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La norme esclavagiste, entre pratique coutumiere et norme etatique : les esclaves panis et leur statut juridique au Canada (XVIIe-XVIIIe s.).

Slavery in New France New France: see Canada.
New France

Possessions of France in North America from 1534 to the Treaty of Paris in 1763. After the first land claim for France by Jacques Cartier (1534), the company of New France was established in 1627.
 has inspired several writings, namely by Professor Trudel who has covered the topic quite extensively. It has been warmly debated in Canadian historiography. Much has been said about demographic issues and slavery of African people The term African people can be used in two ways. First, it may refer to all people who live in Africa, see also demographics of Africa. Second, it is commonly used to describe people who trace their recent ancestry to indigenous inhabitants of Africa, in particular Sub-Saharan . However, lawyers and legal historians have disregarded the subject altogether for too long. This article, based on a corpus of archival documents, sometimes unpublished, focuses on the true legal status of staves, especially of Amerindian descent, particularly in their relationship with authorities when performing private legal transactions. It was observed that a slavery standard, essentially customary and administrative in nature, differing somewhat from that of the West Indies West Indies, archipelago, between North and South America, curving c.2,500 mi (4,020 km) from Florida to the coast of Venezuela and separating the Caribbean Sea and the Gulf of Mexico from the Atlantic Ocean. , applied to them. Due largely to the particular circumstances existing in New France and to its servile ser·vile  
1. Abjectly submissive; slavish.

a. Of or suitable to a slave or servant.

b. Of or relating to servitude or forced labor.
 population of Pawnees, slaves revealed to have a singular legal status, falling between that of personal property and enjoyment of some survival form of legal capacity.

L'esclavage en Nouvelle France a donne lieu a de nombreux travaux--au premier rang desquels ceux du Professeur Trudel--qui ont ete marque par des debats parfois vifs au sein de l'historiographie canadienne. Les questions demographiques, l'esclavage des populations africaines ont largement ete debattues. Toutefois, les juristes et les historiens du droit [French, Justice, right, law.] A term denoting the abstract concept of law or a right.

Droit is as variable a phrase as the English right or the Latin jus. It signifies the entire body of law or a right in terms of a duty or obligation.
 sont restes trop longtemps eloignes de ces questions. Cette etude e·tude  
n. Music
1. A piece composed for the development of a specific point of technique.

2. A composition featuring a point of technique but performed because of its artistic merit.
, s'appuyant sur un corpus de documents d'archives--parfois inedites -, tente de mettre sous un jour nouveau la condition juridique effective des esclaves--principalement d'origine amerindienne dans leurs rapports avec les autorites, dans l'accomplissement d'actes juridiques de droit prive. On constate alors l'application a ces populations d'une norme esclavagiste d'essence a la fois coutumiere et administrative distincte pour partie de celle Celle (tsĕl`ə), city (1994 pop. 73,670), Lower Saxony, N Germany, on the Aller River. Its manufactures include food products, electronic components, chemicals, and textiles. Wax processing and horse breeding are important locally.  appliquee dans les Antilles. Marquee largement par le contexte particulier de la Nouvelle-France et de sa population servile panis, une condition juridique fort singuliere s'affirme alors, partagee entre le statut de biens meuble et la survivance La Survivance is an expression used by French Canadians denoting the passive survival of francophone culture, typically in the face of Canadian anglophone or Anglo-American hegemony.  d'une certaine capacite juridique.
Table des matieres

     A. L'ordonnancement normatif esclavagiste dans le systeme
        juridique francais
        1. Le contexte normatif religieux
        2. Panis, norme esclavagiste et Code Noir
     B. L'esclavage sous l'empire de la common law
        1. Common law en Grande Bretagne et dans les colonies
        2. La marche vers l'abolition
     A. Le statut juridique des esclaves panis dans la pratique
        1. Fondement de la norme esclavagiste en Nouvelle France
        2. La survivance d'une certaine capacite juridique
     B. Devenir, rester et cesser d'etre esclave
        1. L'adage panus sequitur ventrem
        2. La difficile preuve de la liberte


Dans un discours prononce en 2007 a l'occasion du 200eme anniversaire de l'abolition de la traite des esclaves par l'honorable Jason Kenney Jason T. Kenney, PC , MP (born May 30, 1968 in Oakville, Ontario) is a Canadian Member of Parliament. He has represented the riding of Calgary Southeast in the Canadian House of Commons since 1997. , Secretaire d'Etat au Multiculturalisme et a l'Identite canadienne, une realite de l'esclave etait judicieusement rappelee : le Haut-Canada a joue un role de chef de file dans l'abolition de l'esclavage. Avant meme l'ediction de la loi interdisant ce commerce, le lieutenant-gouverneur John Graves Simcoe John Graves Simcoe (February 25, 1752 – October 26, 1806) was the first lieutenant governor of Upper Canada (modern-day southern Ontario plus the watersheds of Georgian Bay and Lake Superior) from 1791-1796.  avait fait adopter la Loi sur l'abolition de l'esclavage en 1793 par le Parlement de la Province. Le secretaire d'Etat souligne alors que <<[d]epuis ce temps, les Canadiens Les Canadiens were a Canadian hockey team in the National Hockey Association in 1909-10. It was a Francophone team created to attract fans away from the Montreal Nationals of the Canadian Hockey Association. The team was financed by the owner of the NHA franchise in Cobalt, Ontario.  et Canadiennes d'origine africaine de toutes les couches de la societe ont grandement contribue a l'essor de notre pays >> (1).

Cette phrase montre que cette question, dans nos esprits, est fortement liee a l'esclavage des populations africaines. Toutefois, la realite de l'esclavage est bien plus vaste et pour le Canada, l'esclavage a d'abord et avant tout ete amerindien, soit la mise en servitude servitude

In property law, a right by which property owned by one person is subject to a specified use or enjoyment by another. Servitudes allow people to create stable long-term arrangements for a wide variety of purposes, including shared land uses; maintaining the
 des premieres nations occupant ce territoire (2). Les etudes l'ont largement montre, mais nos consciences collectives ont encore du mal a apprehender cette realite. Les travaux de Marcel Trudel--pionnier sur ces questions--ont demontre cette cruelle realite (3). Bien evidemment, il ne peut s'agir d'opposer ou de confronter les populations et les esclavages amerindiens et africains. Il est simplement necessaire de rappeler la realite et les conditions specifiques de la mise en servitude des populations autochtones.

Comme l'a souligne Olivier Petre-Grenouilleau, le recours a l'esclavage d'origine africaine n'est qu'un second choix dans les pratiques coloniales des differentes tmissances. L'esclavage des amerindiens constitue la premiere etape dans la mise en place Mise en place (IPA pronunciation: [miz eñ 'plass]), literally translated from French, means "setting in place." Culinary Institute of America describes the term as "Everything in place".  d'un systeme economique base sur la servitude. Le particularisme du contexte canadien est que cet esclavage debute relativement tardivement, aux alentours des annees 1670-1680, et qu'il perdure per·dure  
intr.v. per·dured, per·dur·ing, per·dures
To last permanently; endure.

[Middle English perduren, from Old French pardurer, from Latin
, en demeurant la base principale de l'esclavage, sans que les populations africaines ne deviennent majoritaires, du moins jusqu'a la fin du XVIIIe siecle. Pour les colonies espagnoles, anglaises ou meme francaises des Antilles, la traite negriere devient tres vite le principe premier de l'esclavage alors que le role de la main d'oeuvre servile d'origine amerindienne est souvent minimise (4). Cela s' explique par le tres fort recul demographique des populations amerindiennes des le XVIe siecle, suite aux mauvais traitements et aux chocs microbiens, et la reprobation REPROBATION, eccl. law. The propounding exceptions either against facts, persons or things; as, to allege that certain deeds or instruments have not been duly and lawfully executed; or that certain persons are such that they are incompetent as witnesses; or that certain things ought not  de cet esclavage dans les milieux clericaux au XVIe siecle (5). En Louisiane et dans les Caraibes, l'administration francaise pose le principe de l'interdiction de l'esclavage des indiens (6). Neanmoins, a la fin du XVIIe, l'echo de ces debats sera oublie, et peu de voix s'eleveront en Nouvelle-France, du moins avant le XVIIIe siecle, contre l'esclavage des panis.

Il s'agit bien alors d'un esclavage a l'echelle du continent, puisqu'une bonne n. 1. A female servant charged with the care of a young child.  partie de la population mise en servitude dans ce qui deviendra le Canada provenait des populations amerindiennes du sud et de l'ouest du continent nord-americain (7). Certaines societes amerindiennes furent d'ailleurs esclavagistes (8) ou integraient l'utilisation de captifs dans leurs liens sociaux. C'est a travers des presents d'esclaves accordes par des nations alliees que les premiers esclaves amerindiens penetrent dans ce qui est devenu le Canada. Comme le souligne Gilles Havard, <<[u]n "esclave," dans la diplomatie amerindienne, etait un objet de mediation au meme titre titre

 qu'une brasse de tabac ou qu'une fourrure de castor ; mais son don cristallisait d'autant mieux la paix entre les allies qu'il exaltait la guerre contre l'ennemi commun >> (9). Dans certaines nations, la distinction entre prisonnier de guerre, esclave et adopte etait relativement permeable (10) ce qui rendait la restitution de ces captifs relativement complexe (11), en l'absence de procedure d'affranchissement sur le modele romain. L'esclave est d'abord un prisonnier de guerre (12), et sa possession peut etre la garantie de la paix future ou de la guerre eventuelle (13). Le constat pour les premiers explorateurs francais consiste donc dans l'existence de formes de captivite (14) parmi les amerindiens, cela meme si l'esclavage stricto sensu, comme propriete perpetuelle d'une personne sur une autre, est rare (15).

Les panis, au sens premier du terme, sont des amerindiens qui proviennent de l'ouest du Mississippi et plus specifiquement du Nebraska et du Haut-Missouri actuels. Le terme de panis refere donc a une nation particuliere, mais a ete utilise plus largement pour designer l'ensemble des amerindiens mis en servitude. Toutefois, le terme de panis ne qualifie pas obligatoirement les amerindiens d'esclaves, de nombreux indiens panis libres participant a la vie de la colonie, sans qu'ils aient jamais ete esclaves et sans qu'ils soient effectivement de la nation panis. L'esperance de vie des esclaves panis etait relativement courte, inferieure a trente ans (16). Si a partir de 1687-1688, la volonte apparait chez chez  
At the home of; at or by.

[French, from Old French, from Latin casa, cottage, hut.]


at the home of [French]
 les colons d'obtenir des esclaves d'origine africaine, ce sont les esclaves amerindiens qui restent tres largement les plus nombreux dans la vallee du Saint Laurent Saint Lau·rent or Saint-Lau·rent  

A city of southern Quebec, Canada, an industrial suburb of Montreal. Population: 77,391.
 et dans les pays d'en haut, notamment a Detroit et Michillimakinac. Bien evidemment, si les esclaves amerindiens echappent a la ' logique du commerce triangulaire (17), leur statut est bien celui de biens meubles (18) et ils font l'objet de transactions commerciales ou de trocs similaires a ceux que connurent les rivages d'Afrique.

Le nombre d'esclaves amerindiens semble se situer, durant les moments les plus forts de la servitude, a quelques centaines d'esclaves pour l'ensemble de la Nouvelle-France, nombre auquel il faut ajouter les resultats de la traite menee par les francais et leurs allies vers les colonies britanniques (19). L'arrivee de contingents numeriquement importants d'esclaves d'origine africaine se fera essentiellement sous le regime britannique et avec l'arrivee des loyalistes, au moment de la guerre d'Independance (20) Il faut souligner qu'aucune nation alliee des francais n'est mise en esclavage ce qui, a partir de la Grande paix de Montreal de 1701 (21), restreint l'origine des esclaves amerindiens aux nations de l'ouest americain. Ces esclaves sont le plus souvent mis en servitude par des nations amerindiennes (22) et ensuite vendus aux francais et aux britanniques (23). Certains personnages, comme Gauthier de la Verendrye La Vé·ren·drye   , Sieur de Title of Pierre Gaultier de Varennes. 1685-1749.

French-Canadian explorer who established a chain of trading posts in New France, thus breaking Britain's economic stronghold on the region.
 (24) dans les annees 1730, se firent une specialite du trafic d'esclaves amerindiens. Enfin, l'esclavage, qu'il soit amerindien ou d'origine africaine, reste pour le Canada un phenomene essentiellement urbain et un esclavage domestique do·mes·tique  
A member of a competitive bicycle-racing team whose role is to assist the team leader, as by setting the pace.

[French, servant, from Old French; see domestic.]
 (25) contrairement a d'autres colonies nord-americaines. Ainsi, le paradoxe de l'asservissement amerindien en Nouvelle-France apparait clairement. D'une part, les autorites et les colons jouent la carte d'un systeme d'alliances complexes, de la bonne entente Entente: see Triple Alliance and Triple Entente; Balkan Entente; Little Entente.  avec les nations amerindiennes, poussant la logique de la cohabitation A living arrangement in which an unmarried couple lives together in a long-term relationship that resembles a marriage.

Couples cohabit, rather than marry, for a variety of reasons. They may want to test their compatibility before they commit to a legal union.
 paisible jusqu'a un niveau jamais atteint en Amerique du Nord. D'autre part, surtout Sur`tout´

n. 1. A man's coat to be worn over his other garments; an overcoat, especially when long, and fitting closely like a body coat.

Noun 1.
 a partir des annees 1690, se developpe dé·vel·op·pé  
A ballet movement in which one leg is raised to the knee of the supporting leg and fully extended.

[French, from past participle of développer, to develop; see develop.]
, sous l'egide des autorites francaises, des coureurs des bois, de leurs allies indiens et des britanniques, un vaste systeme qui asservit des centaines d'amerindiens (26), hommes mais surtout femmes et enfants, faisant d'eux un objet de commerce conjoint con·joint  
1. Joined together; combined: "social order and prosperity, the conjoint aims of government" John K. Fairbank.

 a celui de la fourrure.

Face a cette realite, deux regimes juridiques successifs, relativement proches dans leur pratique pra·tique  
Clearance granted to a ship to proceed into port after compliance with health regulations or quarantine.

[French, from Old French practique, from Medieval Latin
, sont venus organiser le statut de servitude de ces populations, l'un francais, l'autre britarmique jusqu'a l'abolition de la pratique dans l'empire britannique en 1833. Tous deux font des esclaves des biens meubles dont certains elements de la personnalite juridique subsistent sub·sis·tence  
1. The act or state of subsisting.

2. A means of subsisting, especially means barely sufficient to maintain life.

3. Something that has real or substantial existence.

 toutefois. Ces regles, coutumieres ou d'origine legislative, s'inspirent largement du modele juridique esclavagiste predominant : le modele romain.

A Rome existaient deux types d'esclaves, les esclaves domestiques et ruraux. Ce sont des choses, des biens au statut particulier, des res mancipi RES MANCIPI, Rom. civ. law. Those things which might be sold and alienated, or the property of them transferred from one person to another. The division of things in to res mancipi and res nec mancipi, was one of ancient origin, and it continued to a late period in the empire. . Les Institutes de Justinien fait de << [l]a servitude [...] une institution du droit des gens gens (jĕnz), ancient Roman kinship group. It was the counterpart of what is known in other societies as a patrilineal clan or sib, and the word has been used in social science as a generic term for such groupings.  qui, contre nature, fait d'un homme la propriete d'un autre >> (27). Le maitre, le pater familias PATER FAMILIAS, civil law. One who was sui juris and consequently was not either under parental power, nor under that of a master; a child in his cradle, therefore, could have been pater familias, if he had neither a master nor a father. Lec. Elem. Sec. 127, 128. , possede le dominium DOMINIUM, empire, domain. It is of three kinds: 1, Directum dominium, or usufructuary dominion; dominium utile, as between landlord and tenant; or, 2. It is to full property, and simple property.  (une puissance puis·sance  
Power; might.

[Middle English, from Old French, from poissant, powerful, present participle of pooir, to be able; see power.
 proche de la propriete) sur ces choses, sur ces biens. Sa dominica potestas peut etre comparee a un droit de propriete impliquant le droit Le Droit (established on March 27, 1913) is a Canadian daily newspaper, published in Ottawa, Canada and is operated by Gesca since 2000. History
The newspaper was launched at that period as a tool to condemn Bill 17, an Ontario legislation that abolished education
 d'user, de jouir et de disposer de la chose. Celle-ci, tres vaste, va connaitre tout au long de l'epoque antique des limitations (28). Ainsi, Gaius dans ses Institutes indique que l'empereur Antonin a proclame que le makre ne peut pas tuer son esclave sans motif. De plus, l'esclave, objet de mauvais traitements, qui s'est refugie dans un temple ou aupres de la statue du prince, pourra recourir au magistrat qui obligera son maitre a le vendre. (29). Les enfants de la femme La Femme is a women-only beach in Marina, Egypt which caters to Muslims who want to swim in comfort away from prying and prurient view of "men and cameras". External links
  • Egypt unveils no-peeking zone - Mariam Fam (AP) October 26, 2005

 esclave (partus, le part) appartiennent au maitre et il peut les vendre meme separement de la mere et du pere (30). Le maitre dispose ainsi sur l'esclave d'un droit de vie et de mort qui est cependant davantage encadre sous l'empire romain. Les regles qui fixent les manieres d'entree en esclavage relevent du jus gentium JUS GENTIUM. The law of nations. (q.v.) Although the Romans used these words in the sense we attach to law of nations, yet among them the sense was much more extended. Falck, Encyc. Jur. 102, n. 42.
 et non ET NON. And not. These words are sometimes employed in pleading to convey a pointed denial. They have the same effect as without this, absque hoe. 3 Bouv. Inst. n. 2981, note.  pas du droit de la cite, et s'appliquent ainsi a tous les habitants Habitants is the name used to refer to both the French settlers and the America-born inhabitants of French origin who farmed the land along the two shores of the St. Lawrence waterway in what is the present-day Province of Quebec in Canada.  de l'empire. Ainsi, on nait esclave quand on est l'enfant d'une mere esclave lors de l'accouchement (31). On ne tient aucun compre de la situation du pere, puisque le mariage entre l'homme et la femme esclave n'est pas reconnu legalement. L'enfant ne d'un homme libre et d'une femme femme  
Slang Exhibiting stereotypical or exaggerated feminine traits. Used especially of lesbians and gay men.

1. Slang One who is femme.

2. Informal A woman or girl.
 esclave est esclave alors que l'enfant ne d'un homme esclave et d'une femme libre est libre (32). L'esclave, du moins a l'epoque archaique et classique, est prive de toute personnalite juridique (caput), mais le systeme judiciaire romain va lui accorder une certaine reconnaissance sous l'Empire. (33) Les esclaves ne peuvent ainsi pas intervenir dans un acre juridique en leur nom, pro-prio nomine, mais il fut decide que les engagements de l'esclave, nuls de jure [Latin, In law.] Legitimate; lawful, as a Matter of Law. Having complied with all the requirements imposed by law.

De jure is commonly paired with de facto, which means "in fact.
 civili, seraient valables de jure naturali, c'est-a-dire de droit naturel, le droit qui s'applique a tout etre doue de raison. L'esclave est de plus tenu de jure civili de ses delits prives (34), c'est-a-dire selon le droit applicable aux citoyens romains. S'il existe des situations ou les esclaves peuvent cesser de l'etre aux termes de la loi, c'est l'affranchissement, c'est-a-dire la volonte du maitre de liberer son esclave, qui est la principale source de liberation de la servitude a Rome. Le role des affranchis, surtout a partir du fie siecle, est bien connu. Mais existaient des situations ou certains esclaves << privilegies >>--les esclaves vicaires--pouvaient agir comme un homme libre, sans etre affranchi pour autant, en vertu du principe << servus vicarius emit mancipioque accepit puellam >> (35) , signifiant que l'esclave vicaire accepte de facto [Latin, In fact.] In fact, in deed, actually.

This phrase is used to characterize an officer, a government, a past action, or a state of affairs that must be accepted for all practical purposes, but is illegal or illegitimate.
 les droits et devoirs de l'homme libre sans en obtenir le statut.

C'est en reprenant la plupart de ces lignes forces--a l'exception de ce dernier adage que les droits francais et anglais se sont edifies en s'adaptant aux pratiques coloniales de l'esclavage. Le corpus normatif d'origine francaise partage donc de nombreuses similitudes avec la common law et les normes locales gouvernant le statut des esclaves dans les provinces coloniales anglaises (II). En confrontant ces normes avec la pratique, on obtient une large perspective de l'asservissement des individus appartenant aux premieres nations du continent americain, et de la realite juridique et sociale de celui-ci (III).


En reprenant l'analyse demographique et statistique de Marcel Trudel Marcel Trudel (born May 29, 1917) is a Canadian historian and author.

Born in Saint-Narcisse-de-Champlain, north east of Trois-Rivières, Quebec, the son of Hermyle Trudel and Antoinette Cossette, he received a B.A. in 1941 and a M.A. in 1945 from Université Laval.
, il convient de souligner le caractere largement coutumier de la pratique esctavagiste en Nouvelle-France. Ce faisant, l'esclavage sur ce territoire reste proche des normes edictees par le pouvoir royal francais dans d'autres colonies (A) et se rapproche, tant dans sa nature que dans ses fondements, de la pratique esclavagiste issue de la common law telle qu'appliquee dans les colonies nord-americaines (B).

A. L'ordonnancement normatif esclavagiste dans le systeme juridique francais

Au sein du systeme normatif francais, plusieurs outils sont venus organiser a la fois la traite mais aussi le statut juridique des esclaves, en se basant surces principes romanistes. L'ensemble de ce corpus se caracterise par un systeme juridique derogatoire du droit commun visant a une reglementation de la condition sociale de l'esclave. Ce dernier, travailleur non libre, generalement non remunere, est la propriete d'une autre personne, constitue un bien negociable dont le statut partage de nombreux elements relatifs aux biens meubles. Les textes adoptes par les puissances coloniales--francaise ou anglaise--seront elabores dans un souci officiel de reglementer la police administrative des colonies (36). Ce faisant, ils reprennent bon nombre de pratiques coutumieres, de revendications des proprietaires en cherchant a la fois a preciser les relations entre maitre et esclave et egalement a tenir compre des contingences de politique generale, comme des relations avec les nations amerindiennes (37).

Sous la mainmise des puissances europeennes, les colonies sont, pour une grande partie, organisees autour de l'exploitation forcee de la main d'oeuvre servile venue d'Afrique, l'introduction massive d'esclaves d'origine africaine assurant--aux yeux descolons et de l'administration--la viabilite economique des iles et des territoires dont les colons ne representaient parfois que 10% de la population (38).

La Nouvelle-France echappe largement a cette perspective (39), le rapport demographique etant d'une toute autre ampleur et les origines de la population servile etant fort differente. La population servile d'origine amerindienne n'a vraisemblablement jamais constitue plus de 5% de la population (40). De plus, comme l'a montre Marcel Trudel, la majorite des esclaves en Nouvelle-France puis dans la Province of Quebec etaient d'origine amerindienne, dans une proportion d'environ 64% (41). Au contact de cette realite differente des autres systemes coloniaux esclavagistes des XVIIe et XVIIIe siecle, il est naturel de se demander comment la norme s'est adaptee a ce contexte et a ses necessites?

