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State interventions in the Ivory Coast in the development process of Toura: situation analysis and perspectives./Les interventions de l'Etat ivoirien dans le processus de developpement en pays Toura : etat des lieux et perspective.

This article discusses how the Ivory Coast government has intervened in the development process in the Toura area. At the national level, the government of Ivory Coast plays a very important role in development and in the improvement of living conditions of rural areas, which translates into social progress with, nonetheless, some regional and local disparities. On the other hand, an overall summary of the actions brought forward by the State in the area of Toura suggests that the interventions remain quite insignificant when compared to the objectives laid down by the State itself and in relation to the expectations of the people. This shortage can be attributed to dysfunctional official institutional structures, which are in charge of framing and initiating local development. This state of affairs has led to a deterioration in the area's image, undermined the bases of its actions aimed at the rural population, and explicitly poses the problem of State intervention in the process of development. Does the state always have to be a principal contributor or can it become a secondary contributor?

Resumes

Cet article se propose d'etudier les interventions de l'Etat ivoirien dans le processus de developpement en pays Toura. Au niveau national, le role de l'Etat ivoirien dans le developpement et dans l'amelioration des conditions de vie du monde rural est tres important. Il se traduit par un progres social du milieu rural avec, cependant, des disparites regionales et locales. Par contre, au pays Toura, le bilan des actions d'intervention de l'Etat reste peu significatif compare aux objectifs fixes par l'Etat lui-meme et aux attentes de la population paysanne, et s'explique par les dysfonctionnements des structures etatiques en charge d'encadrer et d'initier le developpement local. Une situation qui deteriore l'image de l'Etat, sape les fondements de son action aupres de la population paysanne et pose explicitement le probleme de l'intervention de l'Etat dans le processus de developpement. L'Etat doit-il toujours etre un acteur principal ou peut-il devenir un acteur secondaire ?

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Le theme du desengagement de l'etat est depuis quelques annees au centre de la reflexion politique sur les perspectives d'ajustement structurel des economies du continent africain et des politiques de developpement local, rural et regional (Amselle 1983; Durufle 1988; Helleiner 1989; Bayart 1989; Banque mondiale 1989; Dia 1991; World Bank 1994a). Discours nouveau en soi car jusqu'en 1980,e la tendance dominante a ete celle d'une extension continue de l'emprise etatique. Les interventions de l'etat apparaissaient comme le vecteur naturel du developpement (Soumahoro 2003). Comme ailleurs dans le monde, rares sont les etats qui n'interviennent pas directement pour orienter les transformations de l'agriculture dans leurs pays respectifs. Dans la presque totalite des pays du Tiers monde, et quelles qu'aient ete les orientations ideologiques des gouvernements, les politiques de developpement agricole ont longtemps ete mises en oeuvre par des programmes nationaux de developpement du secteur agricole et du monde rural appuyees par des institutions publiques ou parapubliques destinees ajouer un role majeur dans l'encadrement, le suivi, le conseil et les prestations de service aux paysans. Ce modele a ete experimente un peu partout en Afrique de l'Ouest. Au Mali, on a le Schema Directeur du Secteur Developpement Rural (SDDR), adopte en 1992 et actualise avec l'assistance du PNUD et de la FAO. Au Benin, le ministere de l'Agriculture, a travers les centres d'action regionale pour le developpement rural (CARDER), a ouvert des centres de promotion rurale (CPR) dans tous les departements avec une triple mission a savoir la formation, la production et la promotion rurale. Le Programme d'ajustement du secteur agricole (PASA) au Senegal, met l'accent sur la responsabilisation des agriculteurs et le transfert de certaines fonctions dans les domaines de la production et de la commercialisation. Quand au Burkina Faso, le gouvernement a elabore, en mai 1992, la Lettre de Politique de Developpement Agricole (LPDA) qui apres concertation avec la Banque Mondiale, a abouti a l'adoption et a la mise en oeuvre du Programme d'Ajustement du Secteur Agricole (PASA) dont les principaux objectifs visaient : la modernisation et la diversification de la production, le renforcement de la securite alimentaire et l'amelioration de la gestion des ressources naturelles. Au Niger, il a ete plus question de la mise en place d'un Programme national pour la securite alimentaire (PSSA) qui concentre ses efforts sur l'intensification de la production; le developpement d'un plan d'irrigation economique; la diversification durable de la production afin d'encourager l'agriculture et l'elevage et l'analyse des contraintes. Ces quelques exemples, eclairent sur la volonte des etats africains d'exercer de maniere directe ou indirecte une influence sur les politiques agricoles et sur le developpement du monde rural.

Ce schema a ete aussi celui de la Cote d'Ivoire, dont le poids agricole a ete tres tot percu par le pouvoir public comme le fondement essentiel de sa strategie de developpement (Ake Gnamba 1984; Yao 1984 ; Yapi 1990 ; Hauhouot et al 1992; Coulibaly et Ghersi 1993; Ministere de l'agriculture de Cote d'Ivoire 1993, 1997, 1998; Soumahoro 2003). Cette volonte politique s'est traduite par la conception et l'elaboration de programmes d'amenagement et de developpement en faveur du milieu paysan. Par ce choix politique, l'etat s'est pose en veritable promoteur et garant du developpement du monde rural. Cette strategie de developpement, axee sur le developpement des activites agricoles depuis deux decennies (1960-1980), a atteint son objectif global de croissance economique et a rendu possible le progres social (scolarisation, sante, habitat, alimentation, entre autres) (Plan Quinquennal 1981-1985 : 261) dans l'ensemble de la Cote d'Ivoire. Cependant, cette croissance a engendre des progres trop partiels et disparates pour etre determinants et significatif sur l'ensemble du territoire ivoirien. Telle semble etre la situation de l'ouest ivoirien et en particulier le pays Toura (voir carte 1 & 2).

Ainsi, le developpement actuel que connait le pays Toura se trouve etre le reflet de la politique de developpement initiee par l'Etat ivoirien. La recherche-terrain (1) effectuee dans le pays Toura avait pour objectif principal de faire premierement le bilan du degre d'intervention de l'etat et deuxiemement faire une analyse de la situation pour degager les perspectives au niveau du developpement local. La question fondamentale est la suivante : l'Etat a-t-il pleinement joue son role de promoteur du milieu rural dans la region? Pour comprendre mieux cette intervention et repondre a la question, il faut faire d'abord une analyse plus generale de la politique d'intervention de l'etat a trois niveaux : au niveau national, au niveau regional et au niveau local; ensuite mettre l'accent sur les perceptions du paysan et les perspectives de developpe-ment.

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Methodes

La demarche methodologique pour recueillir les informations necessaires a l'etude s'est appuyee sur trois etapes essentielles. Au niveau de la premiere etape, il s'agissait de recueillir de maniere systematique les informations generales sur les 69 villages que compte le pays Toura. Les resultats obtenus confrontes aux donnees des structures etatiques comme l'ANADER (Agence nationale d'appui au developpement rural) a permis d'etablir une classification des villages portant sur la population, la migration, l'economie, les organisations villageoises, l'encadrement du monde paysan, l'accessibilite au village etc. Les donnees ont ete codifiees, traitees et analysees pour ensuite etre categorisees (figure 1). La seconde etape a ete de choisir 15 villages a visiter a partir de certains criteres (2) generaux et specifiques. Une fois, les 15 villages choisis et visites, la derniere etape a porte sur le choix de 4 villages pour une etude de terrain plus approfondir. L'enquete dans les 4 villages a porte sur la realisation des focus groups avec des groupes cibles que sont : les conseils de villages, les responsables villageois, les associations villageoises de jeunes et de femmes, l'administration de questionnaires a 120 paysans ainsi que l'observation des villages et de leurs l'mages.

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Dans chacun des cas, plusieurs categories de repondants cles ci-dessus ont ete cibles de maniere a offrir des opinions et des informations variees sur les unites d'analyse que sont : les interventions etatiques, la participation villageoise, les structures associatives, les cultures de rente, la demographie et l'environnement physique. La collecte des donnees visait principalement a obtenir des informations aupres des personnes et groupes de personnes cles susmentionnes a travers le focus group par des discussions et entrevues semi-dirigees. Les discussions ont porte sur les unites d'analyse et sur principalement le bilan de l'intervention de l'Etat dans les villages respectifs. Les discussions et entrevus ont ete enregistres sur support audio et transcrites. Les comptes rendus in extenso realises ont ete, par la suite, a l'aide d'un processus de eodification sur Excel classifies en fonction des themes abordes par les intervenants. Les analyses et interpretations ont ete faites a partir de cette classification et des comptes rendus in extenso.

