Printer Friendly

Elaboration d'un indicateur de developpement urbain (IDU).

Resume

Dans cette etude, nous presentons la methodologie d'elaboration de l'indicateur de developpement urbain (IDU). Cet indicateur a ete defini pour decrire les conditions optimales de bien-etre des citadins et permettre en outre une comparaison globale et efficace des mi lieux urbains. Sept criteres ont donc ete retenus pour le formaliser. Ces criteres, estimes a partir d'indicateurs normalises, n'ont pas la meme importance dans la definition de la qualite de vie urbaine. Il a donc fallu les classer par la methode de hierarchie multicritere et les normaliser de maniere a les reunir dans un seul parametre.

L'indicateur composite 1DU ainsi obtenu a permis d'etablir qu'Abidjan avait un developpement moyen en 1995, tandis File de Montreal avait un fort developpement urbain. De plus, la comparaison des IDU revele des besoins en equipements sanitaires et educatifs pour Abidjan. Par ailleurs, de 1989 a 1995, Abidjan s'est developpee tandis que l'Ile de Montreal a vu son IDU baisser entre 1991 et 1996 (meme si sa valeur est toujours elevee).

Ces constatations sont confirmees par des enquetes realisees sur ces deux communautes urbaines et valident donc la pertinence de l'IDU pour quantifier et comparer le developpement urbain. Cette etude montre que l'utilisation de l'IDU peut aider les decideurs a etablir des politiques de gestion urbaine durable.

Mots cles: teledetection, milieu urbain, bien-etre, developpement urbain, indicateur urbain

Abstract

In this study, a methodology is presented for elaborating an urban development indicator (UDI). This indicator was designed to describe the optimum conditions for the well-being of urban populations and to allow for efficient comparisons between urban environments--in this case, Abidjan, Cote d'Ivoire and Montreal. Seven criteria were used to formalize the indicator, which were estimated from standardized indices and then ranked before joining them together to form one parameter.

The composite nature of the UDI thus allowed the researchers to establish that the urban development in the city of Abidjan in 1995 could be characterized as average, but that Montreal Island had a strong state of urban development for the same period. Moreover, by comparing UDIs for the two cities, the researchers revealed the need for additional health and educational facilities in Abidjan.

The studies carried out on these two urban communities validate the relevance of UDI for quantifying and comparing rates of urban development. Such methods can be used by decision-makers to establish urban policies for sustainable urban development.

Keywords: remote sensing, urban space, well being, urban development, urban indicator

Introduction

La qualite de vie (QV) se definit comme le bien-etre qu'une population ressent face a ses conditions de vie et a son environnement, a un moment donne. Une amelioration de ce concept est un signe de progres. Cependant, pour pouvoir evaluer tout changement (positif ou negatif), ou meme apprecier la situation presente, il faut disposer d'un moyen de mesure. Il s'agit alors de concevoir une echelle ordinale pour mesurer des relations abstraites afin de formaliser les discussions des individus sur le phenomene. En effet, bien que l'evaluation de la qualite de vie comporte une dimension affective, donc subjective (Diener, 1984) et releve d'un processus cognitif, il existe une relation directe entre la qualite de vie existant dans un milieu et le bien-etre (physique, psychologique) des individus qui y vivent (Campbell, 1981; Cantril, 1965). Il est alors reconnu que le concept de la QV necessite une approche multidisciplinaire (EPA, 1973) (economique, socioculturelle, environnementale) pour une caracterisation satisfaisante du developpement urbain car l'humain est au centre de cette preoccupation. En effet, le developpement urbain implique le developpement humain, soit la satisfaction des besoins de base des individus. Or, plus de 50% de la population du globe vivent dans un milieu urbain (Bailly et al., 1995). Le milieu urbain est donc un lieu de vie privilegie des individus. Cette demographie galopante entraine un etalement de la population et donc la destruction de la vegetation et la surexploitation des terrains disponibles. La gestion rationnelle de cet environnement naturel permet d'assurer une longevite du milieu et d'etablir la permanence des conditions de vie adequates aux populations actuelles et futures.

L'objectif principal est donc de creer un indicateur composite, synthetisant les differentes dimensions de la QV car la plupart des indicateurs existant, sont utilises individuellement pour expliciter une facette des conditions de vie.

Toutefois, aucun consensus n'existe sur les criteres preponderants qui definissent le concept de QV. Les facteurs prioritaires varient en fonction du type de population visee. Par exemple, pour les minorites (ethniques), la liberte d'expression et l'egalite sont primordiales. Pour les enfants, c'est l'aspect ludique qui prime, tandis que les personnes agees privilegient la sante et l'integration sociale (EPA, 1973). De plus, il existe plusieurs methodes pour ponderer les sous-indicateurs constituant un indicateur composite elabore (Coombes and Wong, 1994). Il est alors pertinent de se demander sur quelle base ou par quelle methode faudrait-il hierarchiser ces facteurs? En outre, combien d'indicateurs sont necessaires pour representer de facon pertinente toutes les dimensions de ce phenomene?

