturelles a deux (2) pour cette categorie engendre a nouveau une reduction du nombre d'objets a la phase finale; la derniere edition n'enregistre que vingt-cinq (25) objets (Cf. proces-verbal de deliberation du jury de la categorie B SNC Bobo 2004).

C'est a la phase finale que sont selectionnes et primes les meilleurs objets. Ce travail revient a un jury nomme par Arrete du Ministre charge de la culture sur proposition du Secretariat Permanent de la SNC. Le jury national se compose de cinq (5) membres qui sont autonomes et souverains. Avant de commencer leur travail, les membres du jury definissent et harmonisent les criteres d'appreciation et les points a leur attribuer. (14) Regulierement les elements suivants reviennent : l'originalite, la creativite, l'esthetique, la composition, l'execution, la finition et la pertinence du theme. C'est a partir des criteres retenus que les oeuvres toujours sous anonymat sont notees par chaque membre du jury. Et c'est la moyenne des notes attribuees a chaque objet qui determine son rang general. Le jury ne leve l'anonymat que lorsque vient le moment du classement en fonction des moyennes obtenues. Ne sont citees au palmares officiel et primees que les trois premieres oeuvres par discipline ayant obtenu une moyenne au moins egale a 13/20. Elles font de ce fait partie du patrimoine national burkinabe a travers leur acquisition par l'Etat. Quelle analyse faire de la competition en arts plastiques a la SNC?

Analyse de la participation des arts plastiques a la Semaine nationale de la culture

Rappelons que, pour l'essentiel, la SNC vise la mise en valeur de tous les aspects de la culture burkinabe et la promotion des artistes. Dans le cas des arts plastiques, force est de constater aujourd'hui que la SNC n'a ni developpe tous les domaines y afferents ni fait la promotion des artistes plasticiens; la baisse progressive du nombre de participants conforte cette these. Lorsqu'on examine, meme sans grande minutie, la competition dans categorie a la SNC, on releve des insuffisances qui, si elles ne justifient pas, expliquent le peu d'interet ou le recul de cette discipline.

La SNC ne fait pas de distinction entre art traditionnel et art contemporain dans la categorie B, contrairement aux arts du spectacle ou existent la danse traditionnelle, la musique traditionnelle et la vedette de la chanson traditionnelle. En effet, le domaine de l'art contemporain utilise des materiaux, des outils et des techniques plus modernes; a cote de cela, l'art traditionnel avec tous les elements qui le caracterisent. Il ne nous semble pas pertinent que les memes criteres d'appreciation soient appliques a ces deux types d'art tres differents. Cette absence d'un volet art plastique traditionnel defavorise les artistes plasticiens travaillant selon les canons culturels traditionnels. Les criteres de jugement etant en faveur des arts contemporains, les laureats ont toujours ete les artistes travaillant en milieu urbain dans des ateliers et issus des centres de formation. Avec le temps, les artistes ruraux finissent par comprendre que la competition de la categorie B n'est pas faite pour eux.

Cette sorte d'exclusion des artistes traditionnels est un obstacle a la valorisation des arts plastiques en rapport avec la culture burkinabe. En effet, au Burkina Faso comme ailleurs en Afrique, les oeuvres creees portent l'histoire des groupes qui, pour materialiser les formes, gardent leurs normes culturelles. C'est pourquoi ils ont differentes possibilites plastiques de representer les memes images. Ainsi Moose, Nuna, Lela, Bwa, Bobo, Winiema, Marka, Kurumba et autres possedent chacun ses propres conventions pour representer l'antilope ou le buffle par exemple. Pour conserver et valoriser tous les atouts plastiques traditionnels, il convient d'organiser les competitions en arts plastiques autrement. La categorie B comprendra deux volets que sont l'art traditionnel et l'art contemporain. L'art traditionnel renferme la sculpture (bois, bronze), la maroquinerie, le tissage, l'art vestimentaire, l'art capillaire, la poterie, la vannerie et la peinture (Pibot 2001). L'art contemporain englobe la sculpture (bois, bronze, pierre, fer), le batik, le design et les arts composites et la peinture (Kabore 1992/ 1993; Eliard 2002).