Bilan de la politique d'intervention de l'Etat ivoirien dans le pays Toura

Cadre general d'intervention de l'Etat en milieu rural

Le manque de ressources minieres en Cote d'Ivoire, a pousse le gouvernement a mettre l'accent sur le developpement de l'agriculture (Ake Gnamba 1984; Yao 1984 ; Yapi 1990 ; Hauhouot et al 1992; Coulibaly et et Ghersi 1993; Ministere de l'agriculture de Cote d'Ivoire 1993). Il fallait tirer le maximum de l'agriculture d'exportation pour financer la diversification des activites dans les autres secteurs (Plans quinquennaux 1971-1975, 1976-1980, 1981-1985). La croissance de la production agricole etait l'objectif fondamental de l'etat au debut des annees 1960. Pour atteindre cet objectif, l'etat a elabore des plans quinquennaux et s'est assigne quatre objectifs generaux pour le developpement agricole et le monde rural (tableau 1). Les resultats de cette politique ont ete spectaculaires : le pays a connu deux decennies (1960-1980) d'expansion rapide avec un taux de croissance moyen du PNB de 7,7 % par an. Cette expansion a entraine une hausse generale du niveau de vie et une amelioration des conditions de vie en milieu rural. Les cultures de rente ont propulse la Cote d'Ivoire sur la scene internationale comme modele de developpement.

[TABLE 1 OMITTED]

Ces resultats flatteurs jusqu'en 1980 ont valu a la Cote d'Ivoire une admiration. A partir des annees 79-80, le second choc petrolier va entrainer un desequilibre de l'economie mondiale. En Cote d'ivoire, on assiste a une recession economique qui se caracterise par un ralentissement brutal du rythme de la croissance, la chute des investissements et des prix des principales matieres premieres agricoles. Le milieu rural connait d'enormes difficultes. La pauperisation s'est accentuee. Le gouvernement, pour restaurer la competitivite de l'agriculture ivoirienne, a elabore un plan directeur du developpement agricole dont les objectifs generaux portent sur l'amelioration de la productivite et la diversification de la production, la recherche de l'autosuffisance alimentaire, le developpement de la peche et la rehabilitation du patrimoine forestier (tableau 2). C'est ce plan directeur qui est en application actuellement. L'evaluation de l'action gouverne mentale dans l'Ouest et specifiquement dans le pays Toura a ete faite par rapport aux differents objectifs fixes par l'etat dans les differents plans quinquennaux et dans le plan directeur de l'agriculture.

[TABLE 2 OMITTED]

Intervention de l'etat au niveau regional

Les orientations anterieures de l'action regionale conduite par l'etat ivoirien depuis l'independance sont nombreuses et multiformes. Les differentes actions entreprises par l'Etat ont ete largement conditionnees par la particularite de chaque region. L'Ouest, en particulier, connait des contraintes physiques majeures, des problemes techniques, d'infi-astructures et d'equipements (tableau 3). L'intervention de l'Etat a ete d'identifier et d'apporter des solutions a ses differents problemes dans le cadre d'une action gouvernementale inscrite dans les plans quinquennaux de 1971-1975, 1976-1980 et 1981-1985. Les actions anterieures et actuelles permettent de dresser un bilan succinct de l'action gouvernementale dans l'ouest de la Cote d'Ivoire dont la marginalite a ete soulignee dans plusieurs etudes (Hauhouot et al 1992; HCDI-RSMO 1998; Soumahoro 2003).

En effet, le Bilan du quinquennat 1976-1980 situe a travers des indicateurs de disparites cette marginalite caracterisee par la faiblesse des revenus des populations, la faiblesse des infrastructures sociales et l'enclavement. A la fin de la decennie 1970-1980, periode pendant laquelle les actions majeures de developpement ont ete entreprises en Cote d'Ivoire, l'Ouest figurait au second rang des regions les plus pauvres du pays, apres le Nord-Est en zone de savane, nonobstant des conditions ecologiques beaucoup plus favorables qu'en zone de savane. Il en resulte un cumul de sous-developpement, de sous equipement et d'enclavement a la fois interne et externe.

Les grandes operations de developpement de la nation et des regions ont porte principalement sur le secteur primaire et 1'agriculture plus particulierement. L'Ouest montagneux a vecu malheureusement en marge de ces operations. Le secteur minier dans lequel des avantages comparatifs etaient tres nettement favorables a l'Ouest est, quant a lui, demeure au stade des projets. Enfin, l'Ouest n'a beneficie d'aucune operation integree de developpement regional d'envergure. Cette situation de retard generalise a conduit comme dans le cas de l'Est, a mettre en avant la necessite d'un programme special de rattrapage (Plan quinquennal 1980-85 : 84). Le bilan sur le devenir des operations programmees anterieurement dans les plans quinquennaux (1976-1980, 1981-1985) et sur la situation actuelle (tableaux 4, 5, 6 et 7) constitue un indicateur du degre d'intervention de l'etat. Les donnees du tableau 7 montrent une evolution contraire aux objectifs attendus de l'action regionale avec le renforcement des desequilibres combattus. Tres peu d'objectifs ont ete atteints. La mise en place du projet BAD-OUEST (Banque africaine de developpement) (tableau 8) et les actions du Haut-commissariat peuvent etre interpretees comme une volonte politique de corriger les echecs anterieurs et repondre aux besoins actuels des populations.

Les politiques d'intervention etatique et la realite Toura

L'intervention de l'etat dans le pays Toura s'inscrit dans un cadre regional et departemental. Par consequent, les faiblesses observees dans les politiques de l'etat au niveau regional ont affecte aussi bien le departement de Biankouma que le pays Toura. Le bilan des differents projets inities aux niveaux sectoriels dans les differents departements de l'Ouest montre le peu d'intervention de l'Etat dans le departement de Biankouma. Deux projets seulement ont ete realises. Il s'agit du projet portant sur le renforcement du personnel et la construction d'un hopital a Biankouma et le projet de construction du ranch de Sipilou. L'exploitation future du nickel par la societe canadienne Falconbrigde constitue le projet majeur dans le departement de Biankouma pour les annees a venir. Les deux projets precites sont localises dans le pays Yacouba. Aucun macro projet n'a ete realise en pays Toura par l'Etat de Cote d'Ivoire dont les interventions se situent plus au niveau des actions classiques d'encadrement et d'appui logistique a une echelle locale. Est-ce que ces interventions ont atteints les objectifs fixes dans le milieu Toura et dans les quatre villages en particulier ? La mise en opposition des objectifs de developpement avec la situation sur le terrain permettra de donner une reponse a cette question.

Mise en opposition des objectifs etatiques de developpement du milieu rural avec la realite du milieu rural Toura

Les differents objectifs de developpement du milieu rural fixes par l'Etat ont fait l'objet d'une mise en pratique sur l'ensemble du territoire national. Les resultats obtenus sont souvent l'objet d'analyse et d'interpretation contradictoires. Cependant, l'ecart qu'il peut y avoir entre les objectifs fixes et les resultats sur le terrain constitue un indicateur pertinent du degre d'intervention de l'etat. Dans le cas du pays Toura, nous avons confronte les grands objectifs de developpement de l'agriculture avec les observations faites sur le terrain (tableau 9). Il ressort de cette confrontation que les objectifs fixes par l'etat de Cote d'Ivoire pour le developpement de l'agriculture et le milieu rural ont ete partiellement atteints. En effet, sur les 39 objectifs fixes par l'Etat seulement 9 ont ete plus ou moins atteints, soit 23 % tandis que 77 % des objectifs n'ont pas ete realises. Le monde rural Toura eprouve d'enormes difficultes. L' objectif de valorisation de 1'agriculture par une augmentation du revenu paysan n'a pas ete atteint. Le revenu moyen du paysan Toura est en dessous de la moyenne nationale. (3) Ce revenu moyen est en constante chute a cause de la baisse du prix du cafe.