1. Le contexte normatif religieux

Au moment de la constitution de la colonie, dans la premiere moitie du XVIe siecle, le pouvoir religieux avait d'ores et deja edicte deux bulles pontificales telles que la Sublimus Dei Sublimus Dei (also seen as Sublimus Deus and Sublimis Deus) is a papal bull promulgated by Pope Paul III on May 29, 1537, which forbids the enslavement of the indigenous peoples of the Americas (called Indians of the West and the South) and all other people.  (29 mal 1537) (42) et la bulle Veritas Ipsa (2 juin 1537) du Pape Paul III Paul III, 1468–1549, pope (1534–49), a Roman named Alessandro Farnese; successor of Clement VII. He was created cardinal by Alexander VI, and his influence increased steadily.  condamnant l'esclavage des amerindiens. Le Concile de Lyon (567-570) en son temps, avait deja interdit la reduction en esclavage d'un homme libre, cela sans effet (43). Encore au XVIIe siecle, une bulle papale de 1639 << menacait [...] d'excommunication toute personne s'adonnant au trafic des Indiens >>(44). On peut apprecier le peu d'impact d'une telle norme sur les coureurs des bois trafiquant des peaux et des esclaves avec leurs associes indiens. La doctrine des peres de l'Eglise--de Saint Augustin notamment--considerait qu'il etait du devoir DEVOIR. Duty. It is used in the statute of 2 Ric. II., c. 3, in the sense of duties or customs.  de l'Eglise de tenter de prevenir l'asservissement des individus dans l'Empire romain et de racheter ceux prisonniers des Barbares. Neanmoins, pour Augustin--reprenant l'enseignement de San Ambrogio, l'eveque de Milan--<< [l]a premiere cause de la servitude est donc le peche, qui assujettit un homme a un homme >> (45), ce qui est l'effet de la volonte divine qui ne peut etre injuste :
   "En verite, en verite, je vous le dis : quiconque commet le peche
   est esclave du peche [Jean 8 34]." O la miserable servitude! [...]
   On voit de temps en temps dos hommes chercher un refuge dans nos
   eglises ; d'habitude, nous les subissons comme des individus
   indisciplines [...]. Il arrive aussi quelquefois qu'un homme, ne
   libre, vienne se refugier a l'eglise pour se soustraire a une
   illegitime et insupportable servitude ; il y vient reclamer la
   protection de l'eveque (46).

La controverse de Valladolid, opposant Bartholome de Las Casas Las Ca·sas   , Bartolomé de Known as "Apostle of the Indies." 1474-1566.

Spanish missionary and historian who sought to abolish the oppression and enslavement of the native peoples in the Americas.
 a Sepulveda, posa la question de la liberte naturelle des hommes et notamment des amerindiens (47). La reflexion de Vitoria sur cette question a bien evidemment marque la question de l'esclavage des amerindiens, cela meme si l'esclavage amerindien a rapidement disparu dans les colonies espagnoles au profit de la traite negriere. La question de l'esclavage par nature, developpee par Aristote dans l'Ethique a Nicomaque, semble dans un premier temps constituer la realite juridique des amerindiens. Lorsque Vitoria pose la question de savoir si les indiens etaient << veritablement leurs maitres dans l'ordre prive et dans l'ordre public >>, il evoque les arguments tires d'Aristote, des Institutes et du Digeste etablissant que les esclaves n'ont pas de pouvoir sur les choses et que les indiens sont esclaves par nature. Rejetant le syllogisme voulant que s'il existe des hommes esclaves par nature, << ce sont bien les Indiens, qui en verite vé·ri·té  
Cinéma vérité.
 ne semblent pas tres eloignes des animaux sauvages et sont tout a fait incapables de commander >>, ne disposant donc << pas du pouvoir sur les choses >>, il affirme que << les Indiens etaient en possession paisible de leurs biens, tant a titre public que prive >> (48). Cette affirmation toutefois n'aura pas de consequences notables sur la pratique, le droit laissant la place libre a l'asservissement notamment dans l'hypothese de la guerre juste, c'est-a-dire fondee sur une juste cause. Comme l'evoquait deja Saint Thomas Saint Thomas, island, Virgin Islands
Saint Thomas, island (2000 pop. 51,181), 32 sq mi (83 sq km), one of the U.S. Virgin Islands, West Indies. Charlotte Amalie, the capital of the U.S. Virgin Islands, and the Univ. of the Virgin Islands are on Saint Thomas.
 le rapport maitre-esclave consiste en un droit de propriete qui reside dans le pouvoir de disposer d'une chose en vue d'une utilite personnelle (49) et il faut bien constater que globalement, la theologie et la philosophie, selon la formule de Louis Sala-Molins (50), ont choisi leur camp : celui de l'asservissement.

L'ordonnancement juridique francais se fit le reflet Re`flet´   

n. 1. Luster; special brilliancy of surface; - used esp. in ceramics to denote the peculiar metallic brilliancy seen in lustered pottery such as majolica; as, silver reflet 
 de l'ambiguite inherente a l'esclavage des esclaves chretiens, posant le principe de l'affranchissement automatique de tout esclave baptise bap´tise

v. t. 1. same as baptize.

Verb 1. baptise - administer baptism to; "The parents had the child baptized"
baptize, christen
 lors de son arrivee sur le sol metropolitain tout en constituant un ordre juridique de l'esclavage pour les colonies. Il faut souligner en outre ou·tré  
Highly unconventional; eccentric or bizarre: "outré and affected stage antics" Michael Heaton.
, comme l'a brillamment demontre Pierre H. Boulle, que la realite d'un affranchissement metropolitain est somme toute tres relative. Ainsi, en 1716, 1738 (51) puis en 1777, a la demande des colons, des edits prevoient que les esclaves pouvaient venir en metropole Met´ro`pole

n. 1. A metropolis.
 accompagnes et declares par leur maitre sans obtenir leur affranchissement (52). Plusieurs esclaves panis se rendront d'ailleurs en metropole sans etre liberes pour autant (53).

2. Panis, norme esclavagiste et Code noir The Code Noir (French language: The Black Code), was a decree passed by France's King Louis XIV in 1685. The Code Noir ordered all Jews out of France's colonies, forbade the exercise of any other religion, other than Roman Catholicism, restricted the activities of  

Les panis, dans une certaine mesure, echappent aux prejuges raciaux qui se developpent dans la deuxieme moitie du XVIIIe siecle dans l'Europe qui merite bien mal son adjectif des Lumieres a cette occasion. Buffon, dans sa celebre Histoire naturelle, generale et particuliere (1749-1788), vademecum scientifique des Lumieres, ne categorise pas les amerindiens a un rang bien avantageux (54), mais ils echappent aux extremes que constituent selon lui les Africains et les Lapons (55). Il est Inutile de rappeler les pages peu glorieuse de Voltaire sur les afficains ou les juifs (56). L'importance de la population mise en esclavage d'origine amerindienne en Nouvelle-France oppose les historiens. Frederic Regent, dans un recent ouvrage, releve 5% d'esclaves d'origine amerindienne pour ce qu'il appelle le Quebec, avec un certain anachronisme (57). Marcel Trudel evoque lui le chiffre Le Chiffre is a fictional character in Ian Fleming's James Bond novel Casino Royale. On screen Le Chiffre has been portrayed by Peter Lorre in the 1954 television adaptation of the novel for CBS's Climax!  bien connu de plus de 4200 esclaves pour l'ensemble du regime francais, dont la majorite d'esclaves amerindiens (58).

Toutefois, l'objectif est ici d'envisager specifiquement la question du rapport des esclaves amerindiens et descolons aux normes esclavagistes. Il faut bien le reconnaitre, de ce point de vue, les ouvrages de Marcel Trudel laissent le juriste perplexe. Il utilise tres largement l'idee du legalisme en tant que synonyme de l'existence de normes ecrites sanctionnees par le pouvoir positif. Paradoxalement, s'il se refere parfois a la notion de coutume, il semble qu'il ait une vision reductrice de ce qu'est la force juridique d'une norme coutumiere. Mettant l'accent sur la legalite, au sein de la norme ecrite, il occulte pour partie l'idee, tres forte dans les systemes juridiques anciens, que le droit peut etre constitue essentiellement, voire exclusivement, de normes coutumieres, meme si celles-ci ne sont pas ecrites ou sanctionnees par le pouvoir local (59). La legalite, pour ces periodes, ne peut se resoudre aux ordonnances edictees ou enregistrees au sein de la colonie. Les difficultes posees--au moment de la Conquete--par les normes--ordonnances ou edits--qui ne furent pas enregistrees par le Conseil Souverain de la Nouvelle-France et malgre tout appliquees dans la colonie sont bien connues par ailleurs (60).

La legalite positive, le droit enregistre par le Conseil Superieur, s'ecartait ainsi de la realite juridique de la colonie. Ainsi, en l'absence de Code Noir (61) a destination expresse de la Nouvelle-France et enregistre par le Conseil Souverain, il convient de dresser le portrait d'une norme coutumiere esclavagiste, s'appuyant pour partie sur certains actes des administrateurs locaux, mais egalement sur l'exemple donne par les normes esclavagistes des autres colonies de l'empire colonial francais ainsi que sur la pratique propre a la Nouvelle-France. Ici, la specificite de l'esclavage sur ce territoire, majoritairement marque par l'esclavage amerindien, fait unique dans le systeme colonial francais, explique vraisemblablement le refus du pouvoir d'edicter une norme esclavagiste a destination de la colonie. En effet, il etait difficile de s'appuyer d'une part essentiellement sur les nations amerindiennes pour maintenir la presence francaise sur le continent et d'autre part d' afficher une norme organisant l'esclavage des amerindiens, meme si les nations amerindiennes pratiquaient elles-memes ce trafic (62).

L'economie generale de l'edit royal de 1685 (63), appele communement le Code Noir, ne surprend pas. Il est marque d'une part par les revendications des proprietaires terriens et des necessites economiques et ideologiques du mercantilisme et d'autre part par le substrat tres important du droit romain qui a donne l'armature du texte. Il vise essentiellement l'esclavage des populations africaines, puisque seul ce type d'esclavage etait pratique par les colons dans les Antilles depuis le debut du XVIe siecle. (64) Il constitue le resultat d'une consultation du gouverneur general des iles d'Amerique, Blenac, sur la pratique esclavagiste coloniale (65), largement dans les mains, jusque-la, des conseils superieurs (66). L'edit de 1685 sera, tout au long des XVIIe et XVIIIe siecles, complete par divers instruments reglementaires et constituera un recueil d'arret embrassant l'ensemble des normes a visee esclavagistes (67). Ce texte organise le concubinage concubinage

Cohabitation of a man and a woman without the full sanctions of legal marriage. In the Judeo-Christian tradition, the term concubine has been generally applied exclusively to women; Western studies of non-Western societies use it to refer to partners who are
, le mariage et leurs effets civils sur les esclaves (art. 8-13), la reglementation des ailees et venues (art. 15-21), la nourriture et l'habillement des esclaves (art. 22-27). Ensuite sont poses les principes de l'incapacite de l'esclave a la propriete (art. 28 29), completee par une certaine incapacite juridique (art. 30-31). La pratique viendra toutefois attenuer quelque peu ces regles. Ainsi, l'esclave ne peut ni contracter, ni posseder, ni ester en justice, ni temoigner, ni etre pourvu d'une charge publique. De plus il n'a pas de personnalite civile et ne peut en principe etre poursuivi civilement, alors qu'il peut l'etre penalement (art. 31 et 32). Si l'esclave repond corporellement de ses acres, son maitre reste responsable financierement des dommages causes par son esclave, sous peine de confiscation confiscation

In law, the act of seizing property without compensation and submitting it to the public treasury. Illegal items such as narcotics or firearms, or profits from the sale of illegal items, may be confiscated by the police. Additionally, government action (e.g.
 selon l'article 37 de l'edit (68). Les rapports entre la justice et le maitre face aux esclaves sont organises par les articles 40 a 43, les premiers ayant le pouvoir de donner le fouet ou enchainer les seconds. Ils ne peuvent toutefois les mutiler, les tuer ou les torturer (69) Si l'esclave suit largement le regime des biens mobiliers et constitue une marchandise (art. 44-54), le maitre est neanmoins soumis a des obligations envers lui. Il se doit de le nourrir, de le vetir, de le soigner, d'entretenir les vieillards et les infirmes (art. 22-27). L'edit de 1685 vient enfin organiser l'affranchissement et ses consequences (art. 55-59). Le regime ainsi fixe place l'esclave dans un statut de bien meuble dont certaines caracteristiques le rapprochent neanmoins d'une personnalite juridique (70). L'article 2 pose ainsi le principe du bapteme obligatoire des esclaves et le code precise que ceux-ci devront etre declares et instruits. Le statut de l'esclave est pose comme etant celui d'un bien meuble (art. 44) qui peut etre saisi, vendu ou transmis, meme si certains elements d'une personnalite juridique apparaissent : l'esclave peut se marier (art. 10) mais uniquement avec le consentement du maitre (art. 9) qui ne peut obliger son esclave a une telle union contre sa volonte. La volonte de l'esclave est ainsi reconnue, mais tres partiellement.

L'adage partus sequitur ventrem Partus sequitur ventrem. The offspring follow the condition of the mother. This is the law in the case of slaves and animals; 1 Bouv. Inst. n. 167, 502; but with regard to freemen, children follow the condition of the father.  organise, par l'article 13, les unions mixtes et pose le principe de la transmission du statut maternel aux enfants nes d'une telle union. En raison notamment du rapport de force demographique tres defavorable aux colons dans les Antilles, un regime repressif tres strict est organise, etablissant notamment la peine de mort pour l'esclave qui frappe frappe  
n. Rhode Island & Southeastern Massachusetts
See milk shake. See Regional Note at milk shake.

[Alteration of frappé.]

Noun 1.
 son maitre (art. 35) et des peines telles que le fouet, la bastonnade, la mutilation Mutilation
See also Brutality, Cruelty.

Mutiny (See REBELLION.)


hacked to death; body pieces strewn about. [Gk. Myth.: Walsh Classical, 3]

Agatha, St.

had breasts cut off. [Christian Hagiog.
 voire la mort pour sanctionner les insultes, la fuite ou le vol (art. 33-38). Bien meuble, sujet de vente, saisie, partage entre heritiers ou immeuble, l'absence de proprietaire ne libere pas l'esclave, nele rend rend  
v. rent or rend·ed, rend·ing, rends
1. To tear or split apart or into pieces violently. See Synonyms at tear1.

 pas sui juris [Latin, Of his or her own right.]

Possessing full social and Civil Rights; not under any legal disability, or the power of another, or guardianship. Having the capacity to manage one's own affairs; not under legal disability to act for one's self.
 mais en fait une epave au sens juridique, objet d'occupation en conformite avec la pratique romaine (71).

La logique du Code de 1724 edicte par Louis XV Louis XV, king of France
Louis XV, 1710–74, king of France (1715–74), great-grandson and successor of King Louis XIV, son of Louis, titular duke of Burgundy, and Marie Adelaide of Savoy.
 se revele encore plus defavorable au statut des esclaves : les mariages mixtes sont interdits (art. 6) et les affranchissements encore plus difficiles (72). Cet edit, a destination de la Louisiane, accentue le statut juridique inferieur des esclaves et aura des consequences directes sur l'esclavage des panis, dont nombre d'entre eux proviennent de l'ouest du Mississipi. Il ne sera toutefois pas applique en tant que tel en Nouvelle-France.

Chaque colonie connait donc, en principe, sa propre legislation. Ainsi, en Martinique, est publie en 1767 un Code de la Martinique, compilation des differents arrets du Conseil superieur de la Martinique (73) alors qu' a la Guadeloupe est compose un Recueil des loix particulieres a la Guadeloupe visant la condition des esclaves (74). A ile Bourbon (l'ile de la Reunion La Reunion may refer to:
  • La Reunion (Dallas), a communal settlement near present-day Dallas, Texas
  • Réunion, an island in the Indian Ocean east of Madagascar
), ce fut en decembre 1723 que le ministre Phelyppeaux obtint de Louis XV un edit concernant l'esclavage des iles de << France et de Bourbon >>. Enregistre par le Conseil superieur de Bourbon lors de son inauguration en septembre 1724, il est fortement inspire de l'edit de 1685 malgre quelques singularites (75). Il sera largement complete au cours du siecle et prendra le nom de Code Jaune, ou de Code Delaleu, du nom de son principal compilateur (76) Bien evidemment, il faut relever que, dans la pratique, les regles defavorables aux maitres furent de maniere generale, bien peu appliquees. Apres l'edit de 1724, il y a peu d'evolution dans le statut general des esclaves. Il faut souligner essentiellement l'ordonnance du 15 juillet 1738 permettant, en modifiant l'article 30 de l'edit de 1685, aux esclaves de temoigner contre les blancs, a l'exception de leur propre maitre. (77).

L'absence de legislation esclavagiste a destination, a proprement parler, de la Nouvelle-France a renforce pendant longtemps l'idee d'une colonie sans esclaves. C'etait oublier que le pouvoir normatif des administrateurs coloniaux, intendants et gouverneurs, etait tres etendu. Dans les Antilles comme en Nouvelle-France, ceuxci participeront en effet largement a l'edification d'un corpus normatif esclavagiste. La legislation va evoluer vers un plus grand controle des esclaves mais aussi des agissements des maitres, en renforcant par exemple les sanctions a l'encontre des mauvais traitements. Les esclaves vont connaitre alors un regime tres encadre relativement a l'autonomie de mouvement, l'independance laborieuse ou la capacite d'affranchissement. Pour la Nouvelle-France, la pratique esclavagiste va, de long temps, preceder les rares textes legislatifs ayant trait a celle-ci, soit les textes de 1689 et de 1709.

Le corpus normatif codifie partiellement en 1685 constitue donc le socle so·cle  
1. A plain square block higher than a plinth, serving as a pedestal for sculpture, a vase, or a column.

2. A plain plinth supporting a wall.
 autour duquel les differentes legislations particulieres se developpent. Le statut de l'esclave est proche, dans ce cadre, de ce qu'il etait dans le droit romain et connait les memes caracteristiques que celui que connait l'esclave sous la common law : un bien meuble disposant de certaines caracteristiques de la personnalite juridique.

B. L'esclavage sous l'empire de la common law

Un phenomene identique a celui qui a occulte le fait esclavagiste en Nouvelle-France, en raison de son aspect coutumier, a contribue a ce que l'esclavage dans le systeme britannique soit considere comme illegal, du moins en Angleterre, car simplement organise par la common law et non par le statute law. Le regime juridique proche de celui adopte en France, connaitra des adaptations propres a chaque colonie britannique, la sortie du systeme esclavagiste se faisant graduellement a la fin du XVIIIe siecle.

1. Common law en Grande-Bretagne et dans les colonies

Les differentes colonies britanniques en Amerique vont toutefois eprouver le besoin d'adopter certains textes relatifs a l'esclavage, reprenant le plus souvent la pratique coutumiere developpee des les premiers temps de la colonisation et les exemples espagnols et portugais (78). Ainsi, en 1641 le Massachusetts fut la premiere colonie britannique a sanctionner une norme locale reconnaissant l'esclavage. Il fut suivi par le Connecticut en 1650, la Virginie en 1661 (79), le Maryland en 1663 et New York New York, state, United States
New York, Middle Atlantic state of the United States. It is bordered by Vermont, Massachusetts, Connecticut, and the Atlantic Ocean (E), New Jersey and Pennsylvania (S), Lakes Erie and Ontario and the Canadian province of
 et le New Jersey en 1664. Dans le meme temps, des nations amerindiennes semblent avoir developpe, des le XVIe siecle et notamment sur le territoire du Wisconsin, un trafic de captifs amerindiens pris au sein d'autres nations :
   During the constant wars of the Indians, several of the Wisconsin
   tribes were in the habit of making captives of the Pawnees, Osages,
   Missouries, and even of the distant Mandans, and these were
   consigned to servitude. I know that the Ottawas and Sauks made such
   captives ; but am not certain about the Menomonees, Chippewas,
   Pottawottamies, Foxes and Winnebagos. The Menomonees, with a few
   individual exceptions, did not engage in these distant forays. The
   Menomonees, and probably other tribes, had Pawnee slaves, which
   they obtained by purchase of the Ottawas, Sauks and others who
   captured them ; but I never knew the Menomonees to have any by
   capture, and but a few by purchase. [...] Of the fourteen whom I
   have personally known, six were males and eight females, and the
   most of them were captured while young. (80)

L'evolution normative des colonies britanniques depasse la simple affirmation de la << codification The collection and systematic arrangement, usually by subject, of the laws of a state or country, or the statutory provisions, rules, and regulations that govern a specific area or subject of law or practice.  >> locale de la pratique esclavagiste. Elle vient reaffirmer certaines regles, reprenant parfois la common law ou adaptant les regles esclavagistes au contexte colonial. EnVirginie, une loi est ainsi prise afin de confirmer que le bapteme ne libere pas l'esclave de sa condition, ce qui montre que la pratique coutumiere appelait une confirmation de la part du pouvoir local.
   An act declaring that baptisme of slaves doth not exempt them from

   WHEREAS some doubts have risen whether children that are slaves by
   birth, and by the charity and piety of their owners made pertakers
   of the blessed sacrament of baptisme, should by vertue of their
   baptisme be made ffree; h is enacted and declared by this grand
   assembly, and the authority thereof, that the conferring of baptisme
   doth not alter the condition of the person as to his bondage or
   ffreedome; that diverse masters, ffreed from this doubt, may more
   carefully endeavour the propagation of christianity by permitting
   children, though slaves, or those of greater growth if capable to
   be admitted to that sacrament (81).

Toutefois, comme l'explique Peter Kolchin, l'esclavage amerindien vit son developpement entrave dans les colonies britanniques, en raison des plaintes ales coloris envers l'attitude des Indiens, ces derniers considerant que les taches agricoles etaient le travail TRAVAIL. The act of child-bearing.
     2. A woman is said to be in her travail from the time the pains of child-bearing commence until her delivery. 5 Pick. 63; 6 Greenl. R. 460.
 des femmes. De plus, connaissant bien le pays, le risque ris·qué  
Suggestive of or bordering on indelicacy or impropriety.

[French, from past participle of risquer, to risk, from risque, risk; see risk.]

 de fuite etait eleve, comme en Nouvelle-France. Les colons preferent alors parfois la deportation des Indiens captures au combat plutot que l'asservissement sur place. (82) Si le Parlement britannique evoqua dans une dizaine d'actes la question de l'esclavage a la fin du XVIIIe siecle, cette matiere fut laissee a la common la.: La doctrine traditionnelle de common laws' interessait davantage a la condition d'homme libre et de vilain (83) qu'a celle des esclaves (84). Plusieurs causes vont venir determiner le regime de l'esclavage dont les causes Gelly Gel´ly   

n. 1. Jelly.

Noun 1. gelly - a type of dynamite in which the nitroglycerin is absorbed in a base of wood pulp and sodium or potassium nitrate
 c. Cleve en 1694 (85), Chamberlain v. Harvey en 1697 (86) et Smith v. Brown en 1702 (87) mais celles-ci concernent la traite negriere (88). Toutefois la question est posee de la reconnaissance par la common law de la traite esclavagiste. Curieusement, on trouve un adage similaire a celui qui voulait donner la liberte a tout esclave se rendant en metropole dans la common lau: Les cours ont varie, apparentant d'abord les esclaves au betail au motif qu'ils etaient infideles dans la cause Butts v. Peny en 1677 (89) ou une action fut accordee pour obtenir la restitution de 100 esclaves. La cour estima donc que l'esclavage etait legal en Grande-Bretagne. Mais Holt rejeta cette perspective dans l'arret Smith v. Gould en 1705-07 (90) et refusa egalement en 1702 la possibilite d'accorder un assumpsit assumpsit

(Latin: “he has undertaken”) In common law, an action to recover damages for breach of contract, especially an implied or quasi contract. It developed in early English law as a form of recovery for the negligent performance of an undertaking (e.g.
 sur la vente d'un esclave noir en Angleterre. Cela semblait affermir l'idee qu'un esclave penetrant pen·e·trant  
Penetrating; piercing: a penetrant wind from the north.