A l'absence des canons culturels traditionnels s'ajoute l'anonymat de l'artiste plasticien; a toutes les etapes de la SNC aucune occasion n'est offerte a l'artiste plasticien de se faire connaitre. Les visiteurs qui, dans la salle d'exposition, apprecient favorablement une oeuvre et souhaitent entrer en contact avec l'auteur, ne peuvent le faire du fait de l'anonymat. L'anonymat qui caracterise sa participation ne lui laisse aucune chance de rencontre avec des artistes etrangers organisateurs de symposiums ou d'expositions-ventes internationales. Ainsi, l'artiste au soir de la SNC retourne chez lui sans le moindre contact pouvant lui ouvrir de nouveaux horizons. Pourtant, les artistes du spectacle profitent de la SNC pour rencontrer les promoteurs de spectacles etrangers surtout, ce qui aboutit souvent a des deplacements a l'exterieur (Traore-Sanogo 1996 : 74-77). Pour lever l'anonymat et mieux presenter l'artiste plasticien au public, la phase finale de la SNC est a organiser autrement. Il faut envisager la creation d'un site des arts plastiques ou travailleront sur place tous les artistes en competition. On aura ainsi une place vivante ou pourront etre apprecies les artistes et les oeuvres d'abord en production puis produites.

Mais l'absence de theme precis a partir duquel travaillent les artistes complique le travail de selection. En effet, les oeuvres d'art de la SNC, meme celles d'une meme discipline, abordent des themes differents rendant malaisee toute attribution de notes. Face a des tableaux de peinture qui abordent des themes differents, l'appreciateur pourrait, au-dela de la qualite plastique de l'oeuvre, etre attire par le theme qui l'interesse. Ce risque ne place pas les oeuvres a un meme niveau d'appreciation rendant inegale leur chance d'etre citees au palmares officiel. Pour l'eviter, il convient de retenir un theme unique par edition a partir duquel les artistes fabriqueront leurs oeuvres. (15) Ce theme sera le premier critere de jugement des oeuvres en competition.

La question du devenir des oeuvres primees est aussi importante. Les textes, malgre leur clarte sur cet aspect, ne sont pas appliques. Il semble qu'au debut, nous ne l'avons pas verifie, toutes les oeuvres primees deviennent la propriete de l'Etat par leur acquisition par le Musee National. Ainsi, les premiers laureats voient leurs productions conservees au Musee National. Par la suite, cette disposition evolue pour dire que les oeuvres primees sont achetees par l'Etat au profit du Musee National ou encore les oeuvres classees premieres dans chaque discipline sont d'office achetees par le ministere en charge de la culture au profit du patrimoine culturel du Musee National (Cf. Arrete No99-0011/MCC/SG/SP-SNC, portant Reglement interieur du Grand Prix National des Arts et des Lettres, 10eme edition de la Semaine Nationale de la Culture SNC BOBO 2000). (16) Les oeuvres n'etant pas souvent acquises par l'Etat, abandonnees aux mains de leurs proprietaires, retournent dans leurs provinces d'origine ou sont vendues sur place a d'autres acquereurs.

Celles qui parviennent au Musee national ne connaissent pas une situation enviable. Mal conserves et non mis en valeur, ces objets ne peuvent faire connaitre leurs createurs. En effet, une recente recherche a etabli l'inexistence de salles de reserves, de methode, moyens et techniques de conservation au Musee national mettant ainsi en danger la vie des objets (Bayala 2004/2005). Pourtant, les representations primees en arts du spectacle et les oeuvres primees en litterature connaissent une situation bien meilleure. Sous reserve de controle, des cassettes sont produites pour les meilleurs ensembles artistiques musicaux; ce sont eux aussi qui, periodiquement, participent a la << Caravane du Sahel >> qu'organise le Ministere de la Culture, des Arts et du Tourisme. (17) Quant a la litterature, le GPNAL qui recompense a chaque edition les meilleures oeuvres litteraires, reste une occasion de se faire editer. Le tableau des ouvrages edites dans ce cadre par le Ministere en charge de la culture est deja important (Cf. Traore-Sanogo 1996 : 65).