L'agriculture Toura n'a pas connu de transformation majeure. Elle reste de type traditionnel malgre le progres des cultures perennes et des cultures vivrieres et la modernisation tarde a se concretiser dans les faits. Toutefois, c'est sur ce volet qu'on enregistre des progres par rapport aux objectifs fixes par l'etat soit 44 %. Progres qui ne sont pas a mettre necessairement a l'actif de l'Etat ivoirien mais plutot a la facilite d'acces a la terre et la couverture des besoins alimentaires. a ce niveau, aucun des objectifs definis par l'Etat n'a ete atteint de maniere significative. Les pratiques et techniques agricoles modernes ne se sont pas substituees aux pratiques traditionnelles. La pratique agricole ne beneficie pas non plus d'encadrement efficient, efficace et adapte aux besoins des paysans. Le paysan reste peu forme.

L'organisation des paysans au sein de structures associatives et corporatives n'est pas un phenomene nouveau. Elle remonte aux annees 70 avec le boom des cultures perennes. La majorite des GVC (groupement a vocation cooperative) a ete creee a cette epoque. Il en existe encore tres peu aujourd'hui. Ceux qui existent ont ete progressivement integres a de nouvelles structures cooperatives. (4) Le nombre insuffisant des cooperatives et leur mauvaise gestion constituent le plus souvent des handicaps dans la mise en place des structures plus competitives. Le mouvement cooperatif tarde a se developper au niveau du departement de Biankouma. Il existe uniquement deux cooperatives pour tout le territoire departemental. Les deux cooperatives specialisees dans le negoce du cafe et du cacao sont toutes localisees a Biankouma et les adherents sont recrutes dans les villages. La cooperative Mont GBIAN est celle dont les activites sont axees sur le territoire Toura.

Le paysan Toura, qui vit reclus dans une zone montagneuse, difficile d'acces, est exclu du circuit commercial et ne dispose d'aucune information pertinente sur les marches regionaux, nationaux et internationaux (Soumahoro 2003). Dans le domaine du social et de l'amelioration des conditions de vie beaucoup d'efforts restent a faire. a ce niveau, seulement 33 % des objectifs fixes au niveau gouvernemental ont ete atteint, et pourtant, il s'agit d'un domaine dans lequel les besoins et surtout les attentes des paysans sont forts. Ces differents problemes ont ete, a divers degres, observes dans les quatre villages Toura etudies.

Mise en opposition des objectifs etatiques de developpement du milieu rural avec la realite des quatre villages d'etude

L'observation de l'intervention de l'etat dans le pays Toura a permis d'arriver a la conclusion que l'Etat ivoirien est peu present. Cependant, cette generalite ne saurait masquer la difference qui existe entre les villages et que l'enquete et l'observation du terrain a permis de relever.

L'intervention de l'etat dans les quatre villages d'etude s'est faite a des degres differents (tableau 10). Dans le village de Gbagouine, les indices de developpement sont pratiquement inexistants. L'etat n'a initie aucune activite de developpement. L'intensification des cultures perennes, la stabilisation des cultures vivrieres et l'amelioration de la couverture alimentaire sont les resultats des efforts fournis par les paysans et non le resultat de la politique d'intervention de l'etat. L'etat est present dans le village de Gaote I. Cependant, cette presence est peu significative et ne prend en compte que 12,82 % des objectifs fixes par l'Etat. L'intervention de l'etat a porte sur les infrastructures sanitaires, scolaires et hydrauliques. Dans le domaine de l'encadrement et de la formation, l'action gouvernementale reste tres marginale. Dans le village de Gouane, quelques objectifs de developpement inities par l'Etat ont ete atteints a hauteur de 17,94 %. Il s'agit des infrastructures scolaires, du magasin de stockage, du dispensaire, la pompe d'hydraulique. Par contre, l'encadrement, la formation agricole, la commercialisation constituent encore les maillons faibles de l'intervention etatique. L'intervention de l'Etat est plus significative dans le village de Kpata. Des efforts ont ete faits pour ameliorer les conditions materielles de vie rurale et 20,51% des objectifs de developpement fixes par l'etat ivoirien a ete atteint. Les indices d'intervention de l'Etat dans la pratique agricole, l'encadrement et la formation ainsi que le regroupement des paysans en cooperative existent.

La comparaison entre les objectifs et les resultats du terrain montre qu'il existe un ecart important. La majorite des objectifs ne sont pas atteints ou tout au moins sont atteints partiellement. Cette observation, certes qualitative, montre l'etat de sous-developpement dans lequel se trouve le milieu rural Toura et donne une idee sur le degre d'intervention de l'Etat. La presence de l'etat dans les quatre villages suit une echelle d'evaluation graduelle. L'Etat n'est pas du tout present a Gbagouine, il l'est un peu moins a Gaote I. Il est plus present a Gouane. A Kpata, la presence etatique est significative.

La perception de l'intervention de l'Etat par le paysan Toura et les facteurs explicatifs

La depreciation du role de l'Etat par le paysan....

La perception du role de l'Etat a toujours ete celui de l'Etat providence, du moins dans un passe recent. Depuis que l'Etat providence disparait progressivement, l'action gouvernementale est moins percue par certains paysans. En effet, la crise economique des annees 80, dont la consequence a ete le desengagement graduel de l'etat du milieu rural, a dilue considerablement l'impact de l'action gouvernementale sur la population paysanne et du coup favorise l'erosion de l'idee fortement repandue que l'Etat doit tout faire (Soumahoro 2003).

Environ 30 % des paysans interroges lors de l'enquete pensent qu'il revient a l'Etat de resoudre les problemes auxquels ils sont confrontes tandis que 70 % affirment que l'Etat n'est plus a mesure de satisfaire tous les besoins ou du moins sans l'appui de la population elle-meme et que ces actions de developpement sont de moins enmoins visibles. Aujourd'hui, le paysan est plus pragmatique. Il forge sa conviction et son idee de l'intervention etatique a partir des resultats des actions de developpement (Soumahoro 2003). L'appreciation qu'il fait repose sur les realisations faites et non plus sur les promesses et les bonnes intentions des acteurs etatiques. Cette attitude du paysan s'explique par des facteurs negatifs qui ont empeche la finalisation ou la realisation de certains projets porteurs de progres.

Les facteurs explicatifs de la depreciation du role de l'etat par le paysan

Aujourd'hui, la perception et l'appreciation de l'action gouvernementale sont etroitement liees a la maniere dont l'Etat gere et trouve des solutions a certains problemes. Dans le pays Toura, si le role fondamental de l'Etat est reconnu, il reste qu'un ensemble de problemes majeurs non resolus donne l'impression a la majorite de la population d'etre oubliee par l'Etat et trouve leurs explications dans la combinaison de plusieurs facteurs qui sont structurel, organisationnel, de programmation, planification et de gestion des ressources humaines.

Dysfonctionnements strueturels, logistiques et organisationnels...

La politique d'intervention de l'Etat ivoirien s'appuie sur plusieurs structures dont les trois plus importantes en milieu rural Toura sont : les FRAR (Fonds regionaux d'amenagement rural), les departements ministeriels decentralises et l'ANADER. Le FRAR est un programme d'equipement du monde rural, institue par le Plan quinquennal de Developpement economique, Social et Culturel de 1971-1975, dans le but d'aider les villages a se doter des equipements d'interet collectif(p. ex. ecoles, centres de sante, lotissements, marches, foyers ruraux polyvalents et logements de fonction) et de contribuer ainsi a l'amelioration des conditions de vie en milieu rural. Quant aux departements ministeriels, ce sont les structures decentralisees des differents ministeres qui ont au niveau departemental la responsabilite d'executer la politique generale de l'Etat et du ministere de tutelle. Ils realisent, programment et planifient les projets. Les ministeres les plus concernes par le developpement rural sont les ministeres de l'education, de la sante, des infrastructures economiques et de l'agriculture.

La troisieme structure est I'ANADER. Elle a ete creee en 1994. Elle resulte de la fusion de trois structures etatiques : la SATMACI (Societe d'assistance technique pour la modernisation de l'agriculture en Cote d'Ivoire), la CIDV (Compagnie ivoirienne pour le developpement du vivrier) et la SODEPRA (Societe de developpement de la production animale). L'objectif general assigne a I'ANADER est de fournir des services agricoles efficaces aux exploitants. Cet objectif doit contribuer a la realisation d'un objectif global de lutte contre la pauvrete par l'accroissement de la production de facon durable.