Something that penetrates or is capable of penetrating.
 sur le sol anglais devenait libre (91). Neanmoins on trouvait des esclaves sur les marches Les Marches is a commune situated south-east of Chambéry in the department of Savoie in the Rhône-Alpes region of France. See also
  • Communes of the Savoie department
 de Londres et Liverpool, cette derniere ville constituant la principale place esclavagiste en Angleterre, au meme titre que Bordeaux ou Nantes en France. Le developpement de la pratique esclavagiste dans la common law fut donc sujet a un certain nombre d'hesitations, la realite de la pratique en Grande-Bretagne ne se developpant qu'au XVIIIe siecle (92). L'idee relayee par Blackstone dans ses Commentaires, est que l'esclavage ne se pratique pas en Angleterre, en critiquant largement le droit romain au nom de la loi Au nom de la loi ("The Name of the Law") is a limited-run Quebecois téléroman series on Radio-Canada, seen from September 15, 2005 to November 17, 2005. The series ran for ten episodes, running 50 minutes each episode.  naturelle (93) :
   I have formerly observed that pure and proper slavery does not, nay
   cannot, subsist in England; such I mean, whereby ah absolute and
   unlimited power is given to the master over the life and fortune of
   the slave. And indeed it is repugnant to reason, and the principles
   of natural law, that such a state should subsist any where. [...]
   And now it is laid down, that a slave or negro, the instant he
   lands in England, becomes a freeman; that is, the law will protect
   him in the enjoyment of his person, his liberty, and his property

En 1729, certains proprietaires d'esclaves obtinrent une opinion officielle de Sir Philipp Yorke (attorney general) et Charles Talbot (solicitor general An officer of the U.S. Justice Department who represents the federal government in cases before the U.S. Supreme Court.

The solicitor general is charged with representing the Executive Branch of the U.S. government in cases before the U.S. Supreme Court.
) affirmant que le statut d'un esclave n'est pas modifie lorsqu'il se rend sur le territoire anglais, que le bapteme ne libere pas l'esclave et qu'un esclave peut etre reconduit de force dans les colonies. Cette opinion sera reprise re·prise  
1. Music
a. A repetition of a phrase or verse.

b. A return to an original theme.

2. A recurrence or resumption of an action.

 par Philipe Yorke, alors devenu Lord Chancellor lord chancellor
 also called Lord High Chancellor or Lord Keeper of the Great Seal

British official who is custodian of the great seal and a cabinet minister. Until the 14th century the chancellor served as royal chaplain and king's secretary.
 Hardwicke en 1749 (95). C'est cette question cruciale que Lord Mansfield' (96) aura a trancher dans la celebre affaire Somerset (97). La question de l'esclavage en Grande-Bretagne (98) est donc celle du transit et de la possibilite de renvoyer un esclave dans les colonies ou des outils legislatifs locaux permettent la traite negriere. Il y a un conflit latent entre les regles commerciales traditionnelles permettant l'esclavage et la logique de la liberte protegee pro·té·gée  
A woman or girl whose welfare, training, or career is promoted by an influential person.

[French, feminine of protégé, protégé; see protégé.]

Noun 1.
 par l'Habeas corpus (99). Dans Somerset (100), un writ de CURIA CLAUDENDA, WRIT DE, Eng. law. The name of a writ, used to compel a party to enclose his land. F. N. B. 297.

IDIOTA INQUIRENDO, WRIT DE. This is the name of an old writ which directs the sheriff to inquire whether a man be an idiot or not.
 l'habeas corpus est accorde, assurant la liberte de James Somerset, un esclave noir retenu a bord d'un navire arrive de Virginie et ancre dans la Tamise. Pris entre deux lobbies, celui des marchands qui veulent voir reconnaitre la qualite de l'investissement dans la traite negriere, et celui des defenseurs des esclaves, Lord Mansfield juge l'esclavage odieux, mais se garde de le declarer a proprement parler illegal. Sans reconnaitre que Somerset n'est plus esclave, il s'en tient a l'idee qu'il ne peut etre deporte contre sa volonte. La common law se garde donc bien de determiner si des contrats organisant la traite sont illegaux ou contraire a l'ordre public (101).

Enfin, concernant la force du bapteme en common law, qui posera des difficultes dans le contexte de la Nouvelle-France, il semble que le consensus ait ete assez fort pour rejeter tout impact et tout elargissement consecutif au bapteme des esclaves (102).

2. La marche vers l'abolition

Apres la Conquete de 1760, l'esclavage panis en Amerique du nord diminue largement, jusqu'a pratiquement disparaitre au tournant du siecle, vraisemblablement en raison de conditions economiques peu favorables. Le contexte s'avere par ailleurs en faveur d'un assouplissement, voire d'une abolition des normes permettant l'esclavage dans les colonies du nord du continent. La common law demeure la meme. C'est donc au droit statutaire qu'il appartenait de montrer la voie, l'evolution juridique prenant forme forme (form) pl. formes   [Fr.] form.

forme fruste  (froost) pl. formes frustes   an atypical, especially a mild or incomplete, form, as of a disease.
 d'abord dans l'empire colonial (103). A la frontiere canadienne, au Vermont, l'esclavage sera aboli des 1777 alors que depuis le milieu du XVIIIe siecle les colons quakers etablis en Nouvelle-Angleterre s'interdisent largement la possession d'esclave. Le Massachusetts (104) en 1781 et le New Hampshire New Hampshire, one of the New England states of the NE United States. It is bordered by Massachusetts (S), Vermont, with the Connecticut R. forming the boundary (W), the Canadian province of Quebec (NW), and Maine and a short strip of the Atlantic Ocean (E).  en 1783 suivront, le Connecticut et le Rhode Island Rhode Island, island, United States
Rhode Island, island, 15 mi (24 km) long and 5 mi (8 km) wide, S R.I., at the entrance to Narragansett Bay. It is the largest island in the state, with steep cliffs and excellent beaches.
 en 1784 (105) et le New Jersey en 1804. Le vent de liberte insuffle par l'independance americaine a favorise les mouvements abolitionnistes, tant du cote americain, comme le prouvent ces reformes, que du cote anglais, qui liberent les esclaves loyalistes qui vont s'implanter en grand nombre dans la colonie canadienne fidele a Albion (106). Toutefois, l'esclavage issu de la common law perdurera encore dans les Etats du sud de l'Amerique du nord, sans modification notoire de leur condition juridique (107).

En Grande-Bretagne, le depute de·pute  
tr.v. de·put·ed, de·put·ing, de·putes
1. To appoint or authorize as an agent or a representative.

2. To assign (authority or duties) to another; delegate.
 anglais William Wilberforce William Wilberforce (24 August 1759–29 July 1833) was an English politician, Member of Parliament for Yorkshire (1784–1812), a philanthropist, and evangelical Christian who, as a leading abolitionist headed the parliamentary campaign against the British slave trade,  fonde, en 1788, la societe pour l'abolition de la traite negriere, soutenu en cela par William Pitt Noun 1. William Pitt - English statesman and son of Pitt the Elder (1759-1806)
Pitt the Younger, Second Earl of Chatham, Pitt

2. William Pitt - English statesman who brought the Seven Years' War to an end (1708-1778)
. Il faut rappeler que les Lumieres furent bien partagees sur l'esclavage (108), qu'un juriste comme Montesquieu, par un effet pervers de la theorie des climats, theorisa l'idee aristotelicienne de la servitude naturelle (109) et que plus tot dans le siecle, John Locke developpa une pensee juridique ambigue sur cette question, cautionnant << a just slavery >> (110). Heureusement des mouvements abolitionnistes firent entendre leurs voix le siecle avancant, notamment dans le monde n. 1. The world; a globe as an ensign of royalty.
Le beau monde
fashionable society. See Beau monde.
Demi monde
See Demimonde.
 anglo-saxon (111) et cela malgre une forte opposition (112). Le 25 mars 1807, le Slave Trade slave trade

Capturing, selling, and buying of slaves. Slavery has existed throughout the world from ancient times, and trading in slaves has been equally universal. Slaves were taken from the Slavs and Iranians from antiquity to the 19th century, from the sub-Saharan
 Act recevait la sanction royale et prenait ainsi force de loi, marquant une etape vers l'abolition ulterieure de l'esclavage dans l'empire britannique :
   [B]e it therefore enacted by the King's most Excellent Majesty, by
   and with the advice and consent of the Lords Spiritual and
   Temporal, and Commons, in this present Parliament assembled, and by
   the Authority of the same, [t]hat from and after the First Day of
   Mar One thousand eight hundred and seven, the African slave trade
   and all and all manner of dealing and trading in the Purchase,
   Sale, Barter, or Transfer of Slaves, or of Persons intended to be
   sold, transferred, used, or dealt with as Slaves, practiced or
   carried on, in, at, to or from any part of the Coast or Cotmtries
   of Africa, shall be, and the same is hereby utterly abolished,
   prohibited, and declared to be unlawful [...] (113).

La loi prevoit une amende de 100 livres pour chaque esclave dont la vente contrevient a cet acte. Elle prohibe egalement la participation de tout sujet britannique a la traite negriere (114) ainsi que tout contrat ou assurance visant cette pratique. La formulation de l'acte vise donc essentiellement l'esclavage africain, et ne joue donc qu'un role symbolique au regard des esclaves panis. L'activisme continu d'un James Cropper CROPPER, contracts. One who, having no interest in the land, works it in consideration of receiving a portion of the crop for his labor. 2 Rawle, R. 12.  apportera ensuite une forte contribution a la lutte contre l'esclavage (115). En 1833, soit vingt-six ans plus tard, le British Imperial Act abolissait l'esclavage dans l'ensemble des colonies britanniques apres un long travail parlementaire (116), celui-ci etant aussi bien a destination des esclaves africains qu'amerindiens.

Bien avant que la loi de 1807 ne soit adoptee a l'echelle de l'empire, le lieutenant-gouverneur John Graves Simcoe a fait adopter, par l'assemblee legislative du Haut-Canada, en 1793, An Act to prevent the further introduction of Slaves, and to limit the term of contracts for servitude within this Province (117). Cette loi liberait les esclaves de vingt cinq Vingt Cinq is the capital of the Agalega Islands, two islands in the Indian Ocean, governed by Mauritius. It is located on the North Island. In the town, there is a church, a school, and a hospital.  ans ou plus et interdisait que d'autres esclaves soient emmenes au HautCanada. Le preambule est particulierement significatif des aspirations visees par cet acte : proteger la propriete tout en preservant les valeurs de la liberte.
   WHEREAS it is unjust that a people who enjoy freedom by law should
   encourage the introduction of Slaves; And whereas it is highly
   expedient to abolish Slavery in this Province, so far as the same
   may gradually be done without violating private property [...]

Maintenant les proprietaires d'esclaves dans leur possession, la disposition legislative prive d'effets les contrats visant a la traite et a l'introduction de nouveaux esclaves dans la colonie (119), oblige a l'enregistrement de toute nouvelle naissance d'enfant d'esclave, obligeant les maitres a pourvoir a leurs necessites jusqu'a l'age de vingt cinq ans, date a laquelle ils sont ipso facto [Latin, By the fact itself; by the mere fact.]

ipso facto (ip-soh-fact-toe) prep. Latin for "by the fact itself." An expression more popular with comedians imitating lawyers than with lawyers themselves.
 liberes (120). Il est egalement prevu d'accorder le recours de la justice, en la personne du juge de paix, afin de permettre aux esclaves ayant atteint vingt cinq ans de faire valoir leurs droits, ceux-ci obtenant alors << all the rights and privileges of free born subjeets >> :
   That in case any master or mistress shall detain any such child,
   born in their service as aforesaid, after the passing of this Act,
   under any pretence whatever, after such Servant shall have attained
   the age of twenty-five years, except by virtue of a contract of
   service or indentures, duly and voluntarily executed after such
   discharge as aforesaid, it shall and may be lawful for such Servant
   to apply for a discharge to any of His Majesty's Justices of the
   Peace [...] (121).

Enfin, l'acte de 1793 prevoit que les esclaves ainsi liberes beneficieront d'une certaine protection, confirmant bien que les esclaves sont passes du statut de biens meubles a celui de personnes juridiques, disposant de droits et de devoirs (122). Etablissant ainsi une zone d'affranchissement au nord du continent, cet acte va engendrer une forte migration d'esclaves fuyant les Etats-Unis et obtenant leur liberte a leur arrivee dans la Province du Haut-Canada. Ce sont toutefois alors essentiellement des esclaves d'origine africaine qui beneficient de ce qu'il est convenu d'appeler un chemin de fer chemin de fer (shəmăn` də fûr, Fr. shəmăN` də fĕr) [Fr.,=railroad], the most popular gambling card game in Europe.  clandestin (123). Concernant le Bas-Canada, les projets deposes--notamment par le depute et ancien notaire et avocat Pierre-Louis Panet For his son, a lawyer and chief road inspector, see Pierre-Louis Panet, fils.

Pierre-Louis Panet (August 1 1761 – December 2 1812) was a lawyer, notary, seigneur, judge and political figure in Lower Canada.
 (124)--afin d'abolir la pratique echouent devant la Chambre d'Assemblee de la Province du Bas-Canada (125), et c'est le juge en chef William Osgoode William Osgoode (March 1754 – January 17 1824) was the first Chief Justice of Ontario, Canada.

He was born William Osgood in London, England in 1754. He attended Christ Church College at Oxford and was called to the bar in 1779.
 qui se distingue dis·tin·gué  
Distinguished in appearance, manner, or bearing.

[French, past participle of distinguer, to distinguish, from Old French; see distinguish.]
 alors en refusant la poursuite d'esclaves en fuite en 1798, declarant declarant n. the person making a statement, usually written and signed by that person, under "penalty of perjury" pursuant to the laws of the state in which the statement, called a declaration, is made.  qu'il agissait sur le fondement de l'Habeas corpus (126). Toutefois, la encore, ce sont des esclaves noirs qui beneficient ou se prevalent de ces decisions, aucune decision ne semblant toucher les panis (127).


Concernant specifiquement la Nouvelle-France, le paradigme de l'esclave va connaitre une evolution singuliere en raison du contexte particulier de cette colonie et de la forte part des amerindiens parmi ces esclaves. La terminologie est d'abord floue. Inutile de gloser sur la difference connue entre le peuple amerindien des panis et l'usage du vocable dans les actes et les documents des colons. L'usage du terme panis est ainsi releve, mais aussi celui de sauvage, d'indien et plus rarement il existe une indication sur la nation proprement dite de l'esclave (128). Malgre l'absence de norme etatique a destination de la Nouvelle-France, l'esclavage panis va donc se developper a la fin des annees 1670. L'intendant Raudot intervient en 1709 afin d'affirmer la pratique dans la colonie sans toutefois en organiser le regime (A). C'est donc l'exemple des normes des autres colonies qui va nourrir la pratique. Malgre la faible proportion d'esclaves amerindiens dans la colonie, dans les centres urbains de Quebec et de Montreal les esclaves amerindiens jouent un role significatif. Ainsi, comme le rapporte Brett Rushforth, autour de la rue La Rue may refer to:
  • Places in the United States:
  • LaRue, Ohio
  • La Rue, Wisconsin
  • People
 Saint Paul Saint Paul, city (1990 pop. 272,235), state capital and seat of Ramsey co., E Minn., on bluffs along the Mississippi River, contiguous with Minneapolis, forming the Twin Cities metropolitan area; inc. 1854.  et de la place du marche a Montreal, coeur economique de la ville, pres de la moitie des colons qui y possedaient une maison en 1725 possedaient egalement des esclaves indiens (129). Cette realite demontre la necessite d'evaluer l'application des normes esclavagistes aux panis de la Nouvelle-France. Dans ce cadre, les grands principes juridiques gouvernant le corpus esclavagiste francais--mais aussi britannique--sont appliques dans leurs grandes lignes avec toutefois certaines adaptations mineures au contexte de la colonie (B).

A. Le statut juridique des esclaves panis dans la pratique

Malgre un fondement coutumier dans un premier temps, la pratique de l'esclavage panis s'est developpee des les annees 1690 a une echelle commerciale. Reprenant les points d'ancrage juridiques de la pratique esclavagiste dans les colonies francaises, l'esclavage amerindien se trouve etre singulier par les populations mises en servitude et la mixite entre population panis libre et esclave.

1. Fondement de la norme esclavagiste en Nouvelle-France

Pour le contexte particulier de la Nouvelle-France, l'ordonnance de l'intendant Raudot en 1709 constitue une affirmation de la pratique coloniale. Ce texte servira des lors de norme de reference dans la jurisprudence. Ce sera encore lecas lors de la capitulation CAPITULATION, war. The treaty which determines the conditions under which a fortified place is abandoned to the commanding officer of the army which besieges it.
 de Montreal, le gouverneur Vaudreuil-Cavagnial qui porte les demandes de capitulation, consacre l'article 47 specialement a l'esclavage :
   Les Negres et panis des deux Sexes resteront En leur qualite
   d'Esclaves, en la possession des francois et Canadiens a qui Ils
   appartiennent; Il leur Sera libre de les garder a leur Service dans
   la Colonie, ou de les Vendre, Et ils pourront aussi Continuer a les
   faire Elever dans la Religion Romaine (130).

Le general Amherst accede To consent or to agree, as to accede to another's point of view. To enter an office or to accept a position, as to accede to the presidency.  a cette demande, a l'exception de ceux qui ont ete faits prisonniers. A partir de cette date, les pratiques esclavagistes issues de la common law et de la pratique civiliste ont vocation a se meler. L'adoption de l'Acte de Quebec, reintroduisant dans l'ordonnancement juridique les regles relatives a la possession des biens meubles dans la tradition civiliste, s'applique bien evidemment aux esclaves ainsi qu'a leur statut. La proximite des regles esclavagistes issue de la common law et du droit civil explique largement qu'apres la Conquete, rien n'est veritablement modifie dans la pratique. Dans les fonds d'archives notariees figurent des actes de vente mais aussi d'emancipation par des britanniques. Ainsi, le notaire Francois-Dominique Rousseau cede un jeune esclave panis de treize ans, nomme Pontiac, a Christy Cramer, negociant de Montreal represente a l'acte par Guillaume Burns, negociant de Quebec (131). Au contraire, en 1766, on trouve un acte sous seing prive SOUS SEING PRIVE. An act sous seingprive, in Louisiana and by the French law, is an act or contract evidenced by writing under the private signature of the parties to it. The term is used in opposition to the authentic act, which is an agreement entered into in the presence of a notary or  qui declare l'emancipation de l'esclave panis Manette par John Askin John Askin (1739 – 1815) was a fur trader, merchant and official in Upper Canada.

He was born in Aughnacloy in Northern Ireland in 1739; his ancestors are believed to have originally lived in Scotland with the surname Erskine.
 (132). Si donc le passage de l'un a l'autre systeme juridique est de peu d'influence sur la condition des panis, il faut se demander quelle etait la realite de cette condition d'esclave?

Dans les premiers temps de la colonie, de jeunes amerindiens sont adoptes, par Champlain ou Chomedey de Maisonneuve par exemple. A partir de 1671, les habitants de la colonie commencent a acquerir des esclaves amerindiens, tout d'abord par don. Deux esclaves pouteoutamises sont ainsi acceptees par le Gouverneur Remy de Courcelle et placee aupres des soeurs de la Congregation (133). Toutefois, c'est a partir de 1687--soit deux ans apres l'ediction du Code Noir a destination des Antilles--que le flux d'esclaves amerindiens commence a se renforcer, chaque annee amenant son lot de nouveaux captifs (134), meme si les contingents restent numeriquement faibles. Il convient de remarquer que l'un des paradoxes de la Grande paix de Montreal de 1701 est d'intensifier la traite des populations amerindiennes du grand ouest, les allies de la France La France was a single that was released by Dutch popgroup BZN in 1986. It is about a man and woman who met and fell in love while in France.  se multipliant, et l'echange de captif constituant un fort symbole dans l'etablissement d'une collaboration apaisee (135). L'echange de captifs permet meme parfois de concilier l'ennemi anglais lorsqu'il intervient en contrepartie de colons britanniques captures par les nations amerindiennes (136). Si le roi autorise en 1689 l'importation, par les colons, d'esclaves venus d'Afrique (137), il faudra attendre 1709 pour que la premiere norme administrative vise l'esclavage amerindien. Encore une fois, soulignons que cela ne signifie pas qu'il n'existe pas de fondement juridique a l'esclavage amerindien, meme si une certaine confusion terminologique regne, mais simplement que la pratique esclavagiste est de nature coutumiere ou que la pratique fait fi des reticences du pouvoir royal a autoriser un tel esclavage. Dans le meme ordre d'idees, avant 1685, l'esclavage dans les Antilles existe bel et bien, mais n'est simplement pas edicte sous forme codifiee par le pouvoir en place (138). A partir des annees 1690, le nombre d'esclaves amerindiens va en augmentant dans les villes de Quebec et Montreal, notamment par le relais Le Relais is a ski mountain just 15 minutes from downtown Quebec City, Canada. It is the smallest of the four ski stations located near Quebec City with Mont Sainte-Anne, Stoneham and Le Massif.  des administrateurs des differents postes de traite de l'ouest (139).

La norme suit alors la pratique. Le 13 avril 1709, l'intendant Raudot pose une ordonnance or·don·nance  
The arrangement of elements in a literary or artistic composition or an architectural plan.

[French, variant of Old French ordenance, an arranging; see ordinance.]
 qui vient a la fois integrer dans l'ordonnancement juridique ecrit l'existence de l'esclavage amerindien et aussi reprendre les normes coutumieres appliquees dans la colonie. Il justifie cette ordonnance sur un fondement economique et oriente l'esclavage amerindien vers les panis :
   Avant une connoissance parfaite de l'avantage que cette colonie
   retirerait si on pouvoit y mettre, par des achas que les habitants
   en feroient, des sauvages qu'on nomme Panis, dont la nation est
   tres eloignee de ce pays et qu'on ne peut avoir que par les
   sauvages qui les vont prendre et les trafiquent le plus souvent
   avec les Anglais de la Caroline, et qui en ont quelques fois vendu
   aux gens de ce pays (140).

En consequence de quoi, il cautionne la possession d'esclaves et edicte une norme visant a garantir la propriete des maitres vis-a-vis de leurs esclaves et de ceux qui souhaiteraient les << debaucher >> :
   Nous, sous le bon plaisir de Sa Majeste, ordonnons que tous les
   panis et negres qui ont ete achetes et qui le seront dans la suite
   appartiendront en pleine propriete a ceux qui les ont achetes comme
   etant leurs esclaves; Faisons defense auxdits Panis et negres de
   quitter leurs maitres, et a qui que ce soit de les debaucher sous
   peine de cinquante livres d'amende (141).

C'est a la suite de cette ordonnance que l'on trouve instrumente les premiers actes de vente dans la colonie, sous la plume du notaire Adhemar (142). Le statut des esclaves panis se demarque alors de celui des esclaves d'origine africaine sur la question de l'exportation. Une ordonnance de l'intendant Raudot du 23 mars 1710 indique que << les panis ne peuvent etre reputes esclaves que tant qu'ils [...] demeurent [dans la colonie] et qu'ainsi il n'est pas permis de les transporter pour les trafiquer ailleurs >> (143). Il caracterise cette regle lors d'un differend opposant Francois-Marie Bouat a Mounier suite a la vente d'un esclave. Toutefois, il arrive que des amerindiens soient deportes et vendus aux Antilles, a l'instar de Marie-Marguerite Radisson dit DIT

 Duplessis, l'intendant Hocquart et le gouverneur La Galisonniere envisageant meme d'eriger cette procedure en systeme, afin d'eviter que les panis ne s'enfuient et ne rejoignent les territoires de l'ouest (144).