Pour ce qui est des productions plastiques, leur devenir s'exprime en terme de conservation et de mise en valeur. Ces objets ont besoin d'une meilleure conservation qui les protege de toute deterioration et d'une mise en valeur. Le meilleur cadre de protection et conservation d'un objet ayant un interet artistique, culturel ou historique est le musee. Le Secretariat Permanent de la SNC n'en ayant pas, le Musee National, sous reserve d'amelioration de leurs conditions de sejour, peut continuer a recevoir les meilleurs objets du GPNAL des editions de la SNC. Leur mise en valeur devra se traduire par des expositions permanentes ou temporaires (au Musee National ou a la SNC), itinerantes a l'occasion surtout des selections regionales et a l'exterieur lors des tournees de la << Caravane du Sahel >> afin de les reveler au public et rappeler en meme temps leurs auteurs. En realite, pour leur mise en valeur, plusieurs usages peuvent etre faits des meilleures oeuvres d'art de la SNC dont la decoration et l'ornement des batiments administratifs, l'impression comme motifs sur les pagnes et les tricots notamment ceux de la SNC, l'impression des timbres postaux, etc.

Notons enfin l'absence de promotion des artistes plasticiens primes. Il nous semble qu'en dehors des prix servis, les artistes plasticiens ne recoivent aucune faveur qui puisse les promouvoir. Sous la revolution, entre 1983 et 1987, l'Etat traduit une volonte de reformes en faveur des artistes plasticiens laureats; ils beneficient de commandes tres importantes venant du pouvoir. Ainsi, l'artiste-peintre Raya Benjamin Sawadogo, laureat de la premiere edition de la SNC, obtient la decoration du marche central de Ouagadougou et le sculpteur bronzier Ali Nikiema laureat des editions de 1983, 1984 et 1988 recoit des commandes pour les armoiries du Faso en 1984, le monument de la bataille du rail a Ouagadougou en 1986 et celui de la jeunesse a Ziniare en 1987 (Traore-Sanogo 1996 : 70-73). Cette disposition de promotion des artistes laureats, aussi interessante soit-elle, ne se poursuit pas. Cette reconnaissance d'une qualite ou d'un travail bien fait ne serait pas ininteressante a retablir afin que les grands marches publics et prives en arts plastiques s'executent par les laureats du moment. En outre, ces derniers peuvent intervenir en qualite de formateurs dans les centres de formation en arts plastiques, par exemples le Centre National d'Artisanat d'Art et le Village Artisanal de Ouagadougou.

Conclusion

Ce travail est une reflexion personnelle de nos differentes participations aux jurys des selections regionales et des phases finales de la SNC. Nos observations ont abouti au constat ferme qu'a cette manifestation biennale tous les arts n'ont pas la meme importance. En effet, creee pour etre un cadre de valorisation et de promotion de la culture burkinabe, la SNC semble accorder la preeminence et la primaute a des aspects precis de la culture. Ainsi, de maniere tres perceptible, les arts du spectacle constituent l'essence de la SNC. La place qu'ils occupent dans les trois temps de la SNC (avant, pendant et apres) conforte cette vision.

Au nombre des arts qui n'y trouvent pas encore une voie d'expression et de promotion en vue de leur plein epanouissement, il y a les arts plastiques. On pourra alors constater la faible participation ou le peu d'interet des artistes plasticiens pour la SNC dont il faut rechercher les causes ou qu'il faut analyser. Les facteurs militant contre cette categorie sont la confusion entre art traditionnel et art contemporain, l'anonymat de l'artiste plasticien, l'absence d'un theme autour duquel s'organise la competition, le sort non enviable reserve aux oeuvres primees et aux artistes laureats.

La limitation de la culture aux arts du spectacle ou le privilege qui leur est accorde ne favorise ni ne valorise toutes les expressions culturelles comme le veut le theme de la SNC BOBO 1998 : "Favoriser et valoriser la rencontre des expressions artistiques". Comme les arts plastiques, le traitement de l'art culinaire, de la litterature et de bien d'autres merite d'etre analyse; analyse desquelles partiront des propositions de solutions esperant qu'elles produisent l'envol de tous les arts ou de toute la culture burkinabe a partir de la SNC.

Bibliographie

Balima, S.-A. 1996. Legendes et histoire des peuples du Burkina Faso. Paris : Imprimerie de l'independant.

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Sankara, T. 1983. Discours d'Orientation Politique (DOP). Prononce le 2 octobre 1983 par le capitaine Thomas SANKARA, President du CNR.

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Les arretes ministeriels, les rapports, proces-verbaux et autres documents

Arrete no2003395/MCAT/SG/SPSNC, portant Reglement Interieur du Grand Prix National des Arts et des Lettres (GPNAL) de la 12eme edition de la SNC Bobo 2004. Categorie A et B.

Arrete no2005201/MCAT/SG/SPSNC, portant Reglement Interieur du Grand Prix National des Arts et des Lettres (GPNAL) de la 13eme edition de la SNC "Bobo 2006". Categorie B.