La pression demographique urbaine est d'autant plus difficile a cerner et a combattre que les statistiques sont inexistantes ou desuetes. En effet, les recensements exhaustifs sont effectues a de trop longs intervalles de temps (5 ans et plus) et les etudes sectorielles non seulement ne couvrent qu'une zone restreinte du milieu urbain, mais en plus les resultats ne sont pas accessibles au public. De plus, les methodes traditionnelles (photographies aeriennes, cartes topographiques, enquetes au sol) d'etudes urbaines sont fastidieuses et coutcuses (Bonn et Rochon, 1992). Ainsi, les images de teledetection, qui permettent de visualiser regulierement un milieu dans sa globalite, constituent une source d'informations georeferencees adaptees a la gestion urbaine. La possibilite de programmation de depointage du satellite, augmente le nombre d'images disponibles et permet un suivi regulier des phenomenes evoluant rapidement : c'est le cas des milieux urbains a demographie galopante (Bonn et Rochon, 1992). En outre, la synchronisation entre la collecte d'informations in-situ et l'acquisition d'une image du site est un autre atout pour utiliser la teledetection.

Par ailleurs, pour la gestion urbaine dans le contexte d'une urbanisation importante engendree par une demographie galopante, la quantite des donnees a analyser est importante. 11 est alors indispensable d'avoir recours a un support informatique. Les Systemes d'Information Geographique (SIG) representent l'outil adequat. En effet, leur capacite a gerer et a combiner des donnees spatialisees ou non, multisources, multiechelles et multiprojections fait la force d'un tel systeme (Aronoff, 1990).

Un SIG enregistre les differentes donnees sous forme de couches, caracteristiques d'une information trouvee. Suite a une serie d'hypotheses posees sur ses intrants, le systeme identifie la meilleure solution pour resoudre un probleme. Ces solutions, donnees sous forme tabulaire, graphique ou cartographique, sont des actions a mener ou la mesure d'un phenomene. Cette information est utilisable par les gestionnaires pour prendre des decisions. Ainsi, les SIG sont un outil efficace de gestion des ressources et d'aide a la prise de decision dans l'elaboration de politiques urbaines.

2. MATERIEL ET METHODE

2.1. Generalites sur les indicateurs urbains

L'agrement de vie des habitants est lie aux services disponibles et a leur revenu (aspect socio-economique). La pennanence de ce bien-etre social depend de la durabilite du milieu, soit des methodes de production et d'utilisation des ressources naturelles (preservation de l'environnement) qui prevoient le long terme. Ces indicateurs peuvent etre classes en 3 groupes : les indicateurs sociaux, economiques et ecologiques. Dans tous les cas, ces indicateurs peuvent etre univaries ou composites.

La definition du terme << indicateur social >> la plus souvent utilisee est celle enoncee par le departement americain de la sante, de l'education et de l'aide sociale (USDHW) : << ... une statistique d'interet normatif direct qui facilite des jugements d'ensemble concis et equilibre sur l'etat des aspects majeurs de la societe >> (cite dans Corin, 1987). Cette definition qui insiste sur la notion de norme implique qu'un indicateur social est utilise pour controler la situation sociale et evaluer les performances des systemes sociaux en place, Illner (1984) qualifie ces indicateurs d'outils << socio-techniques >> et les classifie en trois groupes selon leur fonctionnalite : descriptifs, de performance a atteindre et de controle. Les indicateurs sociaux, les plus importants pour quantifier la qualite de vie sont la sante et l'education (Horn, 1993). Par ailleurs, l'equite des genres est un signe de developpement selon les Nations Unies. En effet, hommes et femmes constituant la societe devraient avoir les memes droits d'acces aux besoins fondamentaux (sante et education). Signalons que le mouvement d'elaboration des indicateurs sociaux a debute dans les annees 1960 (Campbell, 1976). Les periodiques Psychological Abstracts International et Social Indicator Research ont ete crees respectivement en 1973 en 1974 pour informer la communaute des travaux en cours. Toutefois, la prise de conscience des etats pour elaborer des indicateurs sociaux en termes non monetaires les a amenes a lancer des programmes de conception d'indicateurs. L'OCDE a ete la premiere a initier en 1970 un tel programme pour evaluer directement et objectivement le bien-etre de ses populations (OCDE, 1976). Elle a alors publie la liste des indicateurs sociaux, les desagregations prevues pour chacun, ainsi que la disponibilite des donnees pour chaque etat-membre. Hughes (1972) se sert de ces indicateurs pour chiffrer et comparer le developpement de plusieurs villes. La communaute internationale a compris la necessite de coordonner les efforts pour harmoniser les indicateurs en fonction des preoccupations sociales (OCDE, 1982) afin de mesurer les conditions sociales des menages et d'etablir des normes internationales. Comme les preoccupations sociales sont regulierement revisees, les Nations Unies ont cree plusieurs prograinmes d'elaboration d'indicateurs sociaux et de collectes de donnees mondiales, dans une optique de developpement global durable (UNCHS, 1997).