Au sein du vaste corpus juridique relatif aux panis et notamment de la centaine d'actes notaries, figurent bien evidemment les actes malheureusement traditionnels relatifs au statut juridique de l'esclave. De nombreux actes de vente concernent de jeunes panis. Ainsi, Francois Laroze, panis de nation, age de 16 ans, est vendu le 31 aout 1711 par Francois Lalumandiere dit Lafleur, caporal cap·o·ral  
A strong dark tobacco.

[French, short for (tabac de) caporal, corporal('s tobacco), from Italian caporale, from capo, head; see capo1.]
 de la compagnie de Monsieur de Marigny, a Pierre-Thomas Tharieux de Laperade, ecuyer, seigneur de SteAnne et lieutenant d'une compagnie des troupes du detachement de la Marine (145). De meme le panis Michel << d'environ 18 ou 19 ans >>, est vendu par Joseph Fleury de LaGorgandiere, bourgeois et marchand de la ville de Quebec a Francois Bissot et son associe Charles Jolliet d'Anticosty (146), ou encore le jeune Louis, panis de 15 ans, vendu le 13 aout 1753 par Louis Fleury Louis Fleury (1878–1926) was a French flautist, pupil of Paul Taffanel at the Paris Conservatoire. Claude Debussy dedicated the piece for solo flute Syrinx to him. Fleury was a pioneer in the rediscovery of many forgotten Baroque flute compositions, and in commissioning new  de LaGorgendiere grand voyer de laVille de Quebec a Jean Louis Jean Louis (born Jean Louis Berthauldt, October 5, 1907, Paris, France - April 20, 1997, Palm Springs, California, USA) was a U.S. costume designer and multiple Academy Award nominee in Costume Design.  Bouyries, commandant du navire << le Grand Cyrus >> (147).

2. La survivance d'une certaine capacite juridique

Si le vocable a un sens, toute la population << panis >> ne se trouve pas dans un etat de servitude. La particularite de te regime de servitude est de faire cohabiter une population amerindienne libre en grand nombre et une population amerindierme asservie. Il existe de nombreux actes d'engagement, comme serviteur ou en tant que voyageur voy·a·geur  
n. pl. voy·a·geurs
A woodsman, boatman, or guide employed by a fur company to transport goods and supplies between remote stations in Canada or the U.S. Northwest.
 par exemple, qui montrent l'implication des panis libres dans l'activite de la colonie. De meme, des acres d'acquisition de terres au profit des panis temoignent de leur souhait de s'implanter comme cultivateur dans la vallee du St Laurent (148).

Il faut relever que la servitude n'empeche pas un panis d'etre engage en qualite de voyageur. Mais il le fait alors pour le compre de son maitre qui generalement tire profit de la traite ainsi faite et alloue une somme d'argent a son << esclave >>. L'obligation juridique est toutefois peu determinee alors. Pese-t-elle sur le maitre ou sur l'esclave? Ainsi en 1756, Regis, esclave de Jean L'echelle, negociant de la ville de Montreal, est engage en tant que voyageur aupres de Rene de Couagne, negociant de la meme ville. Dans ces conditions, il faut qu'une grande confiance et une forte fidelite existent entre le maitre et son esclave (149). Neanmoins, le statut des esclaves panis ne se detache que ponctuellement de celui d'un bien meuble. Ainsi, un contrat de transport instrumente en juillet 1756 relate le transport de biens meubles et d'une esclave panise de 25 ans (150).

Devant les differentes institutions et les juridictions du pays, la realite de la condition des esclaves panis navigue entre bien meuble et capacite juridique entravee. L'intendant de justice, de police et de finance intervient ainsi, dans ses competences traditionnelles, afin de regler les litiges afferents aux esclaves panis dans les relations commerciales. Il ordonne ainsi le paiement d'un billet a terme concernant le prix de vente d'un esclave (151) ou il intervient dans la determination de la qualite d'esclave lorsque celle-ci est contestee (152).

Lorsqu'il s'agit de trancher un differend civil ou de mener une enquete criminelle, les esclaves panis retrouvent une certaine capacite juridique, en pouvant etre assigne a comparaitre (153), ou un proces criminel pouvant etre instruit contre un esclave panis et des voyageurs--dont son maitre--qui ont entrepris des voyages de traite sans autorisation (154).

Certains esclaves voient des affaires instruites pour vol, comme c'est le cas de Marie-Joachim, << esclave >> panise de la veuve Biron mais vraisemblablement affranchie en 1725 (155). Proche du vaudeville, cette affaire temoigme de la situation << grise >> de certains esclaves ou ex-esclaves panis, domestiques, disposant d'une forte liberte mais dont le statut exact est flou. Le plaignant, le marchand Julien Trottier DesRivieres, porte plainte contre sa servante Marie Joachim, 21 ans, qui s'est absentee de sa maison depuis quelques jours en emportant la clef clef, in music: see musical notation.

(French; “key” )

Musical notation symbol at the beginning of a staff to indicate the pitch of the notes on the staff.
 de son grenier ainsi que des pelleteries. Elle a alors remis la clef a la femme de Bertrand a qui elle a avoue avoir commis commis

Brit (of a waiter or chef) apprentice: the commis chef [French]
 des petits vols chez lui depuis assez longtemps. Trottier demande son arrestation et son interrogatoire. Marie Joachim avoue, une fois saisie par la justice, divers vols et dit avoir remis le tout a Jean-Baptiste Gouriou, 18 ans, avec qui elle devait se mettre en menage (156). Toutefois, suite aux denegations de ce dernier, consecutives a la perquisition au domicile de Gouriou et a son resultat infructueux, un nouvel interrogatoire de Marie Joachim a lieu. Elle revient alors sur ses aveux precedents, disant les avoir exprimes sous la pression et l'intimidation des epoux Trottier. Suite a la confrontation des deux accuses, il est decide l'elargissement conditionnel des accuses Jean-Baptiste Gouriou et Marie Joachim avec defense a cette derniere de resider dans la Juridiction de Montreal. Dans cette affaire, sa condition d'esclave qui est affirmee dans certains actes n'influe a aucun moment sur la procedure en elle-meme.

Certains esclaves semblent toutefois jouir d'une tres grande capacite juridique. Ainsi, Marcel Trudel nous relate, dans son Dictionnaire, l'histoire de la panis Catherine, esclave de Dame Marey de Lachauvignerie en 1737, placee par sa maitresse aupres du chirurgien Joseph Benoist (157). Ce dernier, retient, selon elle, indument ses hardes en gage d'une dette contractee par sa maitresse aupres de lui. Catherine engage alors une procedure devant la Juridiction royale de Montreal, fait sommer Benoist par huissier et gagne sa cause.

Un heureux exemple vient en outre demontrer qu'il est possible aux esclaves panis de regagner leurs libertes et meme une certaine prosperite. Ainsi, Skaianis fut capture enfant par les allies indiens et vendu en 1696 a Andre Rapin dit Lamusette (158). En 1699, alors age de 18 ans, son maitre decede et l'affranchit par testament pour les services qu'il a rendus a la famille (159). Il prend le nom de son maitre et se denomme alors Andre Rapin dit Skaianis, reprenant inconsciemment les traditions romaines. Exploitant une petite terre (160), il epouse une veuve, Anne Gourdon, voisine et amie de la famille Rapin. Il est qualifie dans les actes de fils adoptif de Rapin. Apres la mort de sa premiere epouse (161), il fait de la traite (162) pour le compte d'un negociant et d'un marcham d'esclaves, defend ses interets en justice tant professionnellement (163) que familialement et finit par epouser une nouvelle veuve a Lachine en avril 1706 (164).

B. Devenir, rester et cesser d'etre esclave

L'esclavage est un statut hereditaire, qui se transmet par la mere et dont il est possible de sortir par l'affranchissement. Toutefois, la preuve de la liberte est difficile, et une certaine ambiguite regne entre adoption, affranchissement, et le simple statut d'homme libre de jure appartenant a tout indien.

1. L'adage partus sequitur ventrem

Concernant le devenir des enfants d'esclaves, la pratique du Code Noir semble avoir ete largement suivie en Nouvelle-France: un fils ou une filie nee de mere esclave suit le statut de sa mere, meme si le pere est un homme libre. Toutefois, la encore, la situation des femmes panis et des unions avec des maitres ou des hommes libres est tout en nuances. La Nouvelle-France n'a pas connu une aussi forte reprobation sociale de l'union entre maitre et esclave que connaissait la Louisiane ou encore les Antilles, les exemples d'union entre blancs et femmes panis, esclaves ou non, etant plus frequents. Certains maitres voient leurs esclaves << subordonnees >> par des hommes libres ou d'autres esclaves, la sexualite ou les unions des esclaves etant etroitement surveillee et soumise juridiquement au consentement du maitre. Ce sont toutefois les consequences materielles ou morales des grossesses qui sont en jeux le plus souvent. Ainsi Marie, une esclave panise de Pierre Larrive de Boucherville, engage une procedure criminelle devant la Juridiction de Montreal contre Jean-Baptiste Maillot, habitant le fort de Boucherville, accuse de << l'avoir mise grosse >>. Celle-ci, enceinte ENCEINTE, med. jur. A French word, which signifies pregnant.
     2. When a woman is pregnant, and is convicted of a capital crime, she cannot lawfully be punished till after her delivery.
 de cinq mois, semble dans une facheuse posture. Dans le cadre de la procedure, Marie-Anne Pavet, epouse de Pierre Larrive, promet de veiller sur l'enfant et de le faire baptiser alors qu'ordre est donne a Marie de conserver son fruit (165).

C'est parfois l'entretien de l'enfant qui pose difficulte, mais uniquement lorsque le pere est un esclave et la mere est libre, puisque dans l'hypothese inverse, le proprietaire de l'esclave enceinte conserverait son fruit dans son << patrimoine mobilier >>. Ainsi, le proces entre Clement de Sabrevois de Bleury, et Antoine Menard, engage afin d'obtenir le paiement des frais d'entretien d'un enfant ne de Charles Menard ou Argencourt, cet esclave appartenant a ce dernier. La poursuite vise au paiement des frais de couche, de nourrice et pour l'entretien d'un enfant ne du commerce charnel char·nel  
A repository for the bones or bodies of the dead; a charnel house.

Resembling, suggesting, or suitable for receiving the dead.
 que l'esclave a eu avec Charlotte Rondeau rondeau

One of several formes fixes (fixed forms) in French lyric poetry and song of the 14th–15th century, later popular with many English poets. The rondeau has only two rhymes (allowing no repetition of rhyme words) and consists of 13 or 15 lines of 8 or 10
, la servante de Sabrevois (166).

Les fonds de la Juridiction royale de Montreal rapportent une autre histoire qui a anime la chronique Montrealaise (167). Guillaume de Lorimier de La Riviere ri·vière  
A necklace of precious stones, generally set in one strand.

[French rivière (de diamants), river (of diamonds), from Old French rivere, from Vulgar Latin
, capitaine des troupes coloniales s'installe a Lachine en 1696 et acquiert un jeune esclave panis appele Joseph. Celui-ci travaille dans les champs et << s'acoquine >> avec Marie-Anne Winder dit l'anglaise, une captive britannique capturee en 1703 que de Lorimier emploie comme servante. La nature etant ainsi faite, Marie-Anne tombe enceinte en 1708 des oeuvres de Joseph. Guillaume de Lorimier leur permet de se marier et de s'installer sur une terre proche, et vraisemblablement affranchit Joseph car par la suite personne ne fera plus valoir son statut d'esclave. Il prend alors le nom de Riberville. Pour autant, il reste amerindien et cela semble poser quelques difficultes a Marie-Anne. En 1716, elle le quitte et mene une vie << scandaleuse >> avec un voisin francais. Joseph les decouvre ensemble et les attaque a coup de hache. Le couple se retrouve dans les geoles de la Juridiction royale de Montreal, et Marie-Anne tente de justifier son infidelite car elle meritait mieux qu'un << sauvage >> comme mari (168). Ainsi, la liberte une fois acquise, il faut bien souvent pour l'ex-esclave encore vivre avec les prejuges vehicules par la servitude, la liberte juridique trouvant difficilement une concretisation sociale.

2. La difficile preuve de la liberte

Bien evidemment la question de l'affranchissement ou de l'emancipation apparait dans les actes. Ces derniers sont parfois motives par des considerations humanitaires. Toutefois, la mauvaise sante d'un esclave ne suffit pas toujours pour inciter le maitre a l'affranchissement. Ainsi, le panis Joseph, esclave arrete avec son maitre Francois Lamoureux lors d'une tentative de traite illegale, voit son << elargissement >> des geoles requis par son maitre. Sa condition d'esclave (169) est rappelee dans la sentence du 6 mai 1712 et dans celle rendue par le Conseil superieur le 21 octobre 1715 (170). Toutefois, a son deces en juin 1717, il semble appartenir toujours a son maitre (171).

La notion de << sauvage naturalise >> pose le difficile probleme du passage de la servitude a la liberte ou de la preuve de la liberte et de la fin de la servitude. Cette situation s'avere particulierement importante en Nouvelle-France car la majorite des amerindiens sont libres et il est plus difficile de caracteriser la servitude des uns et la liberte des autres. A contrario, dans les Antilles par exemple et pour l'esclavage issu d'Afrique, le principe est la situation de servitude dans les autres contextes coloniaux. Il est bien souvent difficile de determiner dans les actes, sauf mention expresse, la situation de servitude, et cela d'autant que certains esclaves peuvent agir, contracter dans une situation proche de la capacite juridique ou du moins en apparence comme c'est le cas pour les engagements de voyageurs. Les rapports entre libres et esclaves panis font souvent davantage penser a des rapports d'adoption qu'a des liens de servitude (172). Afin d'eviter cette confusion, une ordonnance de l'intendant Hocquart de 1736 exige que l'affranchissement se fasse devant notaire.

La question juridique posee par les amerindiens naturalises francais est une expression singuliere de la question des lettres de naturalite, qui faisait, dans le royaume de France, d'un etranger un sujet du roi. Certains britanniques installes dans la colonie beneficierent d'ailleurs de ces lettres (173). Dans cette acquisition de la << nationalite >> francaise, la religion prend une forte place. C'est bien souvent par le bapteme et l'acquisition des lettres que la naturalisation se produit.

Un article de la Compagnie des Cents associes prevoyait qu'un amerindien baptise devenait << naturel francais >>. Pouvait-on en deduire que tout amerindien baptise est sujet du roi de France et libre? Malheureusement non. La preuve de la liberte s'avere difficile a rapporter, le fait d'echapper a sa condition necessitant une preuve d'affranchissement sans faille (174). Il en est ainsi dans une affaire civile soumise a la Prevote de Quebec qui oppose Marguerite Duplessis Radisson contre Marc-Antoine Huard de Dormicourt. Celle-ci conteste dans un premier temps sa condition d'esclave devant l'intendant (175), et se dit filie naturelle de feu feu

Scots Law a right to the use of land in return for a fixed annual payment ([feu duty]) [Old French]
 Duplessis Faber, frere d'un capitaine d'une compagnie de troupe de marine, residant a Montreal (176). Cette action est intentee par Marguerite representee par les notaires Imbert et Pinguet. L'affaire est portee devant le Conseil Superieur. Plusieurs voyageurs sont entendus (177) afin de determiner le statut de la jeune fille. Marguerite indique que Dormicourt << s'etant imagine sans raison que la suppliante etait son esclave, la retient sans raison dans les fers >> (178) alors que celui-ci souhaite la vendre dans les Antilles (179). Elle ajoute :
   Il est cependant certain que, quoique la suppliante n'ait pas
   l'avantage d'etre le fruit d'un mariage legitime, elle n'est pas
   nee d'une esclave et par consequent elle est nee libre. Cependant
   on lui conteste son etat dans les temps meme qu'est sur les terres
   de l'obeissance de sa majeste, qui sous un pays de liberte pour
   tous ceux qui, comme la suppliante, font profession de la religion
   catholique, apostolique et romaine, son esclavage cesserait par la
   raison qu'elle serait par la devenue sujette du roi. Mais non
   seulement on pretend que la suppliante est esclave, [mais] le sieur
   Dormicourt juge lui-meme la contestation en resserrant la
   suppliante dans une etroite prison, et comme la liberte est aussi
   naturelle [elle] doit etre encore accordee provisionnellement
   [provisoirement?] a ceux dont l'esclavage n'est pas prouve (180).

Dormicourt, quant a lui, se plaint PLAINT, Eng. law. The exhibiting of any action, real or personal, in writing; the party making his plaint is called the plaintiff.  du << libertinage lib·er·tin·age  
 >> de son esclave et de la subordination qu'y en a ete faite. Il releve que << porter le nom de Duplessis ne prouve rien, il est ordinaire en ce pays de voir les esclaves porter le nom de leurs maitres quoiqu'il n'y ait ni paternite ni filiation fil·i·a·tion  
a. The condition or fact of being the child of a certain parent.

b. Law Judicial determination of paternity.

2. A line of descent; derivation.

 entre eux >> (181). Il souligne qu'il faut, pour etablir la filiation naturelle, que le pere ait reconnu l'enfant, sinon ce dernier est de pere De Pere (dĭ pēr), city (1990 pop. 16,569), Brown co., E central Wis., on the Fox River; inc. 1857; De Pere and West De Pere consolidated 1890.  inconnu inconnu

Canad a whitefish of Arctic waters [French, literally: unknown]
 : << il n'y a point de preuve a ce sujet parce qu'il n'y a personne qui se puisse dite temoin d'un tel fait. On ne peut prouver telle filiation que par l'aveu du pere ou par l'extrait de Bapteme >> (182). Il releve la qualite de panis et d'esclave de la mere de Marguerite, il estime que la reconnaissance par le pere de sa fille esclave ne lui donnerait pas la liberte et revendique en l'espece l'application aux amerindiens des regles relatives aux esclaves noirs :
   Cela ne lui donnerait pas la liberte, [comme] cela suit le cas pour
   les noirs, un enfant qui sort d'une mere esclave et qui a un pere
   francais est reconnu esclave, tel est la loi qu'on suit en
   l'espece. La meme loi doit subsister en te pays, pour les sauvages
   esclaves il n'y a que le roi qui puisse se prononcer a ce sujet
   pour en faire defense. Si l'on faisait quelque changement de la
   sorte, ce serait bien du trouble et du desordre en ce pays (183).

La pratique esclavagiste en Nouvelle-France semble donc user de la pratique antillaise comme referant. Dormicourt reproche a des gens d Eglise d'avoir developpe chez Marguerite ces aspirations a la liberte (184). Souhaitant vendre celle-ci aux iles, il s'etonne de la protection dont elle jouit aupres de la gens ecclesiastique (185). Toutefois, en l'espece, le statut anterieur d'esclave de Marguerite ne faisait pas ou peu de doute (186) et juridiquement, ses arguments, en l'absence de preuve d'affranchissement ne pouvaient trouver une conclusion positive pour elle. Une affaire similaire avait deja ete soumise en 1733 dans le cadre d'un differend entre Philippe You d'Youville de Ladecouverte et le capitaine Daniel Migeon de Lagauchetiere. Le litige porte sur Pierre Le Patoca, un panis baptise a Montreal et appartenant a Ladecouverte. Migeon (187) fait saisir le panis, le lieutenant general civil et criminel de Montreal, Pierre Raimbault, approuvant la saisie et ordonnant la vente de l'esclave afin de payer la dette de You d'Youville. Ici, c'etait l'ancien proprietaire qui demande << qu'on declare nulle et injurieuse a la religion la vente du sauvage en question faite contre les bonnes moeurs, etant un Chretien >>, mettant en cause le lieutenant civil pour << avoir ordonne la vente d'un Chretien au marche ou il a ete vendu comme le sont les animaux >> (188). Aspirations humanistes tardives ou exploitation du droit et de la procedure afin d'echapper a la saisie, l'attitude de You d'Youville semble pour le moins ambigue (189). Le Conseil Superieur, devant qui l'affaire est portee, renvoie les parties devant l'intendant Hocquart qui estime la saisie valable en se fondant fon·dant  
1. A sweet creamy sugar paste used in candies and icings.

2. A candy containing this paste.

[French, from present participle of fondre, to melt
 sur l'ordonnance de 1709 qu'il venait de republier (190). Marguerite est alors vendue. L'intendant sollicite toutefois l'avis du roi concernant l'esclavage des amerindiens baptises, en evoquant l'affaire dans la correspondance officielle. La reponse de Versailles consiste en l'approbation de la decision judiciaire mais dans le refus << de faire aucun reglement sur l'etat de cette Nation et des autres avec lesquelles les francais ne sont point en commerce ou sont en guerre, mais [sa Majeste] veut qu'on se conforme a l'usage qui s'est toujours pratique a cet egard en Canada >> (191).

Si c'est l'usage qui doit primer, encore faut-il determiner quel est-il en l'espece? L'exemple du Code noir peut jouer, ou le bapteme constitue le principe mais ne libere pas l'esclave. Toutefois il visait essentiellement des populations d'origines africaines. En se referant a l'usage du terme << sauvage naturalise >> dans les actes notaries, le doute perdure. Ainsi, un engagement de voyageur en date du 17 mai 1737, instrumente par le notaire montrealais Francois Lepailleur de Laferte, mentionne que Jean-Baptiste Lefort s'engage a se rendre en Outaouais pour le compte de Jean-Baptiste Bernard. La condition de Lefort est indiquee : il est << sauvage naturalise >>. Il est donc capable de s'engager juridiquement, ce qui laisse entendre que la notion de sauvage naturalise indique sa condition juridique d'homme libre (192). Il est parfois fait mention de la qualite de panis et d'homme libre, afin d'effacer tout doute, comme c'est le cas de Simon Davis For the American mathematician, see .

Simon Peter Davis (born November 8, 1959, Brighton, Victoria) is a former Australian cricketer who played in one Test match and 39 ODIs from 1986 to 1988.
 ou Pierre Langy lorsqu'ils s'engagent en qualite respectivement de milieu (193) et de devant (194) de bateau ba·teau also bat·teau  
n. pl. ba·teaux Nautical
1. Canada & New England A long, light, flatbottom boat with a sharply pointed bow and stern.

 aupres de Chapman Abraham & compagnie. De la meme maniere, dans un acte du 3 juillet 1697, un engagement de Charles Taquerisay envers Louis Bosse, de la seigneurie de Vincelot, indique que le premier est << panis de nation, naturalise francais et ne sait l'age qu'il peut avoir >> (195). Toutefois, tous les esclavages ne menent pas a une liberte contestee. Certains esclaves obtiennent leur liberte, meme si cela ne les conduit pas forcement sur la voie de la prosperite, ainsi que nous l'avons vu avec Skaianis. En 1696 par exemple, un indien est acquis au poste de Michillimakinac par Pierre Hubert dit Lacroix (196). Il obtient cet esclave des mains d'un voyageur, Ignace Durand qui l'avait lui-meme recu comme cadeau de voyageurs ottawas. Apres avoir utilise cet esclave, denomme Pierre, pendant cinq ans, il l'affranchit et l'emploie comine serviteur (197) pendant sept ans. Par contrat, il lui accorde cinq livres par mois, un fusil fu·sil  
A light flintlock musket.

[French, steel in a flintlock, firearm, from Old French fuisil, steel for a tinderbox, from Vulgar Latin
 et de l'equipement, s'assurant ainsi un voyageur a un prix derisoire (198), un engage pour la traite de l'Ouest pouvant gagner 350 livres par an en plus des provisions et equipements (199).