Arrete no990011/MCC/SG/SPSNC, portant Reglement Interieur du Grand Prix National des Arts et des Lettres (GPNAL) de la 10eme edition de la SNC "Bobo 2000".

Proces Verbal de deliberation du jury de la categorie B SNC Bobo 2004.

Rapport general du Comite technique de reflexion pour le Seminaire national sur le redimensionnement de la Semaine Nationale de la Culture du 16 au 17 septembre 2004.

Rapport general du seminaire sur la SNC du 5 au 10 avril 1993.

Rapport general du Seminaire sur le redimensionnement de la Semaine Nationale de la Culture du 21 au 22 octobre 2004.

Rapport general sur la SNC Bobo 1994.

Rapport relatif a la Deliberation du jury de la categorie B du GPNAL de la Xe edition de la SNC Bobo 2000.

Resultats GPNAL de 1983 a 1996.

Statistiques sur la participation en arts plastiques de 1983 a 2004.

Notes

(1.) Le 7 novembre 1982 marque la fin du Comite Militaire de Redressement pour le Progres National (CMRPN) dirige par le Colonel Saye Zerbo depuis le 25 novembre 1980. En effet, les crises internes au CMRPN auxquelles se sont ajoutees des crises sociales aboutissent a la prise du pouvoir par le Conseil Provisoire du Salut du Peuple (CPSP), devenu plus tard Conseil du Salut du Peuple (CSP). Le CSP porte a la tete de l'Etat le Medecin Commandant Jean-Baptiste Ouedraogo et ce, jusqu'au 4 aout 1983. Le 4 aout 1983, le Conseil National de la Revolution (CNR) accede au pouvoir avec a sa tete le Capitaine Thomas Sankara, chef de file d'un groupe de jeunes officiers. D'une orientation revolutionnaire s'inspirant du marxisme-leninisme le CNR est renverse le 15 octobre 1987 suite a des querelles intestines entre le President Sankara et le Capitaine Blaise Compaore, la seconde personnalite du regime.

(2.) Jusqu'en 1990, la Semaine Nationale de la Culture n'etait qu'une activite organisee par des directions du Ministere en charge de la culture; il s'agit d'abord de la Direction Generale des Affaires Culturelles (DGAC), puis de la Direction de la Promotion Culturelle (DPC) et enfin de la Direction des Arts du Spectacle et des Lettres (DASL).

(3.) C'est ainsi qu'en 1985, le Seminaire de Matourkou se deroule du 22 au 25 avril. Il contribue a jeter des bases d'une politique culturelle qui devrait jouer un role dans l'edification d'une conscience nationale. Le seminaire propose la revalorisation du patrimoine culturel, la promotion des artistes et des hommes de culture, la creation d'un ministere de la culture, etc. En 1993, du 5 au 10 avril a eu lieu une rencontre avec pour theme : << La SNC : Quelle strategie pour l'avenir? >>. Apres dix annees d'existence, il fallait jeter un regard retrospectif afin de cerner les acquis et envisager une nouvelle orientation (Cf. Rapport general du seminaire sur la SNC : 1993). Il en est de meme pour la rencontre des experts a Bobo-Dioulasso en 1997 et le seminaire sur le redimensionnement de la Semaine Nationale de la Culture en octobre 2004.

(4.) Cela a ete le point de depart de toute une politique de developpement cinematographique au Burkina Faso. Aujourd'hui ce pays est arrive a s'imposer comme centre du cinema africain. On peut, sans entrer dans les details, reconnaitre que le Burkina a reussi sa politique de creation d'un cinema burkinabe et d'organisation du cinema africain.

(5.) Des sa prise du pouvoir le 4 aout 1984, le Conseil National de la Revolution a trace l'orientation generale de sa politique culturelle en affirmant son soutien a la culture et en creant les cadres permettant aux artistes et aux hommes de culture de se mouvoir et de liberer leurs genies. Le 2 octobre 1983, le Discours d'Orientation Politique (DOP) prononce par le President du Conseil National de la Revolution traduit cela en ces termes; << Quant a la culture, elle devra revetir un triple caractere : national, revolutionnaire et populaire. La Revolution Democratique et Populaire creera les conditions propices a l'eclosion d'une culture nouvelle. Nos artistes auront les coudees franches pour aller hardiment de l'avant. Ils devront saisir l'occasion qui se presente a eux pour hausser notre culture au niveau mondial >>.