Les indicateurs economiques permettent aux pays d'etre informes sur les tendances de leur economie et de prendre des decisions eclairees pour les investissements (Grant, 1999). Pendant longtemps, c'est le PNB (Produit National Brut) ou le PIB (Produit Interieur Brut) dont se servaient les Nations Unies pour quantifier le developpement economique. Ces indicateurs ont ete delaisses pour mesurer la QV, car non seulement ils ne quantifiaient que les conditions monetaires du bien-etre des individus, mais en plus, ils n'evaluaient pas la repartition inegale des revenus. Le nombre de menages vivant au-dessous du seuil de pauvrete remedie a cette lacune du PNB. En effet, le seuil de pauvrete est different pour chaque pays, puisqu'il est calcule selon les besoins caloriques d'un adulte et le cout de vie (UNCHS, 1997).

Les indicateurs ecologiques servent a controler les impacts nefastes des activites humaines telles que les emanations des usines, la combustion de charbon et de carburants fossiles, l'incineration et l'enfouissement des dechets etc. La mesure de la pollution (sonore, atmospherique, de l'eau, des sols) est alors requise. Ainsi, des 1969, le Canada a mis sur pied le reseau National de Surveillance de la Pollution Atmospherique (RNSPA) pour controler les principaux polluants emis dans les grands centres urbains canadiens (Statistique Canada, 2000). Selon le conseil de l'Europe, il y a pollution de l'air lorsque << la presence d'une substance etrangere ou d'une variation dans les proportions de ses composantes est susceptible (...) de provoquer un effet nocif ou de creer une nuisance ou une gene >> (Bisson, 1986). En effet, la pollution de l'air (naturelle ou anthropique) outre la degradation des edifices, occasionne des maladies cutanees, respiratoires et parfois la mort a cause de la toxicite des elements en suspension. Trois niveaux de concentration sont etablis : acceptable, souhaitable a long terme et admissible. Ainsi, comme les oxydes d'azotes (N[O.sub.x]) et le plomb (Pb) produits et restant en suspension dans l'air sont les substances les plus nocives pour la sante communautaire, mesurer le volume de ces substances et particulierement les gaz a effet de serre (CO, [O.sub.3], S[O.sub.2]) emis dans l'atmosphere ou la concentration moyenne annuelle de ces substances est recommandee par les Nations Unies (UNDP, 1998).

2.2. Le City Development Index

Puisque la definition de la QV necessite une approche pluridisciplinaire (EPA, 1973), le City Development Index (CDI) a ete elabore par les Nations Unies (UNCHS, 1997) pour caracteriser le bien-etre des populations. Il regroupe 5 indicateurs : la sante, l'education, les equipements, la gestion des dechets et le revenu urbain (UNCHS, 1997). C'est une analyse en composantes principales qui a permis aux experts des Nations Unies de selectionner les cinq variables qui constitueraient ces indicateurs, afin de creer l'indicateur composite CDI. Le poids attribue a chaque variable dans cet indicateur est proportionnel au coefficient de saturation trouve lors de cette analyse en composantes principales. L'utilisation de cette technique se justifiait par le fait que les experts disposaient d'une grande quantite d'informations et les donnees collectees avaient la meme definition quel que soit le milieu urbain. Il etait alors possible de determiner les correlations entre les variables et d'extraire statistiquement une combinaison lineaire des variables independantes expliquant la plus grande variance des donnees. Cette analyse revela que le CDI, premier facteur, representait 48,5% de la variance des donnees collectees et etait correle a 98% a l'IDH. Logiquement alors, les 3 indicateurs formant l'IDH (sante, education et revenu) doivent faire partie du CDI. Les infrastructures et la gestion des dechets ont ete ajoutees a cause de leur score eleve avec CDI. Ensuite, comme le montre l'equation 1, ces cinq indicateurs sont consideres avoir la meme importance en sein du CDI, puisque celui-ci a ete formule comme la moyenne arithmetique de ces elements (UNCHS, 1997) :

CDI = (Education + Gestion des dechets + Infrastructures + Produit urbain + Sante)/5 (1)

La definition des indicateurs composant le CDI est donnee par le tableau 1. Les resultats preliminaires du CDI montrent que cet indicateur est un bon estimateur des conditions de vie dans 236 milieux urbains (UNCHS, 1997). L'information qu'il vehicule est comprehensible par un large public. Cet indicateur est correle au revenu de fonctionnement du gouvernement local. Il est evident que la reussite des politiques mises en place est fonction du pouvoir de ce gouvernement. Le CDI revele donc que les decisions de gestion influencent le developpement d'un espace de vie. Ainsi, investir les revenus dans les infrastructures sociales entrainera des benefices au niveau du bien-etre social. Toutefois, les concepteurs de ce nouvel indicateur temoignent qu'il est perfectible, car il presente cinq lacunes principales :

la longevite ou durabilite du milieu a travers la repartition des revenus, l'equite des genres et la preservation de l'environnement naturel n'ont pas ete considerees;