Malgre ces amenagements, un asservissement general des populations panis est pourtant evoque en 1731 puis 1749. L'initiative de te projet est le fait du President du conseil de marine dans des courriers adresses a Beauharnois et Hocquart. Il considere que << les sauvages seraient devenus plus utiles si on les avaient asservis peu a peu >>, mais il reconnait lui-meme que << la question est tres difficile >> (200) et necessite une reflexion et les conseils des deux administrateurs. Lemoyne de Bienville avait deja, en 1706 et 1708, propose un systeme d'asservissement et d'exportation des amerindiens vers les Antilles (201). M. de la Galissoniere soumet en 1747 puis 1749 des propositions dont les inconvenients pratiques transparaissent dans l'evaluation faite par Versailles. Le President du Conseil de Marine soumet a de la Jonquiere et Bigot le projet, en soulignant toutefois l'opposition de principe de la metropole. Pour la Galissoniere, par ailleurs tres hostile aux mariages entre Indiens et Francais (202), les << esclaves sauvages >> qu'on conduit dans la colonie << apres avoir ete eleves chez les officiers et les habitants, prennent generalement le parti de les quitter quit·ter  
One who gives up easily.

Noun 1. quitter - a person who gives up too easily
individual, mortal, person, somebody, someone, soul - a human being; "there was too much for one person to do"
 a un certain age et redeviennent Sauvages >> (203). Ces anciens esclaves, revenus a la liberte sont consideres par la Galissoniere d'autant plus dangereux << que, par les connaissances qu'ils ont acquises du pays, ils sont plus a portee que les autres d'y faire des incursions >>. De plus, selon le marin Le Marin is a commune of the Martinique département d'outre-mer of France. Points of interest
In Le Marin there is Eglise du Marin,an old church built in 1766. It contains a marble altar and some figurettes worth seeing.
 francais, << l'usage ou l'on est d'avoir de cette sorte d'esclaves, detourne les blancs de se faire domestiques >>. Les solutions proposees pour pallier ces defauts montrent le cote sombre som·bre  
adj. Chiefly British
Variant of somber.

sombre or US somber

1. serious, sad, or gloomy: a sombre message

 de la << gestion administrative >> des populations amerindiennes : il << conviendrait de regler qu'on ne pourrait en garder qui fussent au-dessus de 16 ou 17 ans, et de defendre de donner la liberte a aucun esclave de cette espece >>. Cet abandon de l'affranchissement parait une mesure particulierement drastique a l'egard des panis. De plus, la Galissoniere preconise qu'on achete alors aupres <<des Sauvages des enfants a bon marche, lesquels, apres avoir ete instruits dans la religion, avoir appris a servir ou s'etre meme instruits de quelque metier, pourraient etre vendus aux Iles d'Amerique >> (204). La mise en place d'une sorte de nouveau commerce triangulaire, le Canada faisant office de centre de << formation et d'asservissement >> des populations autochtones a destination des Antilles, les profits allant dans les coffres de la metropole, montre que l'esclavage panis est une question d'importance pour les administrateurs coloniaux, ou les fins justifient largement les moyens. La principale objection a ce projet est, selon Versailles, l'effet que cette expatriation << produirait sur les nations de la colonie >> (205). C'est donc une question de politique generale vis-a-vis des nations amerindiennes qui est le principal obstacle a ce plan d'asservissement. On est surpris des orientations d'un tel projet sous la plume d'un homme qui, par ailleurs, semble avoir ceuvrer pour le mieux lors de ses fonctions en Nouvelle-France, favorisant les rapports avec les nations indiennes, le commerce et le developpement general de la colonie (206). Toutefois, ce projet montre bien la particularite intrinseque de l'esclavage panis dans l'histoire de l'esclavage.

In fine, la reticence du pouvoir a organiser symboliquement l'esclavage amerindien, afin de ne pas froisser ses allies, fait place neanmoins a une acceptation juridique du phenomene par l'ordonnance de l'intendant Raudot en 1709 dans l'objectif de s'adapter a la pratique et a l'economie quasi << souterraine >> pratiquee dans les postes de traite. Singulierement, la paix de Montreal et la necessite de maintenir un reseau ré·seau or re·seau  
n. pl. réseaus or réseaux
1. A net or mesh foundation for lace.

2. Astronomy
 d'alliance fort engage le pouvoir politique a favoriser a partir de cette date un trafic synonyme de profit et de renforcement symbolique des alliances (207). Ainsi, lorsque Versailles demande en 1707, a Vaudreuil de renforcer l'alliance avec les Abenakis, celui-ci ordonne immediatement a Jean-Paul Legardeur de St Pierre (208) d'acheter un jeune panis afin de le donner aux Abenakis en symbole d'amitie (209). Si comme le soulignait deja Francisco de Vitoria dans sa Lecon sur les indiens, << les Indiens ne sont pas soumis au droit humain ou positif ; leurs affaires ne doivent pas etre examinees en fonction des lois humaines, mais des lois divines ou naturelles, dans lesquelles les juristes ne sont pas assez experts pour pouvoir, d'eux-memes, resoudre ces questions >> (210), on aurait pu esperer que la pratique vienne rejeter l'asservissement de ces populations, pour de simples raisons de cohabitation. Malheureusement, la pression economique et la propension des hommes a choisir la solution la plus profitable, au mepris des valeurs fondamentales, a conduit le droit a avaliser ce phenomene. Si Vitoria preconisait le recours a l'Eglise, puisque ces interrogations appartenaient au << for de la conscience >> pour repondre a ces questions, il faut regretter que la conscience des hommes n'ait pas apprehende la situation juridique des premieres nations plus tot, laissant trop longtemps perdurer un statut juridique avilissant.

Il nous semble donc clairement que la pratique juridique precede et se poursuit apres ce qui est qualifie de legalisation n. 1. the act of legalizing; same as legalization.

Noun 1. legalisation - the act of making lawful
legalization, legitimation

group action - action taken by a group of people
 de l'esclavage panis (211). Le developpement de la pratique est davantage du a l'essor des relations avec les nations amerindiennes qu'a une sortie de l'illegalite de la pratique. Il convient de souligner de plus que la lente diminution de la pratique a la fin du XVIIIe siecle est motivee par des raisons materielles, economiques et geopolitiques sans que le droit abolisse la pratique, du moins pour le Bas-Canada jusqu'en 1833. A l'inverse, une fois la norme esclavagiste disparue de l'ordonnancement juridique, la societe a conserve, jusqu'a nos jours serions-nous tente de dire, de solides prejuges ou des refoulements inconscients contre lesquels le droit ne parvient pas toujours a lutter.

(1.) L'Honorable Jason Kenney, Allocution The formal inquiry by a judge of an accused person, convicted of a crime, as to whether the person has any legal cause to show why judgment should not be pronounced against him or her or as to whether the person has anything to say to the court before being sentenced.  d'ouverture, Lancement du Mois de l'histoire des Noirs, Colline du Parlement, 7 fevrier 2008 [non publie].Transcription disponible en ligne : Ministere du Patrimoine canadien < kenney/2008-02-07_f.cfm>.

(2.) Sur la perte de la souverainete des populations autochtones, voir l'ouvrage de reference de Michel Morin, L'usurpation de la souveramete autochtone: le cas des peuples de la Nouvelle France et des colonies anglaises de l'Amerique du Nord, Montreal, Boreal bo·re·al  
1. Of or relating to the north; northern.

2. Of or concerning the north wind.

3. Boreal
, 1997 [Morin, L'usurpation] ; voir egalement, pour le contexte etatsunien, l'ouvrage de William Brandon
For the American author and historian see William Brandon. For the former Governor of Alabama, see William W. Brandon

Sir William Brandon (1426 – August 22, 1485) was Henry Tudor's standard-bearer at the Battle of Bosworth, and the father of
, The Rise and Fall of North American North American

named after North America.

North American blastomycosis
see North American blastomycosis.

North American cattle tick
see boophilusannulatus.
 Indians : From Prehistory prehistory, period of human evolution before writing was invented and records kept. The term was coined by Daniel Wilson in 1851. It is followed by protohistory, the period for which we have some records but must still rely largely on archaeological evidence to  through Geronimo. Lanham (MD),Taylor Trade, 2003 et Charles Gibson
This article refers to the TV journalist. For other people with the same name, see Charles Gibson (disambiguation).

Charles "Charlie" Dewolf Gibson
, <<Conquest, Capitulation and Indian Treaties>> (1978) 83 American Historical Review 1.

(3.) Sur la perspective tradionnelle de l'esclavage, voir J. Viger et L.-H. Lafontaine, De l'esclavage en Canada, Montreal, La societe historique de Montreal, 1859 ;T. Watson Smith, <<The Slave in Canada >>, (1896-98) 10 Collections of the Nova Scotia Historical Society 1 ; Francois-Xavier Garneau, Histoire du Canada depuis sa decouverte jusqua nos jours, vol. 1, 2e ed., Quebec, Bibliotheque quebecoise, 1852 a la p. 264. Les auteurs a s'etre interesse specifiquement a cette question dans des etudes d'ampleur sont rares, a l'exception de Marcel Trudel et de Brett Rushforth. Marcel Trudel avec la collaboration de Micheline D'Allaire, Deux siecles d'esclavage au Quebec, Montreal, Hurtubise HMH HMH Marine heavy helicopter squadron (US DoD)
HMH Harford Memorial Hospital (Havre De Grace, MD, USA) 
, 2004 [Trudel, Deux siecles] ; Brett Rushforth, <<"A little Flesh We Offer You" :The Origins of Indians Slavery in New France >> (2003) 60 William & Mary Quaterly 777. Neanmoins, outre ces deux auteurs, plusieurs publications, notamment anglo saxonnes, apportent certains elements sur le contexte nord-americain de l'esclavage des amerindiens. James F. Brooks, Captives & Cousins : Slavery, Kinship, and Community in the Southwest Borderlands, Chapel Hill, University of North Carolina Press The University of North Carolina Press (or UNC Press), founded in 1922, is a university press that is part of the University of North Carolina. External link
  • University of North Carolina Press
, 2002 a la p. 15 ;Winstanley Briggs, << Slavery in French Colonial French Colonial architecture was an American domestic archtectural style. It was most popular in the American South in states such as Louisiana.[1] Characteristics  Illinois >> (1989-1990) 18 Chicago History 66 ; Eric Hinderaker, Elusive. Empires : Constructing Colonialism in the Ohio Valley, 1673-1800, Cambridge, Cambridge University Press Cambridge University Press (known colloquially as CUP) is a publisher given a Royal Charter by Henry VIII in 1534, and one of the two privileged presses (the other being Oxford University Press). , 1997 aux pp. 16-17 ; Robin W Winks, The Blacks in Canada: A History, 2e ed., Montreal, McGill-Queen's University Press, 1997 aux pp. 1-23. Pour une bibliographie exhaustive sur l'esclavage au Canada et au Quebec, voir Trudel, Deux siecles, ibid. a la p. 349.

(4.) Olivier Petre Grenouilleau, Les traites negrieres : essai d'histoire globale, Paris, Gallimard, 2004 a la p. 56.

(5.) Sur cette question, voir Noble David Cook The name David Cook may refer to:
  • David J. Cook, a lawman of the American Old West, credited with 3,000 arrests.
  • David L. Cook, a Christian country music singer and comedian
  • David "Zeb" Cook, an author and designer of role-playing games
, Born to Die: Disease and New World Conquest, 1492-1650, Cambridge, Cambridge University Press, 1998 a la p. 26 et s.

(6.) Rushforth, supra A relational DBMS from Cincom Systems, Inc., Cincinnati, OH ( that runs on IBM mainframes and VAXs. It includes a query language and a program that automates the database design process.  note 3 a la p. 779.

(7.) L'historiographie recente, sous l'impulsion des travaux de Cecile Vidal notamment, a largement fait progresser les recherches sur l'esclavage et l'apparition d'une societe mixte dans le sud du continent nord-americain. Voir notamment Gwendolyn Midlo Hall, Africans in Colonial Louisiana: The Development of Afro Creole Culture in the Eighteenth Century,, Baton Rouge, Louisiana For the Canadian restaurant, see .
Baton Rouge (from the French bâton rouge), pronounced /ˈbætn ˈɹuːʒ/ in English, and
 State University Press, 1992 ; Daniel H. Usner, Jr., Indians. Settlers & Slaves in a Frontier Exchange Economy: The Lower Mississippi Valley Before 1783, Chapel Hill, University of North Carolina Press, 1992 ; Joseph Zitomersky, French Americans Native Americans in Eighteenth Century French Colonial Louisiana: The Population Geography Population geography is a division of human geography. It is the study of the ways in which spatial variations in the distribution, composition, migration, and growth of populations are related to the nature of places.  of the Illinois Indians, 1670s 1760s, Lund (Suede), Lund University Lund University has 7 faculties, with additional campuses in the cities of Malmö and Helsingborg, with a total of over 42,500 people studying in 50 different programmes and 800 separate courses.  Press, 1994; Thomas N. Ingersoll, Mammon and Manon in Early New Orleans New Orleans (ôr`lēənz –lənz, ôrlēnz`), city (2006 pop. 187,525), coextensive with Orleans parish, SE La., between the Mississippi River and Lake Pontchartrain, 107 mi (172 km) by water from the river mouth; founded : The First Slave

Society in the Deep South, 1718-1819, Knoxville, University of Tennessee Press The University of Tennessee Press (or UT Press), founded in 1940, is a university press that is part of the University of Tennessee. External link
  • University of Tennessee Press
, 1999; Guillaume Aubert, "Francais, Negres et Sauvages": Constructing Race in Colonial Louisiana. these de doctorat en histoire, Tulane University History
Founding/early history
The University dates from 1834 as the Medical College of Louisiana.<ref name="facts" /> With the addition of a law department, it became The University of Louisiana
, 2002 [University Microfilms International University Microfilms International, UMI, was founded in the 1930s by Eugene Power in Ann Arbor. By June of 1938, Power worked in two rented rooms from a downtown Ann Arbor funeral parlor, specializing in microphotography to preserve libraries. ]; Cecile Vidal, << Africains et Europeens au pays des Illinois durant la periode francaise (1699-1765) >> (2003) 3 French Colonial History 51 ; Cecile Vidal, << Private and State Violence Against African Slaves in Lower Louisiana During the French Period, 1699-1769>>, dans Th. J. Humphrey and J. Smolenski, eds., New World Orders: Violence, Sanction, and Authority, in the Colonial Americas, Philadelphia, 2005, 92.

(8.) Voir Theresa A. Singleton, << The Archeology of Slavery in North America North America, third largest continent (1990 est. pop. 365,000,000), c.9,400,000 sq mi (24,346,000 sq km), the northern of the two continents of the Western Hemisphere.  >> (1995) 24 Annual Review of Anthropology 119. Sur l'esclavage pratique par les nations amerindiennes, des Azteques aux Chinooks, voir William Christie William Christie can refer to:
  • William Henry Mahoney Christie (1845–1922), astronomer.
  • William Christie (1944–), conductor and harpsichordist.
 McLeod, << Economic Aspects of Indigenous American Slavery >> (1928) 30 American Anthropologist 632.

(9.) Gilles Havard, Empire et metissage: Indiens et Francais dans le Pays d'en Haut, 1660-1715. Paris, Presses de l'Universite Paris-Sorbonne, 2003 a la p. 174. Ainsi en 1750, Loranger et Marin Leduc indiquent, en deplacement au Fort Miami Fort Miami was the name of several forts in what is now the United States.
  • Fort Miami (Michigan)
  • Fort Miami (Indiana)
  • Fort Miami (Ohio)
, que Tete Blanche, chef des << Ouiatanons >>, est venu au fort des Miamis << pour assurer de sa fidelite inviolable et pour amener une esclave tete-plate et une chevelure chicacha pour Monsieur le general >>. Etat des effets de Loranger et Marin Leduc associes, Ottawa, Archives nationales du Canada (C11A, vol. 119, fol. 109-109v).

(10.) Ainsi, le captif recoit un accueil ritualise Verb 1. ritualise - make or evolve into a ritual; "The growing up of children has become ritualized in many cultures"

formalise, formalize - make formal or official; "We formalized the appointment and gave him a title"
. S'il peut etre torture et ingere, le captif, a la demande de la mere iroquoise pas exemple, peut etre integre socialernent par l'adoption ou il se voit symboliquement restituer la vie. Cette seconde naissance vise principalement les jeunes et les femmes dont l'assimilation est facilitee ; ibid. a la p. 159. Dans la meme logique, les peuples algonquins et iroquoiens peuvent adopter des captifs pour repeupler rapidement un village qui a perdu per·du or per·due  
n. Obsolete
A soldier sent on an especially dangerous mission.

[From French sentinelle perdue, forward sentry : sentinelle, sentinel +
 ses habitants ; Rushforth, supra note 3 a la p. 784.

(11.) Bruce G. Trigger, Les Indiens, la fourture et les Blancs : Francais et Amerindiens en Amerique du Nord, Montreal, Boreal, 1992 aux pp. 37-77.

(12.) Dans le contexte guerrier des relations entre premieres nations, Gilles Havard montre que la restitution d'esclaves represente davantage un moyen dans le cadre de negogociations qu'une fin en soi. Toutefois, l'objectif de captation de population est bien l'un des moteurs de la guerre, mais dans une perspective sociale et spirituelle spir·i·tu·el also spir·i·tu·elle  
Having or evidencing a refined mind and wit.

[French, from Old French, spiritual; see spiritual.]
 plutot qu'economique et demographique ; Havard, supra note 9 aux pp. 150 51 et 155-58.

(13.) Ainsi Nicolas Perrot Nicolas Perrot (1644 - 1717), explorer, diplomat, and fur trader, was one of the first white men in the upper Mississippi Valley. Born in France, he came to New France around 1660 with Jesuits and had the opportunity to visit Indian tribes and learn their languages.  relate en 1665 la negociation avec les tribus autour de Green Baie (la bale des puants) et souligne que, dans ce cadre, les Potawatomis offrent une captive aux Miamis pour les persuader de ne pas entrer dans une alliance avec les francais ; Nicolas Perrot, Memoir sur les moeurs, coustumes et religion des sauvages de l'Amerique septentrionale, Montreal, Comeau & Nadeau, coll. Memoire des Ameriques, 1999 aux pp. 96-98.

(14.) Sur ces notions, notamment pour les peuples iroquoiens, voir William A. Starna et Ralph Watkins, << Northern Iroquoian Slavery >> (1991) 38 Ethnohistory eth·no·his·to·ry  
The study of especially native or non-Western peoples from a combined historical and anthropological viewpoint, using written documents, oral literature, material culture, and ethnographic data.
 34 et Roland Viau, Enfants du neant et mangeurs d' ames : Guerres, culture et societe en lroquoisie ancienne, Montreal, Boreal, 1997 aux pp. 137 99. Brett Rushforth souligne que, dans la plupart des langues indiennes, les mots utilises pour qualifier les captifs ou les esclaves sont depreciatifs ; Rushforth, supra note 3 a la p. 783.

(15.) Seuls les indiens du nord de la cote americaine pacifique semblent avoir condamne leurs captifs a un etat d'esclavage perpetuel, sans qu'il soit hereditaire toutefois ; Leland Donald, Aboriginal Slavery on the Northwest Coast of North America, Berkeley, University of California Press "UC Press" redirects here, but this is also an abbreviation for University of Chicago Press

University of California Press, also known as UC Press, is a publishing house associated with the University of California that engages in academic publishing.
, 1997 aux pp. 69-102.

(16.) Voir par ex. Trudel, Deux siecles, supra note 3 a la p. 24.

(17.) Sur le commerce triangulaire et son impact sur l'esclavage nord americain, soulignons le numero special de la revue du Omohundro Institute of Early American History and Culture The Omohundro Institute of Early American History and Culture (OIEAHC) at Williamsburg, Virginia, United States is sponsored jointly by the College of William and Mary and Colonial Wiliamsburg. , New Perspectives on the Transatlantic Slave Trade (2001) 58 William & Mary Quarterly.

(18.) Soulignons toutefois que, notamment dans les Antilles ou dans les grandes plantations, ce qui n'etait pas ou peu le cas en Nouvelle-France, les esclaves reputes meubles pouvaient dans certaines conditions falte partie du fonds de terre ou du commerce ou lis travaillaient, devenant alors un accessoire au bien immeuble. C'est le cas par exemple a l'ile Bourbon; voir J.V. Payet, Histoire de l'esclavage a l'ile Bourbon. Paris, L' Harmattan har·mat·tan  
A dry dusty wind that blows along the northwest coast of Africa.

[Akan (Twi) haramata, possibly from Arabic
, 1990 a la p. 22.

(19.) Les esclaves indiens, captures depuis les regions de l' Ohio et convoyes par les coureurs des bois et leurs allies, ne se rendaient pas forcement dans le bassin du St Laurent mais etaient vendus sur les marches plus developpes des colonies britanniques, comme celui de la Caroline La Caroline was a 200 ton ship. On October 19, 1785, under the command of Captain Nicolas Baudin, it left Nantes, France, transporting 80 Acadians to Louisiana. It landed at New Orleans on December 17, 1785.  ou des milliers d'indiens travaillaient sur les plantations. Alan Gallay estime a plus de 51 000 les esclaves indiens qui seraient passes par la Caroline du sud ; Alan Gallay, The Indian Slave Trade : The Rise of the English Empire in the American South, 1670-1717, New Haven New Haven, city (1990 pop. 130,474), New Haven co., S Conn., a port of entry where the Quinnipiac and other small rivers enter Long Island Sound; inc. 1784. Firearms and ammunition, clocks and watches, tools, rubber and paper products, and textiles are among the many , Yale University Yale University, at New Haven, Conn.; coeducational. Chartered as a collegiate school for men in 1701 largely as a result of the efforts of James Pierpont, it opened at Killingworth (now Clinton) in 1702, moved (1707) to Saybrook (now Old Saybrook), and in 1716 was  Press, 2002 aux pp. 299, 288-314. Marcel Trudel rapporte, quant a lui, les chiffres suivants a titre de comparaison, esclaves noirs et amerindiens confondus : pour l'annee 1749, on compterait a New-York 10 500 esclaves, 8 000 au Maryland en 1710, 12 000 en Caroline du Sud en 1721,5 000 en Louisiane en 1746 et environ 250 000 aux Antilles vers 1744 ; Trudel, Deux siecles, supra note 3 aux pp. 91-93.

(20.) Sur la realite de cet esclavage, voir Roland Viau, Ceux de Nigger Rock : enquete sur un cas d'esclavage des Noirs dans le Quebec ancien, Outremont, Libre expression, 2003 ainsi que I. Allen Jack, << The Loyalists and Slavery in New-Brunswick >> (1898)Transactions of the Royal Society of Canada The Royal Society of Canada (Société royale du Canada), now known as the RSC: Academies of Arts, Humanities and Sciences of Canada (SRC: Académies des Arts, des Lettres et des Sciences du Canada , vol. 9, section 2, 137.

(21.) Voir Alain Beaulieu et Roland Viau, La Grande Paix : Chronique d'une saga diplomatique, Outremont, Libre Expression, 2001.

(22.) Ainsi, le pere Marquette Pere Marquette or Père Marquette (French for Father Marquette) refers to the following:
  • Father Jacques Marquette, a French Jesuit missionary and namesake of Marquette University
  • Pere Marquette State Forest in Michigan
 rapporte que les Illinois << se rendent redoutables aux peuples eloignes du sud et de l'ouest ou ils vont faire des esclaves, desquels lis se servent pour trafiquer, les vendant cherement a d'autres nations pour d'autres marchandises >>, cite par Havard, supra note 9 a la p. 161.