Au niveau operationnel, les structures n'ont pas toujours fonctionne comme il se doit. Concernant les projets FRAR, la finalisation ou la realisation d'un projet peut buter sur des problemes de disponibilites financieres, de gestion financiere, de surevaluation et de sous-evaluation des couts. Les villages Toura regorgent d'exemples de projets qui n'ont pas ete totalement realises ou qui n'ont pas ete finalises. Un exemple parfait est le projet de lotissement du village de Gbagouine. Le projet programme depuis trois ans n'est pas encore execute. Les villageois n'ont pas encore reussi a donner leur quote-part financiere au projet. Un projet en cours d'execution peut etre suspendu comme le cas du projet d'equipement de la maternite de Kpata. Le cout des travaux a ete surevalue et l'argent prevu a ete depense avant la fin des travaux. Cette situation peut entrainer souvent l'arret definitif du projet au detriment de la population si aucune solution alternative n'est apportee. Une mauvaise evaluation du cout d'un projet par l'entrepreneur peut entrainer des difficultes d'execution ou de fmalisation d'un projet.

Avec l'ANADER le probleme se situe plus au stade de l'encadrement. Le niveau, la formation et souvent le comportement des encadreurs ne leur permettent de repondre que partiellement aux problemes de toutes sortes que pose le developpement de l'agriculture. Le faible encadrement des paysans constitue un obstacle majeur que rencontre I'ANADER. Le nombre reduit d'encadreurs ne permet pas une couverture totale de la region. Les donnees recueillies aupres du service de I'ANADER de Biankouma en donnent la parfaite illustration. Il y a deux SOP (Specialiste en Organisation professionnelle) pour tout le departement de Biankouma et une multitude d'OPA (organisation professionnelle agricole). Deja, en 1997, il y avait environ 200 associations. Il existe actuellement 90 associations feminines actives dans tout le departement. Est-ce humainement possible que deux agents puissent encadrer de maniere efficace 200 associations eparpillees sur tout le territoire departemental avec les faibles moyens materiels dont ils disposent ? Il existe trois techniciens superieurs (le TS en elevage, le TS en culture vivriere et le TS en culture perenne) pour tout le departement de Biankouma. Quant aux conseillers agricoles (CA), au nombre de vingt trois, ils sont repartis par secteurs : Biankouma (14 CA), Gbonne (4 CA) et Sipitou (5 CA) et chaque CA a sous sa responsabilite une moyenne de quatre villages. Au niveau des CA, le probleme de deficit d'agent d'encadrement est moins important. Un second probleme qui nuit a l'encadrement des CA est leur repartition dans la region. En effet, tous les CA habitent dans les centres urbains (Biankouma, Gbonne et Sipilou) en dehors de leurs zones d'operation. Cette situation ne permet pas un suivi regulier de l'action du paysan sur le terrain ni un contact susceptible de renforcer la confiance entre le paysan et l'encadreur. Elle engendre des depenses et des couts supplementaires car il faut doter chaque agent d'un moyen de deplacement (p. ex. des mobylettes et des motos).

Le suivi et l'encadrement des paysans ne sont pas efficaces. Le plus souvent, l'intervention des encadreurs se limite a des taches materielles simples : distribution de materiel vegetal et d'inputs divers. Les paysans sont tres peu formes aux pratiques et techniques agricoles. La finalite de l'encadrement qui devait consister avant tout a former, conseiller, aider, organiser et responsabiliser les paysans n'est pas toujours respectee.

Probleme de programmation des actions de desenelavement

Le probleme au niveau des services departementaux des ministeres et des departements techniques est different et plus complexe. On observe le plus souvent une inadequation entre les priorites etablies au niveau ministeriel et les realites gerees au quotidien par les departements techniques. L'absence de connexion et de coherence dans l'action gouvernementale nuit considerablement aux actions de desenclavement (HCDI-RSMO 1998; Soumahoro 2003).

Dans une region montagneuse, difficile d'acces en toute saison, le desenclavement constitue un enjeu majeur de developpement et une preoccupation recurrente des paysans sur lequel l'intervention etatique autant sur le plan politico-administratif que technique n'a pas encore donne satisfaction. Des localites entieres restent enclavees et isolees comme les 16 villages du canton Blosse. L'absence totale de reprofilage de l'axe routier menant a ce canton depuis 1987 perturbe considerablement les initiatives de developpement.

Les actions de reprofilages, plusieurs fois programmees et annoncees, ont ete tantot differees aux profits d'autres, tantot annulees sans justification pertinente aupres des populations locales.

La programmation constitue le probleme majeur de la direction departementale des travaux publics qui mine un peu plus les efforts de l'Etat, sape les bases de l'autorite, dilue sa politique d'intervention et rend les paysans plus sceptiques. L'inaction de l'Etat, a travers ses structures decentralisees, sur un probleme aussi capital pour les paysans qu'est le desenclavement est percue comme un signal fort du desinteret pour la region. A cette situation critique, s'ajoute le manque de ressources humaines.

Probleme de manque de ressources humaines

Les initiatives de developpement en pays Toura sont le fait de l'Etat et des paysans. Les efforts conjugues, ont permis la realisation d'equipements scolaires et sanitaires dans certains villages. Ces efforts ont permis a 22 villages (36,23 %) de se doter d'une ecole primaire et 9 villages (13,04 %) d'avoir un centre de sante. Toutefois, les efforts consentis par les populations sont contraries par le manque de personnel enseignant et sanitaire. Les structures sont en place mais le personnel charge de les administrer ne suit pas. L'affectation de personnel enseignant, d'infirmier ou d'infirmiere est de la responsabilite de l'Etat ivoirien. Sur les 22 villages pourvus d'ecole primaire, 6 villages manquent d'enseignant du primaire. Le fonctionnement complet d'une ecole primaire exige 6 enseignants. Malheureusement, ces etablissements disposent souvent de 2 ou 3 enseignants dont la charge de travail est sous-evaluee ou surevaluee. L'enseignant se trouve dans l'obligation d'enseigner dans 2 ou 3 classes. Le plus souvent, il sera epaule par un jeune suppleant scolarise que le village paie mensuellement.

Le cas des centres de sante est plus complexe. Seulement 5 dispensaires sur les 9 que compte le pays Toura sont fonctionnels. Les 4 infirmeries construites par les villageois ne sont pas fonctionnelles par manque d'infirmier. Les efforts entrepris en direction de l'administration sont restes sans suite et les batiments construits apres des annees d'effort tombent en ruine.

Ces differents problemes renforcent les sentiments de frustration des villageois d'autant plus qu'ils ont la nette impression qu'aucun effort n'est fait pour corriger ces dysfonctionnements. Cette situation pose implicitement le rapport des villageois avec les autorites.

Le rapport biaise entre paysan et administration

L'administration est tres proche du paysan par ses structures et tres eloignee par son fonctionnement (Soumahoro 2003). Le cadre de concertation pour creer un environnement propice entre le paysan et l'administration reste embryonnaire. Lorsque ce cadre existe, il est mine par une pratique de top down dans laquelle l'administrateur decide et le paysan execute. Ainsi, le fonctionnement de l'administration a toujours echappe au paysan. Le rapport se limite aux agents de terrain des structures d'encadrement et au niveau superieur de l'administration avec le sous-prefet. La peur du fonctionnaire qui remonte a l'epoque de l'administration coloniale est encore vivace dans l'esprit des villageois. Elle inhibe souvent la volonte paysanne. A cela, s'ajoute l'analphabetisme qui constitue un handicap dans le rapport avec l'administration. Le paysan percoit toujours l'administration comme l'autorite et rarement comme une structure a son service. Dans les villages Toura, toute initiative de developpement qui implique l'administration est confiee aux cadres et aux jeunes scolarises. L'action villageoise se limite le plus souvent a une echelle locale et departementale. Cette situation explique l'impuissance et souvent la desillusion des villageois face aux dysfonctionnements des structures etatiques.

Intervention etatique et perspective de developpement local

La situation economique, financiere et sociale difficile que traverse actuellement le pays en raison de la guerre, situation venue aggraver un etat initial de generalisation de la pauvrete, a eu des repercussions nefastes sur la capacite d'action, d'initiative et de participation des populations et singulierement de celles des zones rurales.