--le CDI ne mesure pas non plus la securite des individus;

--le revenu n'a de sens que par rapport au cout de la vie dans le milieu etudie. Or cet aspect n'est pas pris en compte dans le CDI. En plus, comme le revenu est fortement correle avec le CDI, il pourrait biaiser les interpretations comme il a ete observe en utilisant le PNB:

--les memes poids sont affectes aux differentes variables, alors qu'une analyse factorielle prealable leur avait attribue diverses saturations (avec une preponderance de la sante et de l'education a travers l'IDH qui obtient un coefficient de saturation de 0,95). Les poids attribues aux variables du CDI favorisent l'indicateur de gestion des dechets, c'est-a-dire l'environnement. La sante des individus qui produisent ces ordures est le facteur le moins important;

--l'aspect quantitatif du developpement, soit l'expansion spatiale de l'espace urbain et l'accroissement demographique ne sont consideres. Or, l'analyse en composantes principales affecte une saturation de 0,85 entre la densite surfacique et le CDI.

L'analyse des faiblesses du CDI a permis d'etablir un indicateur (composite) de developpement urbain performant pour une gestion efficace et durable des villes: l'IDU

2.3. La formalisation de l'IDU

Etant donnee que la theorie de l'information specifie qu'un etre humain aux capacites cognitives normales percoit de facon optimale et efficace 7 donnees simultanement (Saulou, 1982), l'IDU comportera les 7 criteres les plus pertinents pour expliciter la QV. Ce sont la sante, l'education, la contribution des femmes, l'urbanite (indicateurs sociaux), la securite (indicateur economique), la preservation de l'environnement et l'expansion demographique et spatiale (composante ecologique).

Ces indicateurs sont ensuite normalises pour une uniformite d'echelle des differentes variables. En effet, ces variables devront etre agregees en un seul facteur. Il faut donc qu'elles soient sans unite pour intervenir dans la meme equation. Ainsi, le sous-indicateur [([I.sub.p]).sub.i] du critere i est calcule en divisant la valuer [V.sub.r] du parametre etudie par la norme institutionnelle ou valeur ideale ([V.sub.id]) de ce parametre, de maniere a obtenir un nombre sans unite variant entre 0 et 1. Si le rapport est superieur a 1, alors on lui impose la valeur unite (cf. l'equation 2). Par exemple la sante est caracterisee par 3 sous-indicateurs. Pour le sous-indicateur d'esperance de vie, [V.sub.id] = 85 ans.

(2)[(Ip).sub.i] + [[(Vr/Vid).sub.i] 1 si Vr [greater than or equal to] Vid

Ensuite, ces sous-indicateurs individuels, ([I.sub.p]), sont regroupes par une relation polynomiale simple, comme le suggerent les Nations Unies, pour former chacun des indicateurs [I.sub.i] constituant l'IDU, selon l'equation 3. Chacun de ces sousindicateurs [([I.sub.p]).sub.i] est pondere par un facteur [[alpha].sub.i] obtenu par comparaison binaire des variables retenues pour le definir :

(3) Ii = [[n summation over j=1](Vj/(Vid)j) * [alpha]j/[n summation over j]([alpha]j)]

Finalement, l'IDU est une combinaison lineaire des 7 [I.sub.i] retenus.

(4) IDU = f(sante, education, equile, equipements, securite, environnement, expansion)

Trouver les coefficients de cette equation, revient a determiner les priorites ou poids ([w.sub.i]) de chaque indicateur [I.sub.i], comme l'explicite l'equation 5 ci-dessous :

(5) IDU = [n summation over i=1] ([Wi.sup.*]Ii)

2.3.1. Definition des 7 criteres

Pour chacun des 7 criteres de l'IDU, le tableau 2 explicite leur expression. Les experts des Nations Unies suggerent d'utiliser l'esperance de vie (EV) en lieu et place du taux de mortalite infantile pour evaluer la sante car elle a l'avantage d'etre plus globale. En effet, l'EV considere toute la population sans exception. Par ailleurs, dans le cadre du developpement urbain, cet indicateur sera jumele aux infrastructures socio-sanitaires (ISS) car si l'EV permet d'evaluer la qualite sanitaire, les ISS estiment sa quantite. Ainsi les ISS seront mesurees par le nombre d'equipements disponibles (hopitaux/ habitant). Et les normes institutionnelles en milieu urbain imposent d'avoir au moins 5 lits pour 1000 personnes (Guay, 1987). En outre, les infrastructures telles que les canalisations d'approvisionnement d'eau pour avoir acces a l'eau courante potable concourent aussi a ameliorer la sante des individus.