(23.) J. Leitch Wright, Jr., The Only Land They Knew : The Tragic Story of the American Indians in the Old South, Lincoln, University of Nebraska Press, 1999 aux pp. 126-50.

(24.) D'abord officier dans plusieurs conflits nord-americains et europeens, il a entrepris la recherche La Recherche is a monthly French language popular science magazine covering recent scientific news. It is published by the Société d'éditions scientifiques (the Scientific Publishing Group), a subsidiary of Financière Tallandier.  de la mer de l'Ouest en 1731. Afin de financer celle ci, il mit sur pied une societe disposant du monopole mon·o·pole  
A magnetic monopole.


The minimal region for which lines of force, as from an electric or magnetic field, either all enter or all leave the region.
 de la traite de la fourrure pendant trois ans dans la region d'un futur poste construit sur les bords du lac Ouinipigon. Dans les annees qui suivirent, La Verendrye controla rapidement la region des lacs en bordure des prairies. Explorant le Missouri, il fut confronte a l' etat de guerre chronique qui existait a l'ouest des Grands Lacs au XVIIIe siecle. Les Assiniboines, les Cris et les Monsonis etaient confrontes aux Sioux et aux Sauteux. << La chaine de postes de La Verendrye se trouvant sur le territoire des Assiniboines et des Cris, il dut prendre fait et cause pour eux dans leurs querelles [...] >>. Fondant l'exploration du futur Manitoba sur les bases de la traite de fourrure, il developpa par ailleurs un commerce d'esclaves amerindiens. Dans une depeche a Beauharnois, en date du 26 mal 1742, le pere Claude-Godefroy Coquart Claude-Godefroy Coquart, (February 2, 1706 – July 4, 1765) was a Jesuit priest who probably arrived in Quebec in 1739. He was almost immediately assigned to accompany La Vérendrye to the western forts.  signala que les allies c'ris et assiniboines de l'explorateur << avaient capture un si grand nombre d'esclaves qu'on pouvait les aligner sur un front de quatre arpents >>. Dans son memoire a Maurepas, en 1744, La Verendrye lui-meme affirma que la colonie avait profite a ce titre de son expedition dans l'Ouest, s'exclamant << ne compte-t-on pour rien le grand nombre de gens a qui cette entreprise fait gagner la vie, les esclaves que cela procure au pays et toutes les pelleteries dont les Anglois proffitoient cy devant >> ;Y.V. Zoltvany, s.v. << Gaultier de Varennes et de la Verendrye, Pierre >> dans George W. Brown, David M. Hayne et Francess G. Halpenny, dir., Dictionnaire Biographique du Canada., vol. 3, Presses de l'universite Laval, 1974 aux pp. 268,270 et 264-72 [Dictionnaire biographique, vol. 3].

(25.) Voir Trudel, Deux siecles, supra note 3 a la p. 92.

(26.) Des milliers pour ceux qui sont amenes vers les colonies britanniques ; James H. Merrel, The Indians' New World : Catawbas and Their Neighbors from European Contact through the Era of Removal, Institute of Early American History and Culture, Chapel Hill, University of North Carolina Press, 1989 aux pp. 36-37.

(27.) Inst. 1.3.2 (trad. A. M. du Caurroy, Paris, Thorel, 1851) [Inst.]. Pour une etude detaillee des cadres poses par le droit romain et leur transposition transposition /trans·po·si·tion/ (trans?po-zish´un)
1. displacement of a viscus to the opposite side.

 dans le Code noir, voir Dominique Aime Mignot, << La matrice romaine de l'Edit de mars De Mars () is a village in the Dutch province of Gelderland. It is a part of the municipality of Buren, and lies about 8 km south of Veenendaal.  1685, dit Code noir >> dans Jean Francois Niort dir., Du Code noir au Code civil. Jalons pour l'historie du Droit en Guadeloupe, Paris, L'Harmattan, 2007 aux pp. 87-98.

(28.) Pour un apercu a·per·çu  
n. pl. a·per·çus
1. A discerning perception; an insight: "Her schmoozy but magisterial aperçus inspired widespread emulation among the young" Roy Blount, Jr.
 de ces questions, voir Michel Morin, Introduction historique au droit romain, au droit francais et au droit anglais, Montreal, Themis, 2004 aux pp. 82-84 [Morin, Introduction].

(29.) G. 1.53 (trad. Edward Poste, 4e ed., Londres, Oxford University Press, 1925) [Gaius, Institutos].

(30.) A.-E. Giffard, Precis de droit romain, t. 1, 3e ed., Paris, Librairie Dalloz, 1938 aux pp. 209-10.

(31.) << On est esclave de naissance ou par un fait posterieur : de naissance, quand la mete est esclave ; par un fait posterieur, soit d'apres le droit des gens, c'est-a-dire lorsqu'on est fait prisonnier, soit d'apres le droit civil, lorsqu'un homme libre, majeur de vingt ans, s'est laisse vendre pour avoit part au prix. >> ; Inst., supra note 27, 1.3.4.

(32.) Gaius, Institutes, supra note 29, 1.82 ; Inst., ibid.

(33.) Ainsi, l'etude de Marcel Morabito portant sur le Digeste demontre que les jurisconsultes classiques, dont la reflexion est au cceur de cet ouvrage, definissent les liens tres forts entre la nature du travail servile et son impact sur la capacite juridique de l'esclave, etablissant ainsi une hierarchie des dependances ; Marcel Morabito, Les realites de l'esclavage d'apres le Digeste, Annales litteraires de l'Universite de Besancon, Paris, Les Belles Lettres Les Belles Lettres is a French publisher specializing in the publication of ancient authors. Its publications include the Collection Budé.

The publisher house, originally named Société Les Belles Lettres pour le développement de la culture classique
, 1981 a la p. 78 et s.

(34.) Il ne pourra etre poursuivi pratiquement que le jour
This article is about the Quebec independence newspaper. For other uses, see Le Jour (disambiguation).

Le Jour (French for "The Day") was a Quebec independence newspaper.
 ou il cessera d'etre esclave; car, jusque-la, il n'a pas de patrimoine. Mais tant qu'il est esclave, on pratique l'abandon noxal c'est-a-dire que le maitre dont l'esclave commettait un delit devait l'abandonner a la victime, a moins de payer afin de reparer le prejudice cause par cet esclave ; Giffard, supra note 30 aux pp. 212-13.

(35.) Francesca Reduzzi Merola, << L'esclave qui agit comme un homme libre : "Servus vicarius emit mancipioque accepit puellam">> dans Vasilis 1. Anastasiadis et Panagiotis N. Doukellis, dir., Esclavage antique et discriminations socio culturelles, Actes du XXVIIIe colloque international du groupement international de recherche re·cher·ché  
1. Uncommon; rare.

2. Exquisite; choice.

3. Overrefined; forced.

4. Pretentious; overblown.
 sur l'esclavage antique, Mytilene, 5-7 decembre 2003, Bern, Peter Lang, 2005 aux pp. 315-19.

(36.) Dominique Aime Mignot, << Le droit romain aux Antilles: La pratique des affranchissements >> (2001) 79 Revue historique de droit franccais et etranger 347.

(37.) Ainsi, dans les annees precedant l'ordonnance de l'intendant Raudot de 1709 qui confirme la validite de l'autorisation de l'esclavage amerindien pour la Nouvelle-France, le gouverneur de la jeune colonie louisianaise Jean-Baptiste Le Moyne Le Moyne (lə mwän), Canadian family. It was founded by Charles le Moyne, sieur de Longueuil, whose 11 sons were noted soldiers, explorers, and colonizers. The two most famous sons were the sieur d'Iberville and the sieur de Bienville.  de Bienville se voit refuser par le pouvoir, metropolitain trois petitions demandant l'autorisation de la traite des esclaves amerindiens, vraisemblablement en raison de la situation precaire de la colonie face a des nations amerindiennes puissantes. Bien evidemment, dans les faits, la pratique de la traite sera une realite des les premiers temps de la colonie ; Robert R Wiegers, << A Proposal for Indian Slave Trading in the Mississippi Valley and its Impact on the Osage >> (1988) 33 Plains Anthropologist 187 ; Richard White, The Roots of Dependency:: Subsistence, Environment, and Social Change among the Choctaws, Pawnees and Navajos, Lincoln, University of Nebraska Press, 1983 aux pp. 35-36.

(38.) Voir Stephen D. Behrendt, << Markets, Transaction Cycles, and Profits: Merchant Decision Making in the British Slave Trade >> (2001) 58 William & Mary Quarterly 171.

(39.) Ce n'est que vers la fin du XVIe siecle que des raisons economiques furent mises en avant pour appuyer la pratique esdavagiste en Nouvelle-France, notamment des populations africaines ;Winks, supra note 3 a la p. 4.

(40.) Rushforth, supra note 3 a la p. 777.

(41.) Trudel, Deux siecles, supra note 3 a la p. 90. Le passage de la domination francaise a la domination britannique sur les territoires devant constituer au XIXe siecle le Canada a bien evidemment ete marque de vastes transformations juridiques et politiques. Apres la cession The act of relinquishing one's right.

A surrender, relinquishment, or assignment of territory by one state or government to another.

The territory of a foreign government gained by the transfer of sovereignty.

CESSION, contracts.
 definitive de cet espace a l'Angleterre par le Traite de Paris en 1763, il est cree la Province of Quebec qui fait passer les populations d'origine francaise sous la loi britannique, du moins est-ce l'esprit des textes et de la Proclamation royale. Dans les faits, les administrateurs locaux, notamment le gouverneur Murray, adoptent une attitude plus conciliante. Si le droit penal et le droit public d'origine britannique sont appliques a toute la population, un systeme institutionnel hybride permet aux colons d'origine francaise et anglaise d'user du droit civil francais ou de la common law en s'adressant soit a la Cour des plaids communs soit a la Cour du Banc du Banc Du is a prominent, fairly flat-topped southwards-projecting promontory of Foel Eryr, at about 334m OD at the west end of the Preseli Hills in north Pembrokeshire, Wales.  roi. L'acte de Quebec de 1774, en imposant le droit penal et le droit public issus de la common law et le droit prive issu de la tradition francaise (a quelques exceptions pres, comme la liberte testamentaire ou certaines dispositions commerciales) a l'ensemble de la population de la colonie viendra clarifier l'ordonnancement juridique interne in·terne
Variant of intern.
. Ainsi, concernant les normes esclavagistes, celles-ci sont conservees dans leur forme << francaise >> telles qu'appliquees dans la colonie avant la conquete ; voir infra [Latin, Below, under, beneath, underneath.] A term employed in legal writing to indicate that the matter designated will appear beneath or in the pages following the reference.

infra prep.
 note 59.Il faut souligner la part importante des notaires et de l'arbitrage comme outil de transition juridique, permettant un pluralisme juridique pacifie durant les annees 1760-1774 (sans qu'un acre d'arbitrage durant cette periode porte toutefois sur la possession d'esclave). Sur cette question specifique, voir M. Morin, D. Gilles, A. Decroix, La prevention et le reglement ales differends avant et apres la Conquete de 1760, Montreal, Themis [a paraitre au troisieme trimestre 2009].

(42.) Sur la logique de cette bulle et le refus de la papaute d'etendre l'interdiction a la traite negriere, voir Petre-Grenouilleau, supra note 4 a la p. 70. On peut souligner, plus generalement, que les religions du Livre li·vre  
1. See Table at currency.

2. A money of account formerly used in France and originally worth a pound of silver.
, le christianisme, le judaisme et la religion musulmane s'accommodent malheureusement de la pratique esclavagiste, Il se developpe tout au plus une pratique visant a l'utilisation de l'argent public ou de l'aumone privee pour le rachat de ses coreligionnaires captifs. Voir sur ces questions Guillaume Hervieux, La Bible, le Coran et l'Esclavage, Paris, editions de l'Armancon, 2008 et Malek Chebel, L'Esclavage en terre d'Islam, Paris, Fayard, 2007.

(43.) Mylene Desroses, << Les consequences juridiques de l'esclavage outre-mer. Contribution a l'histoire des petites Antilles francaises >> (2007) 3 Cahiers Aixois d'histoire des droits de l'outre-mer francais 149 a la p. 163.

(44.) Petre-Grenouilleau, supra note 4 a la p. 70.

(45.) Saint-Augustin, De civitate Dei 19.15, tel que cite dans Peter Garnsey, Conceptions de l'esclavage d'Aristote a saint Augustin, trad. par Alexandre Hasnaotti, Paris, Les Belles Lettres, 2004 a la p. 289. Voir egalement Catherine Salles, Saint Augustin, un destin africain, Paris, Desclee de Brouwer, 2008.

(46.) Saint Augustin, In Ioannis Evangelium tractatus 41.4, ibid. a la p. 283.

(47.) Pour une perspective inverse a la notre, centree sur l'esclavage noir, voir Nestor Capdevila, << Las Casas et les Noirs : quels problemes? >> dans Isabel Castro Henriques et Louis Sala-Molins, dir., Deraison, esclavage et droit. Les fondements ideologiques et juridiques de la traite negriere et de l'esclavage. Paris, UNESCO UNESCO: see United Nations Educational, Scientific, and Cultural Organization.
 in full United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization
, 2002 aux pp. 23-39.

(48.) Francisco de Vitoria, Lecons sur les Indiens, tel que cite dans Ramon Hernandez Martin, Francisco de Vitoria et la << Lecon sur les Indiens >>, trad. par Jacques Mignon, Paris Les editions du Cerf, 1997 a la p. 59. Sur la reflexion de Vitoria et, plus largement des auteurs de l'ecole du droit naturel moderne mo·derne  
Striving to be modern in appearance or style but lacking taste or refinement; pretentious.

[French, modern, from Old French; see modern.]

Adj. 1.
, de Grotius a Vattel, concernant les peuples autochtones, voir Morin, L'usurpation, supra note 2 aux pp. 32-62.

(49.) Thomas d'Aquin, Somme theologique, t. 1, Paris, Editions du Cerf, 1984 a la p. 819, Qu. 96, art. 4.

(50.) Louis Sala-Molins, << Theologie et philosophie choisissent leur camp : l'esclavage des Negres est legitime >> dans Castro Henriques et Sala-Molins, supra note 47 aux pp. 23-39.

(51.) Sur l'economie de ces differentes legislations, voir les pages eclairantes de Michel Morin ; Morin, Introduction, supra note 28 aux pp. 175-80.

(52.) L'edit du roi d'octobre 1716 prevoyait differentes mesures, demandees par les commercants et les planteurs, afin d'organiser le regime de residence des esclaves en metropole. Ainsi tout mariage d'esclave, obligatoirement autorise par le maitre equivalait a une manumission MANUMISSION, contracts. The agreement by which the owner or master of a slave sets him free and at liberty; the written instrument which contains this agreement is also called a manumission.
. Toute infraction Violation or infringement; breach of a statute, contract, or obligation.

The term infraction is frequently used in reference to the violation of a particular statute for which the penalty is minor, such as a parking infraction.

 a l'edit, notamment l'oubli de la declaration d'arrivee, etait sanctionnee par l'affranchissement de l'esclave. Voir Pierre H. Boulle, Race et esclavage dans la France de l'Ancien Regime, A.1., Perrin, 2007 a la p. 89 et s.

(53.) Trudel, Deux siecles, supra note 3 a la p. 64.

(54.) << En un mot, on trouve dans le nouveau continent, comme dans l'ancien, d'abord des hommes au nord semblables aux Lappons, & aussi des hommes blancs & a cheveux blonds semblables aux peuples du nord de l'Europe, ensuite des hommes velus semblables aux Sauvages d'Yeco, & enfin les Sauvages du Canada & de toute la terre ferme, jusqu'au golphe du Mexique, qui ressemblent aux Tartares par tant d'endroits qu'on ne douteroit pas qu'ils ne fussent Tartares en effet, si l'on n'etoit embarrasse sur la possibilite de la migration ; cependant si l'on fait attention au petit nombre d'hommes qu'on a trouve dans cette etendue immense des terres de l'Amerique septentrionale, & qu'aucun de ces hommes n'etoit encore civilise, on ne pourra guere se refuser a croire que toutes ces nations sauvages ne soient de nouvelles peuplades produites par quelques individus echappes d'un peuple plus nombreux >> ; Georges-Louis Leclerc, Comte de Buffon, Histoire naturelle, generale et particuliere, avec la description du Cabinet du roi (1749-1789), t. 3, 2e ed., Paris, De L'Imprimerie royale, 1749-1804 a la p. 487 et s.

(55.) Ces derniers sont qualifies de << race d'hommes de petite stature, d'une figure bizarre, dont la physionomie est aussi sauvage que les moeurs. Ces hommes, qui paroissent avoir degenere de l'espece humaine, ne laissent pas que d'etre assez nombreux & d'occuper de tres-vastes contrees >> ; ibid. aux pp. 371-75.

(56.) Boulle, supra note 52 a la p. 27. Sur l'attitude generale des philosophes des Lumieres et la difficile question du droit naturel et de l'esclavage, voir Laurent Esteve, Montesquwu, Rousseau, Diderot : du genro genro (gĕn`rō`) [ Jap.,=elder statesmen], a group that exercised collective leadership in Japan from the end of the Meiji period until c.1932.  humain au bois d'ebene. Les silences du droit naturel, Paris, editions Unesco, 2002. Voir egalement Michel Morin, << Les Autochtones et les fondements juridiques de la colonisation francaise en Amerique du XVIe au XVIIIe siecles >> [a paraitre en 2010].

(57.) Frederic Regent, La Franco et ses esclaves : De la colonisation aux abolitions (1640-1848), Paris, Grasset & Fasquelle, 2007 a la p. 38.

(58.) Concernant la realite de l'esclavage amerindien du point de vue statistique, la presente etude s'appuiera largement sur les resultats de cette analyse documentaire ;Trudel, Deux siecles, supra note 3 a la p. 69 et s.

(59.) Ainsi, il rapporte qu'<< avant que l'intendant Raudot n'intervienne en 1709 pour donner un caractere legal a l'esclavage, les registres d'etat civil semblent repugner a l'emploi du mot esclave >>. Faut-il en deduire qu'avant cette ordonnance de 1709, l'esclavage etait illegal? Bien evidemment non, et Marcel Trudel ne fait pas cette erreur d'ailleurs. Il intitule in·tit·ule  
tr.v. in·tit·uled, in·tit·ul·ing, in·tit·ules Chiefly British
To give a designation or title to (a legislative act, for example).
 toutetbis le chapitre II de son ouvrage << La legalisation de l'esclavage >>, ce qui est, stricto sensu, peu satisfaisant juridiquement. La nature meme des normes de l'ancien droit, fondees essentiellement sur les sources coutumieres invalide l'utilisation du terme legal/illegal fondee sur le simple critere de l'ediction officielle de la norme par le pouvoir legislatif ou reglementaire ; ibid. aux pp. 28, 49-68.

(60.) Voir Michel Morin, << Les grandes dates de l'histoire du droit quebecois, 1760 1867 >> dans Acres de la XIIIe Conference desjuristes d'Etat, Quebec, 2-3 avril 1998, Cowansville (Qc),Yvon Blais, 1998 aux pp. 293-301 ; Evelyn Kolish, Nationalismes et conflits de droits : le debat du droit prive au Quebec, 1760-1844), Cahiers du Quebec (Collection Histoire),Ville LaSalle, Hurtubise HMH, 1994 aux pp. 45-61 ; John E.C. Brierley et Roderick A. MacDonald, Quebec Civil Law: An Introduction to Quebec Private La,, Toronto, Edmond Montgomery, 1993 aux para. 13, 14.

(61.) Le Code Noir lui-meme fut largement precede et inspire par la pratique reconnue institutionnellement et anterieurement a son ediction prnprement dite ; voir Morin Introduction, supra note 28 aux pp. 167-71.

(62.) On trouve d'ailleurs certains actes juridiques, et certains temoignages relatifs a des esclaves blancs possedes par certaines nations amerindiennes. Toutefois, l'esclavage dans ce contexte repose sur un fondement fort different, et se trouve proche de l'adoption. Ainsi, en novembre 1710, Nicolas Pinaud et son epouse Louise Douaire, bourgeois et marchands de Quebec, font une donation a Paul Hotes et son epouse Marie-Elisabeth Wabert, natifs de la Nouvelle Angleterre. Cette derniere a ete rachetee des mains des Abenaquis qui l'avait fait prisonniere : << ils en avaient fait leur esclave depuis environ huit ans et l'avaient elevee comme leur enfant >> ; Notaire L. Chambalon, Qc. (1 novembre 1710), Montreal, Archives nationales du Quebec.

(63.) Le rapprochement entre la question religieuse et le premier Code Noir a ete souligne largement, l'adoption de ce texte la meme annee que la revocation de l'Edit de Nantes offrant un rapprochement entre les preoccupations religieuses et les normes esclavagistes. Cette logique ne sera pas sans consequence juridique, notamment quant a la preuve de la liberte. Toutefois, cela ne doit pas occulter la logique proprement juridique du Code Noir de 1685 et des normes a visee esclavagiste qui vont le completer. Sur le Code Noir, voir les travaux engages de Louis Sala-Molins, Le Code Noir ou le calvaire de Canaan, Paris, Presses Universitaires de France, 1988.

(64.) Ce fut le cas a la Martinique et a Sainte Lude lude
A pill or tablet that contains the drug methaqualone.
 en 1625, a la Guadeloupe en 1635 et dans la partie ouest de St Domingue, (future Haiti) en 1640 ; Antoine Gisler, L'esclavage aux Antilles francaises (XVIIe XIXe siecle), Paris, Karthala, 1981 a la p. 19, n. 2.

(65.) L'edit, de son vrai nom Edit du roi concernant la discipline de l'Eglise et l'etat et la qualite des negres esclaves aux iles de l'Amerique, redige sous les directives de Colbert, se fonde essentiellement sur les memoires du 20 aout 1682 et du 13 fevrier 1683 de Blenac, Patoulet et Begon, gouverneur-general et intendants des iles francaises d'Amerique ; Lucien Peytraud, L'esclavage aux Antilles francaises avant 1789, Pointe-a-Pitre (Guadeloupe), Desormeaux, 1973 aux pp. 150-158.

(66.) Regent, supra note 57 a la p. 64.

(67.) Voir Le Code noir et autres textes de loi sur l'esclavage, St Maur-des-Fosses (France), Editions Sepia, 2006.

(68.) Regent, supra note 57 a la p. 81.

(69.) L'article 34 qui prevoyait que l'esclave qui aura frappe un homme libre devait ainsi etre severement puni, << meme de mort s'il echet >> est conforme a la pratique de la Martinique et a la jurisprudence du Conseil superieur, au regard des arrets du Conseil du 20 juin 1672 et du 4 octobre 1677 ; voir Emilien petit, Traite sur le gouvernement dos esclaves, vol. 1, Paris, Knappen, 1777 aux pp. 5-7.

(70.) Robert Chesnais, L'esclavage a la francaise : le Code Noir (1685 et 1724), Paris, Nautilus nautilus, in zoology
nautilus, cephalopod mollusk belonging to the sole surviving genus (Nautilus) of a subclass that flourished 200 million years ago, known as the nautiloids.
, 2006 a la p. 48.

(71.) Gisler, supra note 64 a la p. 27.

(72.) Frederic Regent a dresse un interessant comparatif entre l'edit de 1685 et l'edit de mars 1724 montrant la forte proximite des deux textes et l'adaptation du texte de 1724 au contexte de la Louisiane ; Regent, supra note 57 aux pp. 66-67.