(6.) Le decoupage du Burkina Faso en regions culturelles a evolue; de sept (7) regions au depart, nous en comptons aujourd'hui quatorze (14) dans lesquelles se derouleront cette annee les preselections regionales prevues du 17 novembre 2005 au 7 janvier 2006.

(7.) En 2004, l'art culinaire faisait partie integrante du GPNAL, mais pour 2006 il ne l'est pas.

(8.) C'est en 1986 que l'on note veritablement le debut des foires. Et depuis, la foire s'est imposee comme une activite incontournable visant la promotion des produits burkinabe. Les Burkinabe, a travers la foire, valorisent leurs potentialites ou leur savoir-faire dans les domaines des arts plastiques et culinaires, de l'artisanat, de la pharmacopee et voire de l'industrie. La foire est aussi le moyen d'atteindre des objectifs commerciaux a court et a moyen terme; les exposants peuvent exploiter toutes les opportunites commerciales pour la conquete du marche interieur et sousregional.

(9.) L'exposition museale participe a l'expression et a la valorisation d'une culture. Dans le cas de la SNC, elle manifeste un pan de la realite culturelle de notre pays. L'exposition de Bobo 98 portait sur le theme << l'image de la femme dans la statuaire burkinabe >>. Elle a permis de mettre en exergue la place de la femme dans les diverses societes a partir d'une gamme variee de figurines en bois et en bronze. A la biennale 2000 une exposition sur le theme << instruments traditionnels de musique, fonction et evolution >> a fait connaitre une serie d'objets artistiques traditionnels, element de notre patrimoine culturel. Ces expositions sensibilisent les Burkinabe a mieux apprecier leurs richesses, a les valoriser.

(10.) Le village des communautes presente le vecu quotidien de celles-ci tel qu'il se deroule au village. Il presente un art de vivre des communautes rurales autour de la biere de mil ou du bandji (boisson alcoolisee extraite du ronier), de la musique, etc. Les animations de rejouissances populaires sous l'egide de la parente a plaisanterie sont un puissant facteur de cohesion entre les diverses communautes culturelles. Le village des communautes magnifie la solidarite et entraine le brassage culturel.

(11.) Les GPNAL de la SNC ont concerne trois (3) categories que sont les categorie A pour les arts du spectacle B pour les arts plastiques, C pour les lettres; la reforme de 1997 introduit les categorie D (Discours en langues nationales), E ou Pool jeune (creations artistiques par les jeunes) et F (cinema et productions audiovisuelles).

(12.) Pour la 13eme edition de la SNC Bobo 2006, l'Arret ministeriel indique que la categorie B comporte les disciplines suivantes : la sculpture, la peinture, le batik et les arts composites.

(13.) Les nouveaux textes autorisent a retenir a ce niveau de la competition les six (6) premieres oeuvres de chaque discipline.

(14.) Le reglement interieur ne comportant aucun critere d'appreciation des oeuvres, il revient au jury de les determiner.

(15.) Cela se fait pour les epreuves de dessin; les concours de logos ou les maquettes qui se font a partir des indications du commanditaire.

(16.) Le reglement interieur de la SNC BOBO 2006 dit que les oeuvres primees au palmares officiel sont propriete de l'Etat burkinabe. Une indemnite forfaitaire d'un montant de 150 000 F CFA sera versee a chaque laureat au titre des frais d'acquisition de son oeuvre (Cf. Arrete No2005-201/MCAT/SG/SPSNC). [1 Euro = 655, 957 F CFA]

(17.) La << Caravane du Sahel >> c'est le deplacement a l'exterieur, dans les pays voisins surtout, des troupes de danse et de musique burkinabe en vue de faire voir et decouvrir un aspect de la culture burkinabe. La << Caravane du Sahel >> s'est deja rendue en Cote d'Ivoire, au Mali, au Ghana, etc.

Jean Celestin Ky a etudie a l'Universite de Paris I Pantheon-Sorbonne et est Maitre-assistant en Histoire de l'art a l'Universite de Ouagadougou, Burkina Faso. E-mail: Jean_ky@univ-ouaga.bf et kycelestin @yahoo.fr
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Author:Ky, Jean Celestin
Publication:Tydskrif vir Letterkunde
Geographic Code:6BURK
Date:Apr 1, 2007
Words:6936
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