De meme, deux composantes caracterisent l'education. Pour le qualitatif, les Nations Unies conseillent de retenir le taux d'alphabetisation des adultes (TAA) et le taux de scolarisation (TS). Le TS permet d'evaluer l'acces a l'education des individus, tandis que le TAA mesure la portee de cette scolarisation, soit la reussite du systeme educatif. Pour le quantitatif, le nombre d'ecoles est la variable retenue. La norme est de 1 ecole pour une population de [10.sup.4] individus.

Quant a la securite, le taux de criminalite serait indique pour la representer. Mais eu egard aux donnees dont nous disposions, nous avons evalue la securite a partir du taux d'emploi et du pourcentage d'habitations legales construites (constructions realisees apres l'obtention d'un permis). En effet, un faible taux de chomage se traduit par un acces quasi egal aux biens et services et permet selon nous, de reduire la criminalite. Les logements des individus seront construits selon les normes de securite imposees et les habitats precaires seront elimines.

L'urbanite quantifie la vocation urbaine du milieu etudie, a travers le taux d'occupation urbaine (TOU) et les equipements disponibles (la proportion des menages beneficiant de l'electricite, le telephone et les egouts). Le TOU indique la proportion des citadins travaillant dans les secteurs industriel, commercial et de services. Les in frastructures retenues pour caracteriser l'urbanite du milieu sont les memes que celles proposees dans le CDI, soit : le nombre de menages ayant acces au telephone, a l'electricite et aux egouts. L'acces a l'eau potable courante a deja ete consideree pour evaluer la sante urbaine. Quant a la contribution sociale feminine, elle est caracterisee par le taux d'emploi feminin.

Les images obtenues ont ete ensuite traduites en images binaires pour faire ressortir la classe d'interet : les espaces verts. Les pixels attribues a cette classe sont ensuite comptes et convertis en superficie, intrant necessaire pour resoudre l'equation 1. La taille au sol des pixels est de 10 in x 10 in, un pixel vaut donc 100 [m.sup.2]. Les autres donnees necessaires pour resoudre l'equation 1 sont issues des recensements de population effectues dans les differents milieux urbains etudies. La preservation de la nature et la gestion efficace des ordures pennettent de garder le milieu propre et sain et de rendre compte de sa durabilite.

Enfin, le developpement peut se traduire par un accroissement de la surface batie de la ville et de sa population. Cette augmentation est representee par la densite de population.

2.3.2. Ponderation des criteres

Les methodes statistiques sont moins subjectives que les methodes non statistiques lors du traitement de donnees et ne necessitent pas une connaissance approfondie du systeme eiudie. Toutefois, les analyses de regression multiple et factorielle imposent de disposer d'une multitude de donnees dont les valeurs seront comparees pour trouver une quelconque relation. Seule la methode de hierarchie multicriteres (MHM) permet de contourner ces handicaps. De plus, elle utilise une approche systemique, recommandee pour construire de "bons" modeles (De Montgolfier et Bertier, 1978), c'est-a-dire pour elaborer des modeles aptes a traduire en langage commun et rationnel une realite abstraite.

Pour chacun des sept sous-indicateurs, un score est affecte en fonction de leur degre d'influence sur l'indicateur composite IDU, par comparaison binaire selon une echelle allant de 1 a 9. Ensuite, les poids (priorites globales) sont determines. Une analyse matricielle est recommandee pour realiser cette etape car elle permet de mieux representer le sens des priorites (dominant ou domine) et de tester la coherence des preferences (Saaty, 1984).

La hierarchisation des sous-indicateurs est basee sur les considerations suivantes:

1. la sante est prioritaire pour les individus. En effet, le droit a la vie est fondamental dans l'enonce de la declaration des droits de l'homme. De plus, dans une enquete menee par le Conseil Canadien de Developpement Social (CCDS), 55% des repondants considerent la sante comme le plus important critere de bien-etre social (CCDS, 2000). De meme les experts du Programme des Nations Unies pour le Developpement (PNUD) en developpant l'IDH favorisent ce critere (Coutu, 2000). Par ailleurs, puisque le niveau d'education de la population influence la qualite du systeme de sante, ces deux criteres sont consideres comme ayant la meme importance;

2. selon 35% des repondants a l'enquete du CCDS, le facteur economique est le second critere important. Apres l'acces a la sante et a l'education, l'acces au travail et aux services sont a considerer, soit les indicateurs << urbanite >> et << securite >>. Or, les equipements disponibles caracterisent et assurent efficacement la QV dans un milieu urbain. << L'urbanite >> est donc le troisieme facteur prioritaire et la << securite >> le quatrieme;