(73.) Ibid. ala p. 67.

(74.) Recueil des loix particulieres a la Guadeloupe et dependance, Aix-en-Provence, Centre des archives d'outre-mer (CAOM CAOM College of Acupuncture and Oriental Medicine
CAOM Central America Outreach Ministries (El Salvador) 
, F3 236).

(75.) Cet edit reprenait largement l'ordonnance locale de l'amiral Blanquet de la Haye du ler decembre 1674 qui defendait aux Blancs des deux sexes d'epouser des noirs (anticipant sur l'edit de 1724) et regtait selon l'adage partus sequitur ventrem la condition des enfants nes des unions mixtes. Autre singularite, l'edit de 1723 prevoyait une juridiction speciale chargee des causes impliquant les esclaves accuses de crimes, de delits ou de marronnage, sans expliciter la procedure a suivre dans ces circonstances ; Payet, supra note 18 aux pp. 21-22.

(76.) Delaleu, Jean-Baptiste Etienne, Code des Isles de France et de Bourbon. Par M. Delaleu, conseiller au conseil superieur de l'Isle de France et Procureur du Roi du tribunal terrier de la meme Isle, Ile de France, Imprimerie royale de I'ile de France, 1777. Il fut complete en 1783, 1787 et 1788 ; voir Norbert Benoit, << L'esclavage dans le Code jaune ou code Delaleu >>, dans Castro Henriques et Sala-Molins, supra note 47 aux pp. 95-104.

(77.) Ordonnance du 15 juillet 1738 sur le temoignage des esclaves contre les blancs, Aix-en-Provence, Centre des archives d'outre-mer, (CAOM F3 236) a la p. 708.

(78.) Christopher Leslie Brown, Moral capital. Foundations of British Abolitionism abolitionism

(c. 1783–1888) Movement to end the slave trade and emancipate slaves in western Europe and the Americas. The slave system aroused little protest until the 18th century, when rationalist thinkers of the Enlightenment criticized it for violating the
, Chapel Hill, University of North Carolina press, 2006 a la p. 49.

(79.) Voir Alden T. Vaughan, << The Origins Debate: Slavery and Racista in Seventeenth-Century Virginia >> dans Roots of American Racism: Essays on the Colonial Experience, New York, Oxford University Press, 1995, c. 7 aux pp. 136-174.

(80.) Augustin Grignon, << Seventy Two Years' Recollection of Wisconsin >> dans Third Annual Report and Collections of the State Historical Society of Wisconsin, for the Year 1856, vol. 3, Madison, Calkins & Webb, 1857, vol. 3, a la p. 256.

(81.) W. Walter Hening, Hening's Statutes at Large An official compilation of the acts and resolutions of each session of Congress published by the Office of the Federal Register in the National Archives and Record Service. : Being a Collection of all the Laws of Virginia, from the First Session of the Legislature in the Year 1619, 2e ed., vol. 1, New York, R. & W. & G. Bartow, 1823 a la p. 260 (19 septembre 1667, Charles II, ACT III).

(82.) Il releve qu'en Caroline du Sud en 1708, il se trovait environ 1400 esclaves amerindiens pour une population totale de 12 580 personnes ; Peter Kolchin, American Slavery, 161-1877. New-York, Hill and Wang, 1993 a la p. 14.

(83.) John Cowell, The Institutes of the Laws of England, Digested into the Method of the Civil or Imperial Institutions, trad. par W.G. Esquire, Londres, Roycroft, 1651, 1.3.4-7 aux pp. 8-9 et concernant l'affranchissement et la fin de la servitude, 1.5.1-4-, aux pp. 12-13.

(84.) Sont bien souvent repris, quasiment in extenso, les lignes des Institutes que Bracton avait repris avant lui : << Servitude is a constitution of the Law of Nations ; by which, contrary to nature, one is subjected to anothers power ; and it is so called from servando, and not serviendo, for anciently Princes used to sell their slaves and for that cause they did reserve, rather then kill them. Wherefore when thet were afterwards set at liberty, they were called Manumissi. as being delivered out of the hand. [...] Servants are either those which are borne so, or made so: Those which are borne so, come from Natives, Father and Mother, whether they be married or not which is true both in Natives and them which are free whether they be in the power of their Lord, or out of his power [...] >> ; ibid, 1.3.2-3, a la p. 7.

(85.) Gelly v. Cleve (1694), 1 Ld. Raym. 147, 91 E.R. 994.

(86.) Chamberlain v. Harvev (1697), 1 Ld. Ravm. 146, 91 E.R. 994.

(87.) Smith v. Brown (1702), 2 Ld. Raym. 1274, 91 E.R. 566.

(88.) Voir J. H. Baker, Ah Introduction to English Legal History, Londres, Butterworths, 1990 aux pp. 540-14.

(89.) Butts v. Penv (1677), 3 Keb. 785, 84 E.R. 1011.

(90.) Smith v. Gould (1705-07), 2 Salk. 666, 91 E.R. 567.

(91.) Dans cette cause, le plaignant avait toutefois la possibilite de proceder a son acre en Virginie ou le droit statutaire reconnaissait l'esclavage ; ibid., cite par James Oldham, << New light on Mansfield and Slavery >> (1988) 27 Journal British Studies 45 a la p. 49.

(92.) En 1772, on estime le nombre d'esclaves en metropole a 14 000 ; Baker, supra note 88 a la p. 541, n. 48.

(93.) << This, if only meant of contracts to serve or work for another, is very just: but when applied to strict slavery, in the sense of the laws of old Rome or modern Barbary, is also impossible. Every sale implies a price, a quid pro quo [Latin, What for what or Something for something.] The mutual consideration that passes between two parties to a contractual agreement, thereby rendering the agreement valid and binding. , an equivalent given to the seller in lieu of what he transfers to the buyer: but what equivalent can be given for life, and liberty, both of which (in absolute slavery) are held to be in the master's disposal? His property also, the very price he seems to receive, devolves ipso facto to his master, the instant he becomes his slave. In this case therefore the buyer gives nothing, and the seller receives nothing: of what validity then cana sale be, which destroys the very principles upon which all sales are founded? Lastly, we are told, that besides these two ways by which slaves "fiunt," or are acquired, they may also be hereditary: "servi nascuntur;" the children of acquired slaves are, jure naturae, by a negative kind of birthright, slaves also. But this being built on the two former rights must fall together with them. If neither captivity, nor the sale of oneself, can by the law of nature and reason, reduce the parent to slavery, much less can it reduce the offspring. >> ; William Blackstone, Commentaries on the Laws of England The Commentaries on the Laws of England are an influential 18th century treatise on the common law of England by Sir William Blackstone, originally published by the Clarendon Press at Oxford, 1765-1769. : A Facsimile of the First Edition of 1765-1769, vol. 1, Of the Rights of Persons (1765), Chicago, University of Chicago, University of, at Chicago; coeducational; inc. 1890, opened 1892 primarily through the gifts of John D. Rockefeller. Because of the progressive programs and distinguished faculty established under its first president, William R.  Chicago Press, 1979 aux pp. 411-12.

(94.) Ibid. aux pp. 411, 412.

(95.) Pearne v. Lisle (1749), Amb. 75, 27 E.R. 47.

(96.) Voir sur la common law esclavagiste de cette epoque, l'ouvrage de James Oldham, English Common Law in the Age of Mansfield, Chapel Hil, University of North Carolina Press, 2004 aux pp. 305-23.

(97.) Ruth Paley, << After Somerset: Mansfield, slavery and the law in England, 1772-1830 >> dans Norma Landau, dir., Law, Crime and English society 1660-1830, Cambridge, Cambridge University Press, 2002, 165.

(98.) Sur ce debat voir Brown, supra note 78 aux pp. 91, 97-101.

(99.) Habeas Corpus Act. 1679 (R.-U.), 31 Ch. II, c. 2. Celui permettrait a l'esclave ayant pose le pied en Angleterre de resister a son renvoi The process by which a court adopts the rules of a foreign jurisdiction with respect to any conflict of laws that arises.

In some instances, the rules of the foreign state might refer the court back to the law of the forum where the case is being heard.
 dans les colonies ; voir Baker, supra note 88 aux pp. 168-69.

(100.) Somerset v. Stewart (1772), 1 Lofft 1, 98 E.R. 499. Sur cette affaire et sa place dans la common law, voir George Van Cleve, << Somerset's Case and its Antecedents in Imperial Perspective >> (2006) 24 L.H.R. 601 ; Daniel J. Hulsebosch, << Nothing But Liberty : Somerset's Case and the British Empire >> (2006) 24 L.H.R. 647 et Ruth Paley, << Imperial Politics and English Law The system of law that has developed in England from approximately 1066 to the present.

The body of English law includes legislation, Common Law, and a host of other legal norms established by Parliament, the Crown, and the judiciary.
 : The Many Contexts of Somerset >>, (2006) 24 L.H.R. 659.

(101.) Baker, supra note 88 attx pp. 542-43.

(102.) << [T]he infamous and unchristian practice of withholding baptism from negro servants, lest they should thereby gain their liberty, is totally without foundation, as well as without excuse. The law of England acts upon general and extensive principles: it gives liberty, rightly understood, that is, protection, to a jew, a turk, or a heathen, as well as to those who profess the true religion of Christ; and it will not dissolve a civil contract, either express or implied, between master and servant An archaic generic legal phrase that is used to describe the relationship arising between an employer and an employee.

A servant is anyone who works for another individual, the master, with or without pay.
, on account of the alteration of faith in either of the contracting parties: but the slave is entitled to the same liberty in England before, as after, baptism; and, whatever service the heathen negro owed to his English master, the same is he bound to render when a christian. >> ; Blackstone, supra note 93 a la p. 413.

(103.) Anterieurement a cette periode, certaines voix isolees se sont fait entendre, telles que Thomas Tryon a Barbados (1684) et Samuel Sewall dans te Massachusetts (1704) ; Brown, supra note 78 a la p. 78.

(104.) Toutefois, de 1719 a 1781, plus de deux mille africains ont ete vendus dans les pages de la Boston Gazette ; Robert E. Desrochers, Jr., << Slave-for-Sale Advertisements and Slavery in MassachusettsSlavery in Massachusetts” is an 1854 essay by Henry David Thoreau based on a speech he gave at an anti-slavery rally at Framingham, Massachusetts, on July 4, 1854, after the reënslavement in Boston, Massachusetts of fugitive slave Anthony Burns. , 1704-1781 >>, (2002) 59 William & Mary Quarterly 623. Soulignons egalement que, dans cet Etat, les conditions d'une egalite ethnique furent posees des le XIXe siecle, a travers le Massachusetts Indian Enfranchisement The act of making free (as from Slavery); giving a franchise or freedom to; investiture with privileges or capacities of freedom, or municipal or political liberty. Conferring the privilege of voting upon classes of persons who have not previously possessed such.  Act permettant aux indiens d'obtenir un certain nombre de droits civiques ; Ann-Marie Plane et Gregory Button, <<The Massachusetts Indian Enfranchisement Act: Ethnic Contest in Historical Context, 1849-1869 >> (1993) 40 Ethnohistory 587.

(105.) Sur l'abolition graduelle decidee par les legislateurs de l'Etat du Rhode lsland, voir William M. Wiecek, << The Statutory Law of Slavery and Race in the Thirteen Mainland Colonies of British America >> (1977) 34 William & Mary Quarterly 258.

(106.) Voir Brown, supra note 78 aux pp. 106-107. Les loyalistes noirs arriverent en Nouvelle-Ecosse entre 1783 et 1785, fuyant la Revolution americaine. Le commandant enchef des forces britanniques a New York, sir Henry Clinton, proclama (proclamation de Philipsburg) que tous les esclaves noirs qui deserteraient la cause des rebelles recevraient une protection totale, leur liberte et desterres. Plusieurs milliers d'esclaves d'origine africaine se rangerent ainsi aux cotas des Anglais. Apres la victoire americaine, sir Guy Carleton refusa, comme le demandait George Washington, de rendre aux Americains les esclaves qui s'etaient ranges aux cotes des Anglais avant le 30 novembre 1782, une indemnisation en argent ar·gent  
1. Heraldry The metal silver, represented by the color white.

2. Archaic Silver or something resembling it.
 etant prevue. La commission anglo-americaine identifia les Noirs qui etaient entras dans les rangs britanniques avant la reddition et leur remit a chacun un certificat d'affranchissement ; voir John N. Grant, << Black Immigrants into Nova Scotia, 1776-1815 >> (1973) 58 Journal of Negro History 253 ; Neil MacKinnon, This Unfriendly Soil: The Loyalist Experience in Nova Scotia, 1783-1791, Kingston, McGill-Queen's University Press, 1986.

(107.) Surce point, voir Thomas D. Morris, Southern Slavery and the Law. 1619-1860, Chapel Hill, University of North-Carolina Press, 1999 a la p. 174 et s.

(108.) Pour une caracterisation geographique de cette idee, voir Colin M. McLachlan, << Slavery, Ideology, and Institutional Change: The Impact of the Enlightenment on Slavery in Late Eighteenth-Century Maranhao >> (1979) 11 Journal of Latin American Studies The Journal of Latin American Studies (JLAS) is an interdisciplinary journal focusing on Latin America. Since 1969, it has been published quarterly, in February, May, August and November, by Cambridge University Press.  1.

(109.) Voir Laurent Esteve, << La theorie des climats ou l'encodage d'une servitude naturelle >> dans Castro Hcnriques et Sala-Molins, supra note 47 aux pp. 59-68.

(110.) J. Farr, << "So Vile and Miserable an Estate': The Problem of Slavery in Locke's Political Thought >> (1986) 14 Political Theory 263 a la p. 273.

(111.) Matthew Mason, <<The Battle of the Slaveholding slave·hold·er  
One who owns or holds slaves.

slaveholding adj.
 Liberators: Great Britain, the United States, and Slavery in the Early Nineteenth Century >> (2002) 59 William & Mary Quarterly 665.

(112.) Leland J. Bellot, << Evangelicals and the Defense of Slavery in Britain's Old Colonial Empire >> (1971) 37 The Journal of Southern History 19.

(113.) An Act for the Abolition of the Slave Trade, 1807 (R.-U.), 47 Geo. III, c. 36, art. 1.

(114.) << [I]t shall be unlawful for any of His Majesty's Subjects, or any Person or Persons resident within this United Kingdom, or any of the Islands, Colonies, Dominions, or Territories thereto belonging, or in His Majesty's Possession or Occupation, to fit out, man, or navigate, or to procure to be fitted out, manned, or navigated, or to be concerned in the fitting out, manning, or navigating, or in the procuring to be fitted out, manned, or navigated, any Ship or vessel for the Purpose of assisting in, or being employed in the carrying on of the African Slave Trade
This article discusses systems of slavery within Africa, the history and effects of the slavery trade upon Africa. And also Maafa. See Atlantic slave trade for the trans-Atlantic trade, and Arab slave trade for the Trans-Saharan trade.
 or in any other the Dealing, Trading, or Concerns hereby prohibited and declared to be unlawful, and every Ship or Vessel which shall, from and after the Day aforesaid Before, already said, referred to, or recited.

This term is used frequently in deeds, leases, and contracts of sale of real property to refer to the property without describing it in detail each time it is mentioned; for example,"the aforesaid premises.
, be fitted out, manned, navigated, used, or employed by any such Subject or Subjects, Person or Persons, or on his or their Account, or by his or their Assistance or Procurement for any of the Purposes aforesaid, and by this Act prohibited, together with all her Boats, Guns, Tackle, Apparel, and Furniture, shall become forfeited, and may and shall be seized and prosecuted as herein-after is mentioned and provided >> ; ibid., art. 2.

(115.) David B. Davis, << James Cropper and the British Anti-Slavery Movement, 1821-1823 >> (1960) 45 The Journal of Negro History 241.

(116.) Izhak Gross, << The Abolition of Negro Slavery and British Parliamentary Politics 1832-3 >>, (1980) 23 The Historical Journal 63.

(117.) S.U.C. 1793 (33 Geo. III), c. 7.

(118.) Ibid., art. 1.

(119.) << [N]or shall any Negro, or other person, who shall come or be brought into this Province after the passing of this Act, be subject to the condition of a Slave, or to such service as aforesaid, within this Province, nor shall any voluntary contract of service or indentures that may be entered into by any parties within this Province, after the passing of this Act, be binding on them, or either of them, for a longer time than a terra of nine years, from the day of the date of such a contract. >> ; ibid.

(120.) << That immediately from and after the passing of this Act, every child that be born of a Negro mother, or other woman subjected to such service as aforesaid, shall abide and remain with the master or mistress in whose service the mother shall be living at the time of such child's birth, (unless such mother and child shall leave such service by and with the consent of such master or mistress) and such master or mistress shall, and is hereby required to give proper nourishment and clothing [sic] to such child or children, and shall and may put such child or children to work [...], and shall and may retain him or her in their service, until every such child shall have attained the age of twenty-five years, at which time they and each of them shall be entitled to demand his or her discharge from and shall be discharged by such master or mistress, from any further service [...]. >> ; ibid., art. 3.

(121.) Ibid., art. 4. C'est alors au maitre de prouver soit que l'esclave est age de moins de 25 ans soit qu'il existe un contrat de serviteur ou de tout autre lien professionnel entre lui et la personne faisant valoir ses droits, celle-ci etant de plein droit alors un sujet de sa Majeste, avec tous les privileges et droits y afferents : << His Majesty's Justices of the Peace who shall and is hereby required thereupon there·up·on  
1. Concerning that matter; upon that.

2. Directly following that; forthwith.

3. In consequence of that; therefore.
 to issue a summons to such master or mistress to appear before him to shew shew  
v. Archaic
Variant of show.

Verb 1. shew - establish the validity of something, as by an example, explanation or experiment; "The experiment demonstrated the instability of the compound"; "The mathematician
 cause why such servant should not be discharged: and the proof that such servant is under the age of twenty-five years shall rest upon and be adduced by the master or mistress of such servant, otherwise it shall and may be lawful for the said Justice to discharge such servant from such service as aforesaid: Provided always, [t]hat in case any issue shall be born of such children during their infant inservitude or after, such issue shall be entitled to all the rights and privileges of free born subjects. >> ; ibid.

(122.) << And be further enacted, [t]hat whenever any master or mistress shall liberate or release any person subject to the condition of a Slave from their service, they shall at the same rime give good and sufficient security to the Church or Town Wardens of the parish or township where they live, that the persons so released by them shall not become chargeable to the same, or any other parish or township. >> ; ibid., art. 5.

(123.) Ce << chemin de fer >> clandestin a ete mis en branle A branle (also bransle, pronounced brawl) is a 16th century French dance style which moves mainly from side to side, and is performed by couples in either a line or a circle.

Its etymology derives from branler (to shake) and brander (to brandish).
 dans les annees 1780, mais n'a ete designe sous ce nom que dans les annees 1830. De 1800 a 1865, de 20 000 a 30 000 Afro-Americains se seraient refugies au Canada par cette voie. Ce chemin de fer etait en fait un reseau secret de personnes et de maisons sures etabli pour aider les Noirs a s'enfuir de plusieurs Etats americains ou lis etaient esclaves et a venir s'etablir dans d'autres Etats, ou au Canada. L'organisation utilisait des mots du vocabulaire ferroviaire pour decrire le role des personnes qui faisaient partie du reseau et aidaient les fugitifs le long de leur route ; voir Afua Cooper, << The Fluid Frontier: Blacks and the Detroit River Region, A Focus on Henrv Bibb bibb  
1. Nautical A bracket on the mast of a ship to support the trestletrees.

2. A bibcock.

[Alteration of bib.]
 >> (2000) 30 Revue canadienne d'etudes americaines 129 ; Adrienne Shadd, Afua Cooperet Karolvn Smardz Frost, The Underground Railroad: Next Stop, Tornnto!, Toronto, Natural Heritage Books, 2002 a la p. 17 et s.

(124.) Celui-ci propose qu'il soit introduit un Bill inutule Acte qui tend a l'abolition de l'esclavage en la Province du Bas-Canada en 1793 mais son collegue Pierre-Amable De Bonne Pierre-Amable de Bonne (November 25 1758 – September 6 1816) was a seigneur, lawyer, judge and political figure in Lower Canada.

He was born in Montreal in 1758, the son of Louis de Bonne de Missègle, and studied at a college operated by the Sulpicians, then the
 reussit a empecher l'Assemblee de se prononcer en troisieme lecture. Il reviendra a la charge en 1801, sans plus de succes ; Trudel, Deux siecles, supra note 3 aux pp. 313-15. Sur Pierre Louis Panet, voir Andre Morel morel

Any of various species of edible mushrooms in the genera Morchella and Verpa. Morels have a convoluted or pitted head, or cap, vary in shape, and occur in diverse habitats. The edible M.
, s.v. << Pierre-Louis Panet >> dans Francess G. Halpenny et Jean Hamelin, dir., Dictionnaire Biographique du Canada, vol. 5, A.l., Presses de l'Universite Laval, 1983 aux pp. 719-21 ; F. Murray Greenwood, Legacies of Fear : Law and Politics in Quebec in the Era of the French Revolution, Toronto, University of Toronto, University of, at Toronto, Ont., Canada; nondenominational; provincially supported; coeducational; founded 1827 as King's College. It achieved university status in 1849 and is governed under the Univ. of Toronto Act (1971).  Toronto Press for The Osgoode Society, 1993 aux pp. 183-88 et David Gilles, << Le notariat canadien face a la Conquete anglaise : l'exemple des Panet >> dans Vincent Bernaudeau et al., dir., Los praticiens du droit du Moyen Age a l'epoque contemporaine. Approches proso pographiques, Belgique, Canada, France, Italic, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2008 aux pp. 189-207.

(125.) Voir Trudel, Deux siecles, ibid. aux pp. 299-300.

(126.) Une decision anterieure, en1794, prise par une juridiction montrealaise avait declare que l'esclavage n'etait pas reconnu par les lois d'Angleterre, reprenant la logique de la jurisprudence de common law, de Blackstone et partiellement celle de la decision Somerset. Relevons que Marcel Trudel, sur ces questions, n'evoque a aucun moment la jurisprudence de common law et que les decisions de 1798 sont citees de seconde main par Marcel Trudel.; Trudel, Deux siecles, ibid. aux pp. 306-07. Sur le contexte de ces affaires et le role dc William Osgoode, voir Greenwood supra note 124 aux pp. 23-34, 116-37. Pour notre part, il ne nous a pas ete possible de consulter les sources documentaires originales ; voir. la base de donnees Themis I, Archiv-histo, folio corp., Cour du Banc du roi, District de Montreal, 1792-1827.

(127.) Dans la base de donnees Themis reprenant les actes de Cour du Banc du roi, District de Montreal, de 1792-1827, les trente deux actes se referant a des << indians >> ou << panis >> ne touchent pas l'esclavage. On ne trouve que deux actes, en 1798 et 1799, relatant des actes impliquant des esclaves, pour des questions de dettes ; ibid.

(128.) C'est toutefois le cas, par exemple, dans l'affaire de l'enlevement, peut-etre amoureux, de Madeleine, esclave panise de la nation renarde, enlevee a son maitre le sieur de la Perade. Voir l'ordonnance de l'intendant Begon (17 juillet 1726), Montreal, Archives nationales du Quebec (E1, S1, P1749, M5/4), qui enjoint au capitaine de la cote de la Chevrotiere, ou autre officier de milice sur ce requis, de retirer des mains du nomme Lagerne (Lajerne) une esclave Panis Renarde (Amerindienne) nommee Madeleine qu'il a enlevee furtivement la nuit de la maison du sieur de la Perade (Tarieu), officier des troupes du detachement de la Marine, pour la remettre a son maitre. En cas de refus de la part de LaGerne, ordre est donne au capitaine de la cote ou a tout autre officier de milice requis d'arreter celui-ci et de le placer en << bonne et sure garde dans les prisons de Quebec >>; voir cahier 11, ordonnances de justice rendues par Monsieur Begon intendant intendant (ĭntĕn`dənt), French administrative official who served as the chief royal representative in the provinces under the ancien régime.  (8 janvier 1725-28 aout 1726), Montreal, Archives nationales du Quebec (fol. 100-100v).