Dans le pays Toura, les efforts de developpements entrepris dans les villages depuis quelques annees, ont ete, avec l'avenement de la guerre dans la region, reduit a neant. La pauvrete s'est generalisee, les centres de sante, les ecoles etc. ont ete abandonnees ou endommagees. Cette situation compromet toute possibilite de developpement local et de prise d'initiative tant du cote gouvernemental que du cote de la population. Toutefois, au regard des interventions anterieures et des initiatives, certes, timide de la part de la population d'une prise en main dans la realisation de certains projets la question sur ce que doit etre la place et le role de l'etat dans le processus de developpement reste d'actualite.

Meme si l'intervention de l'Etat n'a pas donne tous les resultats escomptes, son desengagement- ne serait que- partiel constitue-t-il la solution idoine vers le developpement des collectivites locales ? Dans la situation actuelle du pays et dans la perspective de l'apres guerre, le renforcement du role de l'Etat constitue l'option strategique. Le discours officiel du desengagement doit etre relativise et ancre plus sur la correction des dysfonctionnements observes au niveau des structures etatiques et appuye par une politique volontariste de relever au niveau local le defi du developpement du milieu rural en l'integrant dans le cadre de la politique globale de regionalisation, communalisation et de decentralisation.

Les structures etatiques font partie du paysage institutionnel permettant a l'Etat de disposer d'un outil d'intervention operationnel et de reduire la pauvrete. Ces structures-- comme deja souligne-- n'ont pas toujours joue leurs roles en tant qu'instruments privilegies de l'Etat en matiere d'investissement public au niveau local. Les modes actuels d'identification, de formulation et d'analyse des demandes de projets ne garantissent pas la prise en compte systematique des aspirations des populations. Des retards sont constates dans la mobilisation des financements, aussi bien au niveau de l'Etat que des collectivites territoriales et des populations. Toute chose qu'il faut corriger.

Aujourd'hui, partie integrante d'une politique gouvernementale axee sur la decentralisation, gages d'une action de developpement durable du milieu rural, l'action des structures etatiques doit etre perennisee a travers leur modernisation et un appui a la responsabilisation des beneficiaires. C'est a ce titre qu'elles constituent des maillons essentiels du programme du gouvernement en matiere d'amenagement du territoire et de la decentralisation.

Les politiques de regionalisation et de decentralisation, qui renforcent un plus le role de l'etat, constituent des reponses pertinentes a une demande pressante de participation des populations a toutes les questions qui touchent leurs conditions de vie et leur destin. Les structures etatiques sont ainsi a la fois des outils de renforcement de la decentralisation et de l'unite nationale et des instruments pertinents et efficaces d'amenagement du territoire. Du point de vue administratif, l'Etat doit veiller d'une part a ce que les engagements de realisation des projets ou de financement pris soient respectes et d'autre part a equiper les infrastructures sociales construites et y affecter les fonctionnaires de l'Etat necessaires. L'Etat doit veiller a la rationalisation des choix des investissements, a la mobilisation des energies et des ressources, a l'optimisation des sources de financements et le dosage de leurs proportions respectives (en fonction des moyens financiers de chaque communaute paysanne), au suivi de l'execution et le suivi-evaluation des projets, a l'entretien et la gestion des equipements. C'est a cette condition que l'Etat va continuer ajouer son role de catalyseur et d'initiateur du developpement local qu'il s'est lui-meme assigne. Les initiatives entreprises au niveau local par les paysans viennent completer l'action gouvernementale et ne sauraient en aucun cas etre les raisons d'un desengagement.

Conclusion

L'intervention de l'Etat ivoirien s'articule autour de deux paliers d'intervention : regional et local. Au niveau regional, il est evident que l'action gouvernementale souffre d'un ensemble de dysfonctionnements des structures d'execution. Les nombreux projets inities a l'Ouest et non realises illustrent parfaitement cette situation. Au niveau local, les memes causes produisant les memes effets, le succes des actions gouvernementales est aussi tres limite.

L'analyse faite de l'intervention de l'Etat ivoirien en milieu rural s'inscrit dans un cadre theorique et l'observation de 1'environnement villageois. Elle repose sur des elements qualitatifs comme les sentiments qu'eprouvent les villageois et la perception villageoise de l'action gouvernementale. D'une maniere globale, l'action gouvernementale doit etre renforcee dans le pays Toura.

L'Etat ivoirien est le partenaire du paysan dans le processus de developpement du milieu rural. Au regard de la situation du pays Toura, peut-on conclure que la faible intervention de l'Etat au niveau materiel et humain constitue la cause principale de l'etat de sous-developpement ? La reponse est ambigue. En effet, les mecanismes internes de fonctionnements de la societe Toura et les actions initiees par les villageois determinent en grande partie leur volonte de developpement. L'Etat dans la reconfiguration de son action vient alors supporter cette volonte. Mais, lorsque celle-ci ne s'exprime que tres faiblement ou de maniere discordante, il lui est difficile de fixer ses priorites. L'heterogeneite des priorites villageoises (p. ex. ecoles, infirmeries, eau, route, transport et marche) ne permet guere d'avoir un portrait global de celles-ci. Dans ce contexte, les initiatives de developpement doivent etre concertee et complementaire entre l'Etat et la population rurale en mettant l'accent sur la prise en compte des actions strategiques de developpement etatiques d'une part et sur la prise en compte de la volonte paysanne et des axes de priorites definis par ces derniers d'autre part.

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Yapi, Affou Simplice. 1990. La releve paysanne en Cote d'Ivoire. Paris : Karthala-ORSTOM.

Moustapha Soumahoro

Departement de geographie / Geography Department

Universite Laurentienne / Laurentian University

Chemin du Lac Ramsey / Ramsey Lake Road

Sudbury, ON

Canada P3E 2C6

(1.) La recherche sur le terrain a ete faite en 2000 avant le debut de la crise militaire du 19 septembre 2002. Les informations recueillies ainsi que les analyses effectuees sont donc anterieures a la crise.

(2.) Pour choisir les 15 villages parmi les 69 que compte le pays Toura, nous avons opte pour des criteres generaux et des criteres specifiques a chaque categorie. Du point de vue methodologique on a procede par une elimination progressive de tous les villages qui remplissent les criteres generaux et specifiques. Au niveau des criteresgeneraux nous avons des cas aberrants qui peuvent constituer des biais dans l'analyse des conditions et du processus de developpement rural durable. Il s'agissait de : le chef-lieu de sous-prefecture, le village d'un personnage politique ou acteur economique important, un village en projet de relocalisation, le regroupement de villages, absence d'information pertinente. Les deux autres criteres retenus ont ete la distance et l'enclavement. Au niveau des criteres specifiques, une fois que les villages remplissaient les memes conditions, la localisation d'un village par rapport a un autre a constitue un critere discriminant et les variables comme l'intervention etatique ivoirienne, la participation villageoise, les structures associatives sont devenues de ce fait discriminantes et ont permis de retenir certains villages au detriment d'autres villages de la meme categorie. Apres l'analyse des informations les quatre villages ont ete choisis a partir des criteres suivants : le degre d'equipement du village, le nombre d'associations, le caractere des associations (Entraide, besoins, communautaire, collectif), les projets de developpe-ment internes et externes, la taille du village, la position du village par rapport a la ville de Biankouma, l'etat des pistes villageoises et le probleme d'accessibilite.

(3.) Selon le Haut Commissariat au Developpement Integre de la Region Semi-montagneuse de l'ouest et a la suite de l'etude effectuee en 1998, au plan des revenus, la region fait partie des plus pauvres du pays. Elle est meme parmi les regions forestieres les moins avancees. En 1993, le revenu moyen annuel par habitant etait de 70 000 F CFA (175 $ Can.) en milieu rural forestier de l'Ouest contre plus de 130 000 F CFA (325 $ Can.) en moyenne pour la Cote d'Ivoire.