3. l'equite des genres face a ces services contribue a assurer un bon niveau de developpement. Puisque les femmes et les hommes constituent la societe, ils devraient avoir les memes droits face a la sante, l'education et le travail. L'education des enfants est confiee a la mere dans la plupart des societes. Une bonne education de la mere contribuera necessairement a relever celui des enfants et donc de la societe en general. L'evaluation de la contribution feminine absolue permet d'evaluer le niveau de developpement du milieu etudie : une forte implication des femmes augmentera le developpement;

4. la preservation de l'environnement, autre element de bien-etre des individus intervient pour assurer la durabilite de l'espace urbain. Si les ressources sont gerees rationnellement, le milieu ne se degradera pas et les populations futures pourront en beneficier aussi;

5. la croissance spatiale et demographique rend compte de la pression humaine (forte densite de population) sur le milieu. Le developpement peut aussi se traduire par un accroissement de la surface batie de la ville et de sa population. Cette augmentation est representee par la densite de population. Cependant, elle ne quantifie pas les services utiles au bien-etre des individus. Cet aspect quantitatif est de moindre importance dans l'IDU, comparativement aux autres parametres.

La methode de hierarchie multicritere decrite par Saaty (1984) nous a permis d'assigner un score a chaque critere, par comparaison binaire, afin d'etablir les poids utiles au calcul de l'indicateur composite IDU. Meme si les scores attribues decoulent d'un jugement de preference, leur definition doit etre coherente pour que les resultats soient valables. Le ratio de coherence (RC) qui permet d'estimer la coherence globale des ponderations, doit alors etre inferieur a 10%. En effet, au-dela de cette valeur, les preferences risquent d'etre aleatoires et necessiteront une redefinition des priorites relatives affectees a chaque facteur.

(13) RC = IC / [IC.sub.A]

[IC.sub.A] = indice de consistance aleatoire;

[IC.sub.A] = 1,32 pour 7 criteres (Saaty, 1984).

2.3.3. Validation

Finalement, la validation de l'IDU permet de verifier la veracite des resultats issus du modele et de decider de son utilisation. Pourtant, il est possible de construire des modeles differents pour representer une meme realite. Toutefois, ce sont les interpretations des resultats de ces modeles qui importent : elles doivent etre concordantes et en aucun cas divergentes. Ainsi, les conclusions etablies a partir des resultats fournis par l'indicateur ont ete comparees aux enquetes effectuees sur l'espace urbain etudie. Si les commentaires des etudes corroborent l'interpretation de la mesure de l'IDU, alors cet indicateur est pret a aider le decideur dans la quantification de l'evolution de la QV dans l'espace urbain. Le modele est alors adapte ou pertinent pour le probleme donne. Il s'agit donc de choisir des milieux urbains et d'appliquer l'IDU.

2.4. Zones d'etude

Les communautes urbaines retenues pour appliquer l'IDU et verifier son efficacite sont Abidjan en Cote d'Ivoire et l'Ile de Montreal au Quebec. En Afrique noire francophone, la Cote d'Ivoire a beneficie d'environ 50% des prets que la Banque Mondiale consacrait aux interventions en milieu urbain (Paulais, 1995). En outre, 65,5% de ces investissements urbains etaient attribues a la ville d'Abidjan. Actuellement, la Cote d'Ivoire est l'un des pays les plus urbanises de la sous-region. Par ailleurs, selon les Nations Unies, le Canada a le meilleur developpement humain (PNUD, 1999).

Abidjan s'etend sur 540 [km.sup.2], dont 87 [km.sup.2] sont occupes par des lagunes (Antoine et al., 1987). En 1995, elle abritait le quart de la population totale et la moitie des urbains du pays (2608 992 habitants). Cette communaute urbaine regroupant 10 municipalites et situee sur la cote atlantique a pour coordonnees geographiques : 5[degrees] 19' 00" de latitude Nord et 4[degrees] 02' 00" de longitude Ouest. Elle se caracterise par 3 sites differents : la zone cotiere plate, la zone lagunaire et la zone de plateau. Quant a l'Ile de Montreal, elle s'etend sur 493,6 [km.sup.2] et abritait 1 787 752 habitants en 1996 (Statistique Canada, 1996). Elle est constituee de 27 municipalites dont la ville de Montreal, noyau urbain de cette communaute et situee entre 45[degrees] 23' et 45[degrees] 43' de latitude Nord et entre 73[degrees] 23' et 73[degrees] 28' de longitude Ouest.

3. Resultats et Discussion

Les poids determines pour exprimer le degre d'influence des differents criteres sur le developpement urbain sont explicites par l'equation 14 suivante :

(14) IDU = 0,30*([I.sub.S]+[I.sub.ed]) + 0,17*[I.sub.urb] + 0,10*[I.sub.secu] + 0,06*[I.sub.fem] + 0,04*[I.sub.env] + 0,03*[I.sub.exp]

L'indice de coherence (IC) qui permet de valider les resultats issus de la methode de hierarchie multicritere de Saaty (1984) est de 0,01 dans le cas present. Le ratio de coherence (RC) trouve pour determiner l'equation 14 est de 0,83% : cette valeur garantit la coherence globale des appreciations (scores attribues) car elle est bien inferieure a la valeur limite de 10%.