(129.) Rushforth, supra note 3 aux pp. 777-78.

(130.) Adam Shortt et Arthur G. Doughty, Documents relatifs a l'histoire constitutionnelle du Canada 1759-1791. vol. 1, 2e ed., Ottawa, Imprimerie du roi, 1921, a la p. 19.

(131.) Notaire J.-N. Pinguet de Vaucour (28 octobre 1781), Montreal, Archives nationales du Quebec.

(132.) Fonds Drouin (11 juin 1768), Montreal, Archives nationales du Quebec (MFILM 3316, registre 1, fol. 40).

(133.) Trudel, Deux siecles, supra note 3 a la p. 21.

(134.) Voir ibid. aux pp. 23-26.

(135.) Bien evidemment, les coureurs des bois profitent largement de la securisation des routes de traite consecutive a la Grande paix, et developpent un commerce binaire alliant traite des fourrures et des amerindiens ; Rushforth, supra note 3 a la p. 779.

(136.) Sur cette question, voir E. Lewis Coleman, New England Captives Carried to Canada between 1677 and 1760 during the French and Indian wars, vol. 1, Portland, Southworth Press, 1925, aux pp. 69-129.

(137.) Dans le cadre de la politique de developpement de la colonie menee par Louis XIV, celui-ci autorise, a la demande des colons et des administrateurs locaux, la venue des esclaves noirs, afin de pallier << les grandes depenses qu'ils sont obliges de faire en se servant des ouvriers et des journaliers du pays dont la cherte est excessive. Sur quoi Sa Majeste est bien aise de leur dire qu'elle consent que les habitants fassent venir des negres comme ils le proposent [...] >> ; Memoire a Denonville et a Champigny (1 mai 1689), Montreal, Archives nationales du Quebec (Ordres du roi, serie B, vol. 15, 108-109) ; voir aussi Memoires et documents relatifs a l'histoire du Canada. Montreal, Societe historique de Montreal, 1859 aux pp. 1-3.

(138.) Morin, Introduction, supra note 28 aux pp. 168-69.

(139.) Jean Baptiste Bissot de Vincenne importe ainsi un esclave baptise Jean-Rene qu'il a acquis des Iowas dans l'Arkansas actuel ; voir Yves F. Zoltvany, s.v. << Bissot de Vincennes, Jean-Baptiste >> dans David M. Hayne et Andre Vachon, dir., Dictionnaire Biographique du Canada, vol. 2, Presses de l'Universite Laval, 1969 aux pp. 70-71 [Dictionnaire biographique, vol. 2].

(140.) Ordonnance de l'Intendant Raudot, 13 avril 1709, Edits, ordonnances royaux, t. 2, Quebec, E.-R. Frechette, 1854-1856, a la p. 271.

(141.) Ibid. a la p. 272.

(142.) Trudel, Deux sieles, supra note 3 a la p. 54.

(143.) Ordonnance de l'intendant Jacques Raudot (23 mars 1710), Montreal, Archives nationales du Quebec (E1, S1, P647, M5/1), qui << permet au sieur Mounier (Monier) de reprendre son Panis partout ou il se trouvera et qui fait defense a tous de le retirer ni de le cacher sous peine de cinquante livres d'amende, payable moitie a ceux qui le trouveront et moitie au Roi >> ; Cahier 4, ordonnances de M. Raudot (ler janvier-20 novembre 1710) (fol. 34-45).

(144.) Sur cette idee, voir Trudel, Deux siecles, supra note 3 aux pp. 61-62. Ainsi, en Louisiane, suite a un conflit avec les Natchez et a la prise d'une plantation, deux expeditions punitives furent organisees par les francais. Cinq cent captifs, dont quatre cent cinquante femmes ou enfants, furent envoyes a Saint-Domingue pour y etre vendus comme esclaves, ce qui amena la quasi extinction du peuple Natchez ; Gilles Havard et Catherine Vidal, Histoire de l'Amerique francaise, Paris, Flammarion, 2003 aux pp. 299-305.

(145.) Notaire L. Chambalon, Qc. (31 aout 1711), Montreal, Archives nationales du Quebec.

(146.) Notaire L. Chambalon, Qc. (27 avril 1714). Montreal, Archives nationales du Quebec.

(147.) Notaire J.-A. Saillant de Collegien, Qc. (13 aout 1753), Montreal, Archives nationales du Quebec.

(148.) Echange de terre situee a la seigneurie de Yamaska en retour d'une terre situee a la Baie St Antoine entre Louis Peron, epoux d'Agathe Demarais de Yamaska et Michel Dubois, partis de nation, epoux actuel de Marie Josephe Campagna, de la Baie St Antoine ; Notaire P. Dielle (24 mars 1763), Montreal, Archives nationales du Quebec. Le meme Michel Dubois avait obtenu, par acte notarie du trois juin 1762, la concession de terre par Joseph Lefebvre, seigneur de la Baie St Antoine ; Notaire F.-P. Rigaud, T.-R. (3 juin 1762), Montreal, Archives nationales du Quebec.

(149.) Notaire L.-C. Danre de Blanzy, Mtl. (9 juillet 1756), Montreal, Archives nationales du Quebec.

(150.) Notaire L.-C. Danre de Blanzy, Mtl. (27 juillet 1756), Montreal, Archives nauonales du Quebec.

(151.) Ordonnance de l'intendant Dupuy (19 juillet 1727), Montreal, Archives nationales du Quebec (E1, S1, P1894, M5/4), qui condamne le sieur Lamy, marchand a Montreal, a payer comptant au sieur de Gannes (de Falaise) la somme de cent livres pour un des quatre termes d'un billet donne pour la vente d'un esclave panis (amerindien) ; Ordonnance de justice et police rendues par Monsieur Dupuy intendant de la Nouvelle France, cahier 12A (14 septembre 1726-28 aout 1727), Montreal, Archives nationales du Quebec (f. 129v-130).

(152.) Voir infra, note 168.

(153.) Il en est ainsi de l'assignation a comparaitre adressee a Jean, esclave indien du sieur Saint-Pierre ; Montreal, Archives nationales du Quebec (TL4, S1, D409, 14 mai 1700).

(154.) Proces contre Nicolas Sarrazin, avironnier, Pierre Sarrazin et Joseph, esclave panis de Francois Lamouretux, accuses d'avoir prepare un voyage de traite dans l'Outaouais, sans permis (18 fevrier 1712-6 mai 1712), Montreal, Archives nationales du Quebec (TL4, S1, D1328).

(155.) Voir Marcel Trudel, Dictionnaire des esclaves et de leurs proprietaires au Canada francais, LaSalle, Hurtubise HMH, 1990, s.v. << Marie-Joachim, panise >> a la p. 79 [Trudel, Dictionnaire].

(156.) Proces entre Julien Trottier DesRivieres, marchand, plaignant, et Marie-Joachim, panise, esclave de la veuve Biron et Jean-Baptiste Gouriou dit Guignolet, soldat de Blainville, fils du sergent Jean-Baptiste Gouriou dit Guignolet, accuses respectivement de vol et de recel (17 juillet 1725-17 octobre 1725), Montreal, Archives nationales du Quebec (TL4, S1, D3159).

(157.) Trudel, Dictionnaire, supra note 155, s.v. << Catherine, panise >> a la p. 54.

(158.) Rushforth, supra note 3 a la p. 806.

(159.) Notaire J.-B. Adhemar, Mtl (24 octobre 1699), Montreal, Archives nationales du Quebec.

(160.) Il prend a bail une terre situee a Lachine en 1731 confiee par Claude Cecire ; Notaire J.-B. Adhemar, Mtl (19 juin 1731), Montreal, Archives nationales du Quebec.

(161.) Un inventaire des biens de la communaute est fait en septembre 1715 ; Notaire M. Lepailleur de la Ferte, Mtl (20 septembre 1715), Montreal, Archives nationales du Quebec.

(162.) Notaire J.-B. Adhernar, Mtl, (8 mai 1716), Montreal, Archives nationales du Quebec.

(163.) Proces entre Andre Rapin dit Scaianis, habitant de Lachine, voyageur, demandeur, et Jacques Larcheveque, voyageur, defendeur, pour payement d'un billet (31 aout 1715), Montreal, Archives nationales du Quebec (TL4, S1, D1767). Voir egalement la tutelle des enfants mineurs d'Andre Rapin dit Scaianis [Skayanis], de Lachine, et de feu Anne Gourdon en secondes noces, veuve de Pierre Lat (Local Area Transport) A communications protocol from Digital for controlling terminal traffic in a DECnet environment.

LAT - Local Area Transport
 (19 septembre 1715), Montreal, Archives nationales du Quebec (TL4, S1, D1776).

(164.) Trudel, Dictionnaire, supra note 155, s.v. << Andre Rapin >> a la p. 24.

(165.) Proces entre Marie, une esclave panise de Pierre Larrive de Boucherville, et Jean-Baptiste Maillot (14 juillet 1730), Montreal, Archives nationales du Quebec (TL4, S1, D3734).

(166.) Proces entre Clement de Sabrevois de Bleury, et Antoine Menard, pour le paiement des frais d'entretien d'un enfant ne de Charles Menard ou Argencourt, esclave appartenant a ce dernier (21 fevrier 1742-20 avril 1742), Montreal, Archives nationales du Quebec (TL4, S1, D4825).

(167.) Sur cette affaire, voir egalement Rushforth, supra note 3 a la p. 805.

(168.) Proces contre Marie-Anne Winder dite l'anglaise, servante, epouse de Joseph Riberville, panis accusee de debauche (9 avril 1716-25 mai 1716), Montreal, Archives nationales du Quebec (TL4, S1, D1893). Il faut relever que c'est bien la debauche qui est visee ici, et non pas l'attaque a la hachette du mari bafoue. Le dossier d'une quarantaine de pages est compose essentiellement de l'information judiciaire << vu l'avis recu a l'effet que l'anglaise nommee Marie-Anne Winder, 28 ans, autrefois servante chez de Lorimier a Lachine, mene une vie de debauche >> et des temoignages du voisinage confirmant les moeurs de la << devergondee >>.

(169.) Proces contre Nicolas et Pierre Sarrazin et de Joseph, esclave panis de Francois Lamoureux, accuses d'avoir prepare un voyage de traite dans l'Outaouais, sans permis (26 avril 1712), Montreal, Archives nationales du Quebec (TL4, S1, D1353).

(170.) Proces contre Nicolas et Pierre Sarrazin et Joseph, esclave panis de Francois Lamoureux, accuses d'avoir prepare un voyage de traite dans l'Outaouais, sans permis (4 mai 1715-8 mai 1715), Montreal, Archives nationales du Quebec (TL4, S1, D1699).

(171.) Trudel, Dictionnaire, supra note 155, s.v. << Joseph, panis >> a la p. 66.

(172.) Ainsi, de 1716 a 1777, 9 jeunes enfants sont presentes comme ayant ete adoptes; toutefois, il peut arriver qu'ils soient aussi decrit comme etant la propriete d'un Francais. Voir Trudel, Deux siecles, supra note 3 aux pp. 147-48.

(173.) On peut relever ainsi que, dans une affaire de subordination par voie de promesse de mariage d'une jeune fille, Jean Willis (ou Willet), un britannique installe a Quebec dont la jeune fille a ete << pervertie >> par le fils du notaire Claude Louet, se dit non naturalise << mais qu'il a embrasse la religion catholique afin d'y vivre et mourir >> ; Montreal, Archives nationales du Quebec (TP1, S28, P17736). Voir egalement TP1, S28, P17734, MFILM M9/11 (26 janvier 1733), arret qui renvoie les parties a se pourvoir devant le lieutenant general de la Prevote de Quebec, dans l'affaire entre Jean Willis, cordonnier a Quebec, contre Claude Louet, age de 29 ans, fils de Claude Louet, notaire royal et greffier de l'Amiraute, qui a suborne la fille du dit Willis, agee de 18 ans, par le moyen d'une promesse de mariage. Claude Louet pere, lui, s'oppose au mariage en affirmant que Jean Willis est anglais de nation et qu'il n'est pas naturalise ; voir TP1, S28, P17736, MFILM M9/11 (26 janvier 1733). Sur les naturalisations de citovens britanniques, voir egalement les Lettres de naturalite accordees par Sa Majeste, Montreal, Archives nationales du Quebec (TP1, S36, P500) portant sur la naturalisation de quarante britanniques et irlandais en juin 1713.

(174.) Il en est ainsi pour l'affranchissement de l'esclave Colombine. Philippe Antoine de Cuny Dauterive, ecrivain de la Marine et caissier des tresoriers generaux de la Marine, accorde la liberte a celle-ci << en appreciation de ses services ; (6 avril 1757) Ottawa, Archives nationales du Canada (MG 18-H60 1).

(175.) L'intendant, saisi de l'affaire, renvoie celle-ci devant les juges ordinaires ; (17 octobre 1740), Montreal, Archives nationales du Quebec (E1, S1, P3280, M5/7), ordonnance de l'intendant Hocquart preparatoire entre Marguerite Radisson dite Duplessis, esclave partis, et Marc-Antoine Huart, chevalier Dormicourt, lieutenant des troupes du detachement de la marine ; cahier 28, registre des commissions et ordonnances rendues par Monsieur Hocquart intendant de justice, police et finances en la Nouvelle France (12 janvier-15 decembre 1740), Montreal, Archives nationales du Quebec (fol. 83-83v).

(176.) Proces opposant Marc Antoine Huard de Dormicourt, a Marguerite Duplessis Radisson, se disant la fille naturelle de feu sieur Duplessis Faber (Lefebvre), residant a Montreal, capitaine d'une cnmpagnie dans les troupes de la Marine The Troupes de la Marine (Troops of The Marine) were controlled by the French Minister of Marine, who was also responsible for the French navy, overseas trade, and French colonies. , qui conteste le fait qu'elle soit une esclave, et plus particulierement celle du sieur Dormicourt (1 octobre 1740-28 octobre 1740), Montreal, Archives nationales du Quebec (TL5, D1230, M67/29).

(177.) Rene Bourassa, voyageur, demeurant a la Prairie-de-la-Madeleine, pres de Montreal, age de 52 ans et Nicolas Sarazin, voyageur des pays d'en-haut, age de 58 ans, demeurant a Montreal ; ibid.

(178.) Supplique a Monseigneur l'intendant de justice, de police et de finance dans toute la Nouvelle France (1 octobre 1740), Montreal, Archives nationales du Quebec (TL5, D1230, M67/29).

(179.) Le chevalier de Dormicourt entretenait de forts rapports avec les Antilles, notamment concernant l'esclavage. Cela explique la connaissance qu'il possede des regles juridiques relatives a l'esclavage aux Antilles sur le fondement du Code Noir de 1685. Ainsi, il cede, par donation une esclave mulatresse agee de 32 ans et denommee Francoise avec l'enfant de celle-ci a Ambroise Trouve, substitut du procureur du roi et commissaire Commissaire may refer to:
  • Commissaire (cycling), an official in competitive cycle sport, analogulous to a referee or judge
  • The French word for commissioner
 de police au Fort St Pierre-de-la-Martinique ; Notaire C.H. Dulaurent, Qc (23 aout1738), Montreal, Archives nationales du Quebec (TL5, D1230, M67/29).

(180.) Ibid.

(181.) Assignation ASSIGNATION, Scotch law. The ceding or yielding a thing to another of which intimation must be made.  du Sieur Dormicourt devant la prevote de Quebec (4 octobre 1740), Montreal, Archives nationales du Quebec (TL5, D1230, M67/29).

(182.) Ibid.

(183.) Ibid.

(184.) << Ladite marguerite a toujours reconnu son etat d'esclave et sans la charite mal entendue de quelques gens d'Eglise, elle n'aurait jamais pense a la liberte [...] >> ; ibid.

(185.) Il voit dans Marguerite << une coquine qui devrait etre chassee honteusement d'un pays pour ne pas lui donner lieu de pervertir par son libertinage bien du monde [...] >> ; ibid.

(186.) Voir Trudel, Dictionnaire, supra note 155, s.v. << Marie-Marguerite, panise >> aux pp. 146-48.

(187.) Finalement, l'esclave sera vendu au profit de Migeon a Charles Nolan Lamarque ; voir C. J. Russ, s.v. << Daniel Migeon de Lagauchetiere >> dans Dictionnaire biographique, vol. 3, supra note 24 aux pp. 486-87.

(188.) Cite dans Trudel, Deux siecles, supra note 3 a la p. 56.

(189.) Le pere de Philippe, Pierre You d'Youville, officier et marchand, developpa de nombreuses relations dans les territoires de l'ouest, s'adonnant activement au commerce des fourrures. Il a notamment signe le procesverbal de la prise de possession du pays des Arkansas au profit de la France. Au regard des pratiques du temps et de l'activite des officiers dans les territoires de l'Ouest, il est fort probable que Pierre Le Potoca provient de ces activites, directement ou indirectement ; sur le pere de Philippe, voir Albertine Ferland-Angers, s.v. << Pierre You de Ladecouverte >> dans Dictionnaire biographique, vol. 2, supra note 139 aux pp. 702-03.

(190.) Ordonnance de l'intendant Hocquart (20 octobre 1740), Montreal, Archives nationales du Quebec (E1, S1, P3281, M5/7), qui declare Marguerite Radisson dite Duplessis esclave de Marc-Antoine Huart, chevalier Dormicourt, lieutenant dans les troupes du detachement de la marine, cahier 28, registre des commissions et ordonnances rendues par Monsieur Hocquart intendant de justice, police et finances en la Nouvelle-France (12 janvier-15 decembre 1740), fol. 83v-85v.

(191.) Le roi au gouverneur Beauharnois et a l'intendant Hocquart (20 avril 1734), Montreal, Archives nationales du Quebec (Ordres du roi, 1-2-3, serie B, vol. 61, p. 69), cite dans Trudel, Deux siecles, supra note 3 a la p. 57.

(192.) Notaire F. Lepailleur de Laferte, Mtl (17 mai 1737), Montreal, Archives nationales du Quebec.

(193.) Notaire P. Panet de Meru, Mtl. (10 juillet 1764), Montreal, Archives nationales du Quebec.

(194.) Notaire P. Panet de Meru, Mtl. (11 juillet 1764), Montreal, Archives nationales du Quebec.

(195.) Notaire C. Rageot de Saint-Luc, Qc. (3 juillet 1697), Montreal, Archives nationales du Quebec.

(196.) Plus tard, celui-ci pratiqua egalement la traite des fourrures mais avec les colonies britanniques. Il a ainsi ete condamne par l'intendant pour avoir commerce illegalement avec les colonies anglaises ; voir ordonnance de l'intendant Begon qui declare Etienne Deneau Des Taillis (Deniau), Francois Dumay, Pierre Hubert dit Lacroix, Louis Menard, Marie-Madeleine Menard, femme de Jean-Baptiste Renaudet, Charles Desliettes et Rene Bourassa dument convaincus d'avoir fait le voyage de la Nouvelle-Angleterre l'automne dernier sans permission et les condamne en cinq cents livres d'amende chacun (15 juillet 1722), Montreal, Archives nationales du Quebec (E1, S1, P1412, M5/3). Plusieurs actes devant la Juridiction royale de Montreal le voient apparaitre indiquant sa qualite de marchand, habitant de Laprairie et epoux de Catherine Pothier ; voir proces de P. Hubert dit Lacroix c. R. Couagne (2 septembre 1740), Montreal, Archives nationales du Quebec (TL4, S1, D4730).

(197.) Notaire J.-B. Adhemar, Mtl., engagement de Pierre a Jacques Hubert dit Lacroix (6 mars 1701), Montreal, Archives nationales du Quebec.

(198.) Moins dispendieux que l'esclave africain, l'esclave amerindien moyen coutait, selon Marcel Trudel, quatre cent livres, alors que l'esclave africain en valait neuf cent. Voir Trudel, Deux siecles, supra note 3 a la p. 115.

(199.) Voir Rushforth, supra note 3 a la p. 804.

(200.) Lettres envoyees par le president du conseil de marine a MM. de Beauharnois et Hocquart (8 mai 1731) Ottawa, Archives nationales du Canada, (MG1-B serie B, vol. 55, fol. 519)

(201.) Trudel, Deux siecles, supra note 3 a la p. 62.

(202.) Car ils << donnaient des resultats inverses de ceux que l'on recherchait >>, voir Etienne Taillemite << Barrin de la Galissoniere, Roland-Michel, marquis de la Galissoniere >>, dans Dictionnaire biographique, vol. 3, supra note 24 aux pp. 27-33.

(203.) Lettres envoyees par le president du conseil de marine a MM. de La Jonquiere et Bigot (4 mai 1749) Ottawa, Archives nationales du Canada, (MG1-B serie B, vol. 89, fol. 70)

(204.) Ibid.

(205.) Ibid. Pour une etude detaillee de ce projet et des arguments avances pour et contre sa mise en oeuvre, voir David Gilles, << Asservir son prochain pour en faire commerce. Un projet juridique inedit en Nouvelle-France >> [a paraitre en 2010].

(206.) Pour mieux apprehender le personnage, voir Roland Lamontagne, La Galissoniere et le Canada, Montreal, Presses de l'Universite de Montreal, 1962.

(207.) Les officiers des differents postes de traites jouent alors un grand role dans les relations avec les amerindiens dans les pays d'en Haut et donc dans le reseau esclavagiste ; sur les relations amerindiennes et officiers francais ; voir Arnaud Balvay, L'Epee et la Plume : Amerindiens et soldats des troupes de la marine en Louisiane et au Pays d'en Haut (1683-1763), Saint-Nicolas (Qc), presses de l'Universite Laval, 2006.

(208.) Celui-ci, officier, seigneur et interprete, passa, a partir de 1690, l'essentiel de sa carriere dans les territoires de l'ouest. Commandant du fort de Chagouamigon, il le developpa et grace a sa competence dans le domaine militaire et aux excellentes relations qu'il avait su nouer avec les Indiens, ce centre de traite d'une importante vitale allait connaitre plusieurs annees de paix. Il circula largement, pour le compte des autorites et le sien propre, entre Michillimakinac, les grands lacs et la Baie des puants (Green Baie) ; voir Donald Chaput, s.v. << Jean-Paul Legardeur de St Pierre >>, dans Dictionnaire biographique, vol. 2, supra note 139 aux pp. 401-02.

(209.) Instructions de Vaudreuil a Jean-Paul Legardeur de St Pierre (6 iuillet 1707), Montreal, Archives nationales du Quebec (C11A, vol. 26, fol. 65-68).

(210.) F. de Vitoria, supra note 48 a la p. 57.

(211.) Contra, Trudel, Deux siecles, supra note 3 a la p. 52 ; Rushforth, supra note 3 a la p. 806.


* David Gilles est Professeur de droit prive a l'Universite de Sherbrooke. Diplome de plusieurs universites europeennes, il a enseigne dans differentes etablissements en France et au Quebec. Il est specialise en droit prive, en histoire du droit et philosophie du droit. Les plus vifs remerciements a M. Michel Morin pour avoir eclaire cette reflexion de ses judicieuses remarques.
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Author:Gilles, David
Publication:Ottawa Law Review
Date:Dec 22, 2008
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