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23-01-2013 : Tunis : Lotfi Zitoun menacerait-il les Tunisiens d'une intervention egyptienne ?

Pas de reaction a cet article L'annonce, en fin de semaine derniere, de Lotfi Zitoun que [beaucoup moins que]la revolution egyptienne volera au secours de la revolution Tunisienne en cas de danger [beaucoup plus grand que], tant le leadership du printemps arabe est passe aux mains des Egyptiens, a suscite l'etonnement de beaucoup d'observateurs.Cette declaration, faite devant les partisans de son parti, vise manifestement a rassurer les Nahdhaouis qui sont decus par la gestion catastrophique des affaires du pays par le gouvernement, et les chamailleries au sein de l'alliance au pouvoir. Elle revele pourtant aussi qu'au moins une frange du parti islamiste tient, manifestement dans le cadre d'un agenda international, a lier le sort de la Tunisie a l'evolution dans les pays arabes et islamiques.Evidemment, les tenants de cette ligne, aussi controversee que dangereuse, se reclament du pur heritage du mouvement des Freres Musulmans qui a toujours inscrit son action dans un cadre transnational et a l'echelle islamique et qui voit d'un mauvais oeil les limites contraignantes de la souverainete nationale. Les Tunisiens avaient pourtant cru comprendre, depuis le 14 Janvier 2011, qu'Ennahdha avait fini par delaisser cette vision des choses et avait adhere aux idees democratiques et au cadre national qui va avec.Mais les signes que le parti islamiste n'a pas quitte ses convictions premieres, n'ont pas cesse de nous surprendre : Indulgence envers la violence des salafistes et leur discours Wahhabite pur-sang , alignement dans les dossiers syrien, palestinien et nord- malien, sur les positions de l'Internationale Islamiste du Cheikh Karadhaoui, fixation sur les aspects purement formels de la vie sociale et negligence de tout ce qui a trait aux conditions de vie des Tunisiens et au developpement des regions interieures ont ainsi ete les caracteristiques saillantes de l'action d'Ennahdha en Tunisie .Ces centres d'interets, a l'echelle de la vie de tous les jours, ont ete transposes sous la coupole de la constituante dans les seances de discussion du contenu de la constitution : Primaute des questions liees a l'identite, insistance sur l'application de la charia et surtout de la peine de mort et des peines corporelles, opposition au referentiel de l'universalite des droits de l'homme et de l'egalite Hommes- Femmes, ont ete les nouveaux concepts qu'Ennahdha a essaye de defendre dans la nouvelle Tunisie qu'elle voudrait preparer.Les acquis de la Tunisie en matiere des droits humains et sociaux , ses atouts dans la valorisation des ressources humaines et son positionnement dans le systeme economique mondial, sont ainsi vus d'un mauvais oeil, car ils donnent aux specificites de la demarche sociale et de developpement de la Tunisie une consistance qui gene les theoriciens de [beaucoup moins que]la similitude de l'Etat des pays islamiques [beaucoup plus grand que] .Ces pays, aux yeux des theoriciens d'Ennahdha, sont dans une situation similaire qui se caracterise par la non application de l'Islam et la bouderie de la Charia. Les ecarts entre ces pays dans les domaines sociaux, educationnels, economiques et des droits humains, servent d'indices a la penetration du projet occidental dans les pays en question. Les progres sociaux dans les mentalites et le niveau de vie des Tunisiens par rapport aux autres citoyens arabes, sont manifestement negativement percus par Rached Ghannouchi, qui s'acharne a chaque occasion contre l'oeuvre de Bourguiba qualifiee de francophone, occidentaliste, et meme de maconnique et sioniste !Cette similitude de la situation des pays islamiques pronee par les theoriciens islamistes, implique une similitude des solutions proposees a ces memes pays, dont l'essentiel serait l'application de la Charia.Le leadership du printemps arabe, selon cette logique, ne reviendrait pas au pays qui est en avance dans la solution des problemes de la transition democratique, du traitement des dossiers du developpement humain et du developpement tout court, qui se caracterise par des problemes de taille humaine en mesure d' etre resolus entre 5 et 10 ans (c'est le cas de la Tunisie ). Ce leadership reviendrait plutot, selon les Islamistes, a l'Egypte qui a simplement vu naitre la confrerie des Freres Musulmans en 1928 et qui a le plus grand poids demographique de la region.Cette logique, exprimee par Lotfi Zitoun lors d'une reunion avec les cadres de son parti, parle d'un [beaucoup moins que]danger [beaucoup plus grand que] qui menacerait la revolution tunisienne, et auquel cette revolution ne peut faire face, sans le concours des revolutions, egyptienne, libyenne, yemenite.Le ministre tunisien, Conseiller politique de Hammadi Jbali, n'a cependant pas specifie la nature de ce danger. Mais a bien comprendre le non-dit dans son discours, on comprend aisement qu'il situe le danger dans une probable alternance du pouvoir aux prochaines elections apres la sanction que pourrait administrer le corps electoral a Ennahdha. Le parti Islamique d'Ennahdha, verrait donc cet echec electoral comme un triomphe de la contre-revolution et qui necessiterait une ingerence etrangere egyptienne, libyenne, yemenite et meme syrienne pour assurer Ennahdha dans sa position de leadership en Tunisie.L'isolement du parti islamiste, de plus en plus perceptible ces derniers jours, laisse transparaitre la crainte d'un echec lors des prochaines elections, si jamais elles auraient lieu. Ennahdha, qui voudrait gouverner la Tunisie a vie, se devait ainsi de trouver des alibis pour expliquer a ses adherents et ses allies islamistes partout dans le monde, que cet echec ne trouve pas son origine dans ses propres faiblesses, mais dans un quelconque complot fomente par les contres revolutionnaires.L'ingerence etrangere a l'issue du prochain scrutin, si elle avait lieu a Dieu ne plaise, pourrait brouiller les cartes et faire entrer le pays dans une crise sans fin. Elle ferait apparaitre ce parti comme une section locale d'une organisation supranationale qui a usurpe la revolution tunisienne, voulue et menee par les jeunes des regions interieures. Ennahdha aura ainsi, non seulement usurpe la Revolution tunisienne, mais la donnera aussi en cadeau au Egyptiens. Une conduite qui doit etre meditee par les Tunisiens des aujourd'hui.Aboussaoud Hmidi

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Publication:African Manager (French)
Date:Jan 23, 2013
Words:1076
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