Les exactitudes moyennes de classification dirigee des images SPOT sont de 88% et 93% pour Abidjan et l'Ile de Montreal respectivement. Par ailleurs, toutes les donnees necessaires pour effectuer le calcul des indices pour chaque zone d'etude sont integrees dans un SIG.

Ainsi, le tableau 3 presente pour chaque milieu urbain etudie, la valeur des criteres quantifiant le developpement urbain ainsi que les valeurs globales de l'IDU et du CDI pour Abidjan (en 1995) et l'Ile de Montreal (en 1996). Quant aux figures 1 et 2, elles spatialisent l'IDU pour chaque municipalite des espaces urbains etudies.

Globalement, Abidjan avait un developpement urbain moyen en 1995, tandis que celui de l'Ile de Montreal etait eleve en 1996 selon l'IDU. Toutefois, leurs municipalites ont des developpements differents. En outre, l'indicateur de sante pour Abidjan revele une lacune. En effet, il aurait fallu au moins deux fois plus de lits disponibles en milieu hospitalier pour que les conditions sanitaires soient acceptables. Sur les plans de la contribution des femmes et de la protection de l'environnement, les deux espaces urbains ont encore des efforts a faire.

La figure 3 represente les resultats de la requete restrictive effectuee sur les donnees integrees dans le SIG (principalement l'IDU et ses intrants sante et education) pour determiner les municipalites abidjanaises dont la qualite de vie globale est moyenne. La legende "vrai" signifie qu'une mairie verifie tous les criteres de la requete. Tandis que "faux" signifie qu'une mairie ne repond pas a au moins un des criteres de la requete. Cette requete revele que c'est la municipalite de Treichville qui est la mieux developpee. N'eut ete le nombre (8) d'habitats precaires, Cocody presenterait aussi un bon developpement urbain. Quant au plateau, c'est l'absence d'infrastructures hospitalieres publiques qui la penalise.

Le developpement absolu a Abidjan en 1995 serait effectif si les infrastructures sanitaires sont renforcees, les dechets sont mieux geres et si des habitations decentes sont construites pour les faibles revenus. Des conditions de vie adequates imposent un habitat securitaire pour tous les menages. L'absence d'habitat precaire traduit une faible disparite socio-economique entre les individus. Par ailleurs, la valeur de l'IDU de l'Ile de Montreal (1996) est 1,7 fois superieure a celle d'Abidjan (1995). Ce rapport indique que l'Ile de Montreal aurait un developpement 1,7 fois superieur a celui de la ville d'Abidjan. En divisant tous les criteres de l'Ile par cette valeur, nous avons le developpement relatif d'Abidjan et nous pouvons ainsi evaluer le niveau de la QV dans ce milieu urbain. Le tableau 3 (cf. la colonne 4) presente les valeurs minimales des differents criteres qu'Abidjan devrait avoir pour etre consideree developpee relativement a son niveau par rapport a l'Ile de Montreal.

L'analyse de ce tableau entraine les commentaires suivants:

* pour la securite, la contribution feminine, les infrastructures urbaines et la preservation de l'environnement meme si des progres sont a faire, Abidjan est relativement developpee. En effet, la valeur de ses indicateurs est superieure au seuil minimum que suggere la comparaison avec l'Ile de Montreal):

* pour la securite, il faut nuancer les conclusions car dans les pays en developpement, le fort taux d'occupation des individus dans le secteur informel et le sous-emploi familial entrainent une sous-estimation des statistiques de recensement de la population au chomage. De ce fait, la securite serait en deca du niveau observe par le taux de chomage. De plus, l'economie de l'Ile de Montreal est essentiellement tertiaire (99.8%) et elle abrite plusieurs centres de "technologies nouvelles" (Internet, imagerie, etc.) et donc des travailleurs qualifies. La difference avec Abidjan se situerait donc au niveau de la qualite des emplois car ce secteur est inexistant en Cote d'Ivoire. Une connaissance de la proportion des citadins travaillant dans le secteur informel, ameliorerait l'evaluation de la securite;