(4.) La mauvaise performance des GVC a ete observee a l'echelle nationale. Cette mauvaise performance a amene le legislateur a voter une loi entrainant leurs dissolutions et leurs transformations en cooperatives. Il s'agit de la loi no 97-721 du 23 decembre 1997 relative aux cooperatives. L'objectif de cette loi est de permettre d'asseoir au sein des cooperatives une gestion moderne et rigoureuse basee sur l'initiation a la comptabilite et une maitrise des circuits de commercialisation.
TABLEAU 3 Contraintes et problemes de developpement
dans les regions de la Cote d'Ivoire

A--CONTRAINTES PHYSIQUES SUD C.O. S.O. O.

~SOLS

1--Fragilite--C'est un probleme majeur + + - --
 dans la plupart des regions.

~COUVERT VEGETAL

2--Disparition du couvert forestier-- --- -- -- --
 A peu pres toute les regions sont
 soumises actuellement a ce processus
 de degradation.

~TOPOGRAPHIE

3--Relief--Danger d'erosion et frein de + + + --
 la mecanisation.
4--etroitesse des bas-fonds. + + - --
5--Difficultes de communication--Plusieurs -- + + + --
 regions connaissent des difficultes
 intenses de communication et des zones
 enclavees.

B-PROBLEMES HUMAINS

6--Exode rural - - + -
7--Statut des jeunes - - + +

C--PROBLEMES TECHNIQUES

8--Petitesse des tailles d'exploitation. + - + -
9--Itinerante culturale--On observe cette - - - -
 pratique sur l'ensemble du territoire.
10--Mauvaise maitrise de l'eau. - -- + --
11-Techniques artisanales peu evolutives. + - + --
12--Insuffisance quantitative de + - + ---
 l'encadrement.
13--Repartition spatiale irreguliere de -- + ---
 l'encadrement.
14--Techniques de preservation et de + - + --
 stockage des produits.

D--PROBLEMES ECONOMIQUES D' AMENAGEMENT
ET D'EQUIPEMENTS

~BASES ECONOMIQUES D'INFRASTRUCTURES ET
D'EQUIPEMENTS
15--equipement et moyens en personnels - - + ---
 sanitaires.
16--Transports. - - ++ --
17--energie electrique. - - - --
18--Services commerciaux, fret et - - - --
 stockage.
19--Formation brute du capital fixe + -- + --
 (FBCF).

~PRODUCTION ET NIVEAU DE REVENUS
20--Bas niveau de revenu. - -- + ---
21--Veillissement du systeme productif de - - + --
 l'economie de plantations villageoises.
22--Secteurs d'activites modernes sous- ++ - ++ --
 developpes.
23--Faible croissance en volume des - + + --
 productions vivrieres.
24--Rarefaction de facteurs de production
 en milieu rural.
 24-1 Terre: Le phenomene de rarete - - + -
 fonciere entrainant une reduction
 du temps de jachere.
 24-2 Eau: L'eau devient un facteur rare + + - -
 en raison de la multiplicite des
 utilisateurs agricoles.
 24-3 Travail: La faible productivite + + - -
 du travail constitue un goulot
 d'etranglement dans la plupart
 des regions.
25--Chomage urbain -- - -
26--Politique des prix
 26-1 Prix des produits pondereux + + - -
 26-2 Prix du rix. + - + -

A--CONTRAINTES PHYSIQUES C. NORD EST

~SOLS

1--Fragilite--C'est un probleme majeur - - --
 dans la plupart des regions.

~COUVERT VEGETAL

2--Disparition du couvert forestier-- - - +
 A peu pres toute les regions sont
 soumises actuellement a ce processus
 de degradation.

~TOPOGRAPHIE

3--Relief--Danger d'erosion et frein de + + +
 la mecanisation.
4--etroitesse des bas-fonds. + + +
5--Difficultes de communication--Plusieurs + - --
 regions connaissent des difficultes
 intenses de communication et des zones
 enclavees.

B-PROBLEMES HUMAINS

6--Exode rural -- --- +
7--Statut des jeunes - - +

C--PROBLEMES TECHNIQUES

8--Petitesse des tailles d'exploitation. - - -
9--Itinerante culturale -On observe cette - - -
 pratique sur l'ensemble du territoire.
10--Mauvaise maitrise de l'eau. - -- +
11-Techniques artisanales peu evolutives. + + -
12--Insuffisance quantitative de -- + --
 l'encadrement.
13--Repartition spatiale irreguliere de -- + -
 l'encadrement.
14--Techniques de preservation et de - - -
 stockage des produits.

D--PROBLEMES ECONOMIQUES D' AMENAGEMENT
ET D'EQUIPEMENTS

~BASES ECONOMIQUES D'INFRASTRUCTURES ET
D'EQUIPEMENTS
15--equipement et moyens en personnels - - ---
 sanitaires.
16--Transports. + - -
17--energie electrique. - - ---
18--Services commerciaux, fret et - - --
 stockage.
19--Formation brute du capital fixe + - -
 (FBCF).

~PRODUCTION ET NIVEAU DE REVENUS
20--Bas niveau de revenu. -- --- ---
21--Veillissement du systeme productif de - + -
 l'economie de plantations villageoises.
22--Secteurs d'activites modernes sous- ++ -- --
 developpes.
23--Faible croissance en volume des -- -- +
 productions vivrieres.
24--Rarefaction de facteurs de production
 en milieu rural.
 24-1 Terre: Le phenomene de rarete - - +
 fonciere entrainant une reduction
 du temps de jachere.
 24-2 Eau: L'eau devient un facteur rare --- --- +
 en raison de la multiplicite des
 utilisateurs agricoles.
 24-3 Travail: La faible productivite --- --- +
 du travail constitue un goulot
 d'etranglement dans la plupart
 des regions.
25--Chomage urbain - - +
26--Politique des prix
 26-1 Prix des produits pondereux + - -
 26-2 Prix du rix. + -- +

C.O.--Centre-ouest; S.O.--Sud-ouest; O.--Ouest; C.--Centre

Source: Tableau adapte. Cote d'Ivoire (1977), Ministere du
plan: 'Plan quinquennal de developpement economique, social
et culturel 1976-1980." Republique de la Cote d'Ivoire.

TABLEAU 4 Le devenir des operations anterieures : desenclavement
et activites agricoles et para-agricoles dans la region Ouest

 PROJETS ANNONCES

ORIENTATIONS 1976-1980 1981-1985

 Desenclavement total
 --Programme d'urgence --Amelioration des
 dans la zone de la pistes rurales,
DESENCLAVEMENT savanne Ouest notamment la piste
 --Projet sucrier de Guiglo--Tabou
 Borolou --Bitumage de l'axe
 Nord Odienne-San-
 pedro
 --Amelioration de la
 laison Danane-Guinee

 --Reconversion --Amenagement vallee
 structurelle du du Cavalry
 verger caferier. --Reconvesion veger
 Blpcs de plantations cafetier
 individuelles de --Riz pluvial et
 cacao. irrigue
 --Programme cocotier --Soja (Touba)
 interieur --Arachide
 --Prospection pour --Modernisation des
 l'heveculture dans exploitations de
 la region de Guiglo. cafe-cacao
 Coton a Touba et --Intensification de
ACTIVITES AGRICOLES Biankouma. la culture de riz
ET PARA-AGRICOLES --Zone maraichere
 de Touba (Pomme de
 terre). Riz a Touba
 et en zone
 forestiere.
 --Petit elevage
 (Porc, ruminants).

 ETAT DE REALISATION
ORIENTATIONS
 --Objectifs non atteints--Poursuite dans le
 cadre du projet BAD-0UEST
 --Objedif atteint
DESENCLAVEMENT --Objedif non atteint
 --Realisation du projet sucrier a Bonotou

 --Encadrement de 10000 exploitanis don't
 2450 !eunes (Projet BAD-0UEST)
 --Reconversion structurelle des plantations
 da cefe et cacao en cours
 (Projet BAD-OUEST)
 --Heveaculture (Guiglo)
ACTIVITES AGRICOLES --Resultats mitiges dans la culture du colon
ET PARA-AGRICOLES et du projet maraicher de Touba. Echec de
 la culture de pomme de terre et recherche
 de financement pour relance. Culture du
 soja Appuis techniques des ORA par le
 projet BAD-OUEST

Source: Haut Commissaniat au developpement integre de la region
semi-montagneuse de l'Ouest (HCDI-RSMO). Scheme directeur pour le
development integre de la region semi-montagneuse de l'Ouest. Bilen
diagnostic de la region. Republique de la Cote d'Ivoire. Premier
ministre, Avril 1998, 201 pages.

TABLEAU 5 Le devenir des programmes anterieurs: elevage,
motorisation et mecanisation, amelioration des techniques
agricoles, operations integrees, piche dans la region Ouest

ORIENTATIONS PROJETS ANNONCES

 1976-1960

 --Petit elevage (poros, ruminants)
ELEVAGE
 --Centre multiplicateur des porcs a Man

AMELIORATION DES
TECHNIQUES
AGRICOLES

 --Projet de developpement integre de
OPERATIONS Zoukougben--Blolequin et Man-Danane
INTEGREES --Amenagement de a vallee du Sassandra

 --Peche fluvio-lacustre (barrage de Buyo)
PECHE et pisciculture

DIVERSIFICATION DES
ACTIVITES SECONDAIRE
ETTERTIAIRES

PRESERVATION DE LA --Reforestation dans les regions de Griglo et
FORET ET LUTTE de Touba et protection forestiere
ANTI-EROSIVE

EQUIPEMENT ET
AMELIORATION DES
CONDITIONS DE VIE

ORIENTATIONS PROJETS ANNONCES

 1961-1965

 --Petit elevage: volaille, porcs, ruminants
ELEVAGE --Ranch de Sipilou
 --Embauche Touba avec soja

AMELIORATION DES --Motorisation paysannale (Touba) s'appuyant
TECHNIQUES sur la selection d'exploitants.
AGRICOLES --Amenagement des techniques agricoles

 --Amenagement de a vallee du Cavally
OPERATIONS
INTEGREES

 --Transfert et reinstallation des populations
PECHE de placees par le barrage de Buyo et
 famation de jeunes pecheurs

 --Developpement de service et PME a Man
DIVERSIFICATION DES --Divesification des activites touristiques a
ACTIVITES SECONDAIRE partir de Man
ETTERTIAIRES --Developpement minier (fer, nickel, or)

PRESERVATION DE LA --Preservation de la foret et soutien a
FORET ET LUTTE l'industrie du bois
ANTI-EROSIVE --Projet d'etude pour la lutte anti-erosion

 --Modernisation de laeroport de Man.
 --Equipement en talephone des chefs-lieux
EQUIPEMENT ET de departement. Bitumage et assinissement
AMELIORATION DES de Man et Danane
CONDITIONS DE VIE

ORIENTATIONS ETAT DE REALISATION

 --Pas de proymmmas majeurs
 --Succes mitiges au niveau du ranch de
ELEVAGE Sipilou
 --Echec du projet d'embauche de Touba

AMELIORATION DES Echec de l'operation. Nombreuses actions
TECHNIQUES envisagees dans le cadre de la composante
AGRICOLES numero 4 du projet BAD-OUEST

 --Pas d'operations integrees
OPERATIONS --Projets sectoriels dans le cadre du projet
INTEGREES BAD-OUEST

 --Construction de 150 hectares d'etangs dans
PECHE le cadre du projet BAD-OUEST. Station
 d'alevinage. Usine daliments de poisson.
 Etude de la productivite du lac de Buyo.

 --Success mitiges
DIVERSIFICATION DES --Vide industriel comme dans la plupart des
ACTIVITES SECONDAIRE regions du pays
ETTERTIAIRES --Reactivation des projets de developpement
 meniers (nickel, or et fer)

PRESERVATION DE LA --Intensification de la preservation de la
FORET ET LUTTE foret par le SODEFOR
ANTI-EROSIVE --Succes mitige

 --Reprise par le projet BAD-OUEST
 --Aeroport modernise. Bitumage Man--Danang
EQUIPEMENT ET et Duekoue-Guiglo. Bitumage de Danane et
AMELIORATION DES Guiglo-Toule pleu, Zouan-hounien
CONDITIONS DE VIE --Faible niveau dassainissement des villes.
 --Realisation du programme de
 telecommunications

Source: Haut Commissariat au developpement integre de a region
semi-montagneuse de l'Ouest (HCDI-RSMO). Schema directeur pour
le developpement integre de la region semi-montagneuse de l'Ouest.
Bilan diagnostic de la region. Republique de la Cote d'Ivoire.
Premier ministre, Avril 1998, 201 pages.

TABLEAU 6 Le devenir des programmes anterieurs: cadre
de vie et promotion humaine dans la region Ouest

 PROJECTS ANNONCES

 1976-1980 1981-1985

 --Combler le retard au niveau des services
 de sante
 --Combler le retard des services adminis-
CADRE DE VIE tratifs
ET PROMOTION --Hopital a Biankouma
HUMAINE --CHR a Man
 --Renforcement du personnel de sante
 --Construction d'unite d'enseignement
 technique
 --Construction d'unites d'enseignements
 agricoles

 ETAT DE REALISATION

 --Retard non encore comble. La region
 peut lrouver des ressources dans le
 cadre des investissements publics.
CADRE DE VIE --Une unite d'enseignement technique
ET PROMOTION a ete construite a Man. Le projet BAD-
HUMAINE OUEST relance dans sa globalite le
 projet de promotion humaine par
 l'accroissement des revenus qui
 donnera aux citloyens des moyens de
 se prendre en charge.

Source: Haut Commissariat au developpement integre de la region
semi-montagneuse de l'Ouest (HCDI-RSMO). Schema directeur pour
le developpement integre de la region semi-montagneuse de l'Ouest.
Bilan diagnostic de la region. Republique de la Cote d'Ivoire.
Premier minstre, Avril 1998, 201 pages.

TABLEAU 7 Tableau recapitulatifs des resultats des projets

 OBJECTIFS NATURE DU PROJET

 --Bitumage de l'axe Nord Odienne--San-pedro
Objectifs atteints --Realisation du projet sucrier de Borotou

 --Amelioration des pistes rurales
 --Amelioration de la liaison Danane-Guinee
 --Culture de la pomme de terre
Objectifs non atteints --Echec du projet d'embauche de Touba
 (Elevage)
 --Les operations integrees
 --Motorisation paysanne (Touba) s'appuyant
 sur la selection des exploitants
 --Amenagement des techniques agricoles

Objectifs en cours --Amelioration des pistes rurales

 --Culture du colon et du projet maraicher
 de Touba
 --Ranch de Sipilou (Biankouma)
Resultats mitige --Developpement des services et PME
 --Diversification des activites
 touristiques a partir de Man

Tableau realise a partir des tableaux bilans 4, 5 et 6.

TABLEAU 8 Niveau d'execution (composantes 1, 2 et 3. Prolet BAD-OUEST)

 ACTIONS ENVISAGeES ET EN COURS
COMPOSANTES DE ReALISATION DANS LA ReGION

Composantes 1 --4000 ha bas-fonds riz
 --8 retenues d'eau
Developpement de la production --10000 exploitants don't
agricole 2450 jeunes a installer
 --Realisation du projet
 sucrier de Borotou

Composantes 2 --150 ha d'etangs
 --Station d'alevinage
Developpement de la pisciculture --Usine d'aliments (poissons)
 --Etude-productivite (lac Buyo)

Composante 3 --Encadrement de 10000
 exploitants dont 2450 jeunes
Encadrement-Vulgarisation recherche --Recherche adaptee aux problemes
 de la region

 --740 GVC de base, 100 centraux,
 8 Unions des GVC et financement
 d'une societe de groupage
Composantes 4 --Intrants (Semences, pesticides
 etc.)
Restructuration et appui aux --Construction: 37 magasins; 517
organisations professionnelles aires de battage et de sechage;
agricoles (O.P.A.) 150 ha d'etangs piscoles.
 --Acquisition: 23 decortiquers;
 315 batteuses; 53 vehicules-
 commercialisation des produits.
 --Mise en place: fonds de
 roulement (Commercialisation)

Composantes 5 --Rehabiliter 1105 km de pistes
 --Entretenir 1670 km de pistes
Infrastructures economiques --Construire 432 points d'eau et
et sociales 10 mini adduction d'eau (HVA)

Source: Haut Commissariat au developpement integre de la region
semi-montagneuse de l'Ouest (HCDI-RSMO). Bilan diagnostic de la
region. Republique de la Cote d'Ivoire. Premier ministre, Avril
1998, 201 pages.