* concernant l'environnement, selon la classification dirigee par maximum de vraisemblance, l'Ile de Montreal a 17 [km.sup.2] de verdure. Abidjan devrait donc avoir au minimum 10 [km.sup.2] d'espaces verts. Or, la superficie verte a Abidjan est 3 fois superieure a cette valeur. De plus, Abidjan respecte la norme institutionnelle (0,02 [km.sup.2] pour 1000 habitants) contrairement a l'Ile de Montreal. Cependant, meme s'il est exact que la ville d'Abidjan est tres verte, les espaces verts amenages sont mal repartis : les municipalites de Cocody et du Plateau sont les mieux nanties en jardins amenages. Toutefois, a Abidjan, il n'y a ni traitement, ni tri des ordures menageres, ni recyclage des dechets. Ils sont deposes sur un terrain vague a la peripherie, occasionnant pour les riverains et les villages environnants, des odeurs nauseabondes et la proliferation d'insectes. Pour la sante des individus et la preservation de l'environnement, des efforts doivent etre faits par les autorites locales. Sur l'Ile de Montreal, il existe aussi des decharges publiques. Mais, les ordures sont d'abord triees et certaines sont recyclees avec la contribution de la population preoccupee par la qualite de son milieu de vie. Les deux milieux urbains etudies ont donc des progres a faire pour atteindre un niveau acceptable (50%) pour ce critere environnemental.

* Par contre, pour la sante et l'education, la situation est alarmante car Abidjan n'atteint pas (ni qualitativement, ni quantitativement) le seuil minimum requis par rapport a l'Ile de Montreal. Il est crucial que les infrastructures sanitaires soient ameliorees et aussi que les equipements soient augmentes pour le bien-etre des populations. La forte croissance demographique de ce milieu urbain va aggraver cette situation, si des mesures ne sont pas prises pour y remedier.

Toutefois, le CDI des Nations suggere un faible developpement urbain pour Abidjan et un fort developpement urbain pour l'Ile de Montreal (cf. tableau 3). En effet, rappelons que l'IDU comporte plus de composantes que le CDI. Cela contribue a augmenter sa valeur numerique. Le tableau 4 presente les valeurs des principaux intrants des indicateurs IDU et CDI (la sante et l'education) et celle de l'environnement (critere de durabilite du milieu) :

-pour l'education, comme les Nations Unies ne considerent que les equipements educatifs (la qualite ou le resultat de cette education n'est pas prise en compte), la valeur du CDI est reduite;

-par contre le parametre environnemental est surestime car la preservation des espaces verts (donc la durabilite du milieu) n'est pas consideree par le CDI. Or ce facteur influence la qualite de l'espace naturel;

-pour la sante, les tendances sont differentes pour les deux milieux etudies : la composante sante du CDI est superieure a celle de l'IDU dans le cas d'Abidjan, contrairement a l'Ile de Montreal. Les coefficients de ponderation de l'IDU montrent une forte influence des equipements sanitaires parmi les autres variables utilisees pour definir la sante. Or ce facteur est tres faiblement represente a Abidjan : de ce fait, [I.sub.S](IDU) < [I.sub.S](CDI). Sur l'Ile par contre, comme les equipements sanitaires sont relativement suffisants, [I.sub.S](IDU) > [I.sub.S](CDI).

En considerant que la superficie verte de l'Ile de Montreal n'avait pratiquement pas change entre 1991 (annee de recensement) et 1989 (date de l'image SPOT disponible), l'image de 1989 nous a fourni cette information pour calculer l'indicateur ecologique. Ainsi, nous avons trouve qu'en 1991, l'IDU de l'Ile de Montreal etait de 90,6% (qualite de vie elevee) tandis que celui d'Abidjan en 1989 valait 48,5% (faible qualite de vie).

Abidjan s'est donc developpee entre 1989 et 1995 tandis que l'Ile de Montreal a vu sa qualite de vie baisser legerement (la valeur de son IDU reste elevee) entre 1991 et 1996. En effet, l'IDU d'Abidjan a augmente de 0,58/an entre 1989-1995 tandis que celui de l'Ile a baisse de 0,36/an de 1991 a 1996.

Ces constatations sont corroborees par des etudes statistiques et des enquetes en milieux hospitalier et scolaire (Diabate et Kodjo, 1991; Ministere de l'economie et des finances, 1997; MSSS, 1995). En effet, les criteres sante et education sont preponderants dans l'IDU. Or, les etudes revelent qu'a Abidjan les investissements dans les secteurs de la sante et de l'education augmentaient alors qu'au Quebec ces secteurs etaient sujet a des coupures budgetaires. Ceci explique la baisse de l'IDU pour l'Ile de Montreal et une augmentation pour Abidjan. Toutefois, signalons que pour une population plus importante, la valeur des investissements dans la sante et l'education est moindre a Abidjan, d'ou de moins bons services pour les habitants de ce milieu comparativement a ceux de l'Ile de Montreal.

L'IDU est donc adapte pour representer la qualite de vie en milieu urbain. En outre, il est assez sensible pour detecter un changement temporel et permettre d'evaluer tout progres eventuel.

6. CONCLUSION

Les resultats encourageants fournis par l'indicateur composite elabore constituent donc une base de comprehension des espaces urbains etudies puisque la variation temporelle de l'IDU correspond a des variations reelles du phenomene etudie. L'utilisation de