TABLEAU 9a Mise en opposition des objectifs etatiques de developpement
en milieu rural avec la realite du milieu rural Toura

LES OBJECTIFS DE DEVELOPPEMENT LES CONSTATS DE LA REALITE DU
EN MILIEU RURAL MILIEU TOURA

Objectif principal (-) Le paysan Toura a un faible
--Augmentation des revenus paysans revenu. Ce revenu est en deca
 par tete de la moyenne nationale en
 constance baisse.

Modernisation de l'agriculture (-) L'agriculture Toura n'est ni
--Mecanisation et motorisation de mecanisee ni motorisee
 l'agriculture (-) Le paysan Toura ne pratique
--Association agriculture-elevage pas une agriculture associee
--Intensification des cultures a l'elevage
 vivrieres (+) Le developpement des cultures
--Stabilisation des cultures perennes (surtout le cafe) est
 vivrieres important
--Amelioration de la couverture (+) La production vivriere connait
 des besoins alimentaires une stabilisation. La tendance
--Amelioration des productions est a une augmentation de la
 agricoles et sylvo-pastorales production.
--Securite fonciere (+) La production vivriere couvre
--Modernisation et transformation les besoins alimentaires. Le
 structurelle de l'agriculture surplus de la production (riz)
--Promotion d'entreprises est mis en marche.
 agricoles moyennes familiales (-) La production agricole se
 limite aux cultures
 d'exportation (cafe-cacao) et
 aux cultures vivrieres
 classiques (riz, mais etc)
 (+) La securite fonciere existe
 dans le cadre du droit
 coutumier. Les conditions
 souples d'acces a la terre
 constituent une garantie de
 securite pour les usagers.
 (-) L'agriculture Toura n'a pas
 connu une transformation
 structurelle. Elle reste
 traditionnelle.
 (-) Les familles paysannes
 constituent des unites de
 production de type
 traditionnel.

Pratique et technique agricole (-) L'agriculture demeure
--Favoriser une agriculture extensive, itinerante et sur
 intensive brulis.
--Amelioration de la productivite (-) Les nouvelles varietes de cafe
 du materiel vegetal (plants et sont utilisees. Cependant
 semences) l'offre est inferieure a la
--Amelioration de la productivite demande. Quelques nouvelles
 de la terre (engrais) semences de riz sont utilisees
--Defense de la restauration des mais pas en quantites
 sols (banquettes, bandes importantes.
 anti-erosives, etc.) (-) L'amelioration de la
--Irrigation et point d'eau productivite de la terre par
 l'achat d'engrais ou par son
 utilisation est pratiquement
 inexistante. Tres peu de
 paysans utilisent l'engrais
 (-) Aucune initiative particuliere
 de restauration des sols n'est
 entreprise par le paysan.
 (-) L'agriculture n'est pas une
 agriculture irriguee.

Encadrement et formation
--Poursuivre et ameliorer (-) L'encadrement du paysan reste
 l'encadrement des paysans marginal. Le nombre de paysans
--Mettre l'accent sur la formation encadres est tres faible.
 des jeunes et des femmes aux
 nouvelles techniques et (-) Tres peu de jeunes paysans et
 pratiques agricoles de femmes ont recu une
 formation aux nouvelles
 pratiques et techniques
 agricoles.

Groupements paysans et cooperatives
--Favoriser et accelerer la (-) Le nombre de structures
 creation des structures cooperatives est faible.
 cooperatives (-) Les rares structures
--Appui au renforcement des cooperatives qui existent
 capacites d'auto-organisation rencontrent des difficultes de
 des paysans par des actions de gestion, d'organisation et de
 formations des groupements leadership.
 paysans (cooperatives, union des (-) Il n'existe pas de structure
 cooperatives etc.) financiere de credit rural
--Appui ponctuel pour le dans les villages.
 renforcement et l'extension
 d'organismes locaux d'epargne et
 de credit rural, sous forme
 cooperative, mutuelle ou
 associative sera envisage.

Stockage et commercialisation
--Permettre le stockage, le (-) Le stockage et le
 conditionnement ou la la conditionnement des produits
 transformation des produits et agricoles constituent des
 surtout des RTP (Racine, problemes majeurs pour le
 Tubercule et Plantain). paysan.
--Appui a la collecte et a la (-) Le paysan ne dispose d'aucune
 diffusion de l'information sur information sur les marches
 les marches (prix, production et (pua, pro- duction et
 consommation) consommation).
--Favoriser toute action tendant
 a l'organisation de la (-) Le paysan ne mairise aucun
 commercialisation primaire et a circuit de commercialisation.
 la mise en place de circuits
 courts notamment en matiere de (-) Tres peu de villages possedent
 production vivriere et animale. un magasin de stockage.
--Favoriser la creation
 d'infrastructures de stockage et
 de mise en marche, tant au
 niveau des produc- teurs que
 dans les filieres.

Amelioration de la structure (-) En dehors des structures
sociale villageoises d'autorite, tres
--Permettre aux leaders paysans peu de paysans s'affirment
 de s'affirmer comme leaders.
--Consolider l'esprit de groupe (+) Le paysan est solidaire aux
--Favoriser les investissements membres de sa communaute. Il a
 collectifs productifs Lin esprit de groupe.
--Creer un esprit d'entrepreneurs (+) Toute activie de developpement
--Former a la gestion et a la du village se fait a partir
 comptabilite d'investissements collectifs.
--Organiser et favoriser les (-) L'esprit d'entrepreneur est le
 activites economiques du groupe fait de quelques paysans,
 en particulier au niveau de generalement scolarises. La
 l'epargne et du credit mutuel prise de risque au niveau de
--Promouvoir un nouveau type l'investissement n'est pas
 d'exploitant forme et ayant une encore generalisee.
 attitude positive vis-a-vis des (-) Le paysan n'a aucune
 exigences du developpement. connaissance de la gestion
 moderne et de la comptabilite.
 (+) Les associations villageoises
 et cooperatives epargnent de
 plus en plus dans les
 structures financieres
 modernes. Cependant, des
 efforts restent a faire.
 (-) Les exploitants ont des
 pratiques traditionnelles peu
 ouvertes aux exigences de
 developpement.

Amelioration des conditions (+) L'habitat en milieu rural
materielles de la vie rurale connait une amelioration.
--Amelioration de l'habitat Cette amelioration n'est pas
--Ouverture et entretien de pistes liee a la politique d'habitat
 rurales de l'Etat. Elle est le fait
--Mise en place et entretien des d'actions individuelles des
 equipements collectifs (magasins paysans.
 de stockage, electrification, (-) Les villages sont enclaves.
 adduction d'eau ou puits). Les roules et pistes
--Amelioration de la couverture villageoises sont peu
 sanitaire par la construction et pratiquables et rarement
 l'equipement des centres de entretenues.
 sante ainsi que par des visites (-) Les equipements sont en nombre
 systematiques du personnel insuffisant. Le peu
 medical dans les villages. d'equipement qui existe n'est
--Renforcement des infrastructures pas entretenu.
 scolaires. (-) La couverture sanitaire est
--Encouragement a la mise en place insuffisante. Les structures
 d'un artisanat rural. sanitaires manquent de
--Mise en place d'un systeme medecins, d'equipements et de
 assurance-maladie en milieu materiels de travail.
 rural. (+) Les structures scolaires
--Favoriser la mise en place des existent. Elles sont en nombre
 structures de loisirs et de insuffisant et leur
 distraction dans le milieu fonctionnement est limite a
 rural. cause souvent d'un manque de
 personnels enseignants.
 (-) L'artisanat constitue une
 activite marginale. Il est
 pratique par quelques
 individus.
 (-) Le paysan n'est couvert par
 aucun systeme d'assurance
 maladie.
 (-) Les activites de loisirs et
 distraction sont tres peu
 developpees. Le plus souvent,
 elles n'existent pas. La
 distraction principale est le
 football (Soccer). Chaque
 village possede son terrain de
 foot ball (soccer).
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No portion of this article can be reproduced without the express written permission from the copyright holder.
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Title Annotation:DIALOGUE: Africa / Afrique
Author:Soumahoro, Moustapha
Publication:Canadian Journal of Regional Science
Geographic Code:6COTE
Date:Mar 22, 2007
Words:9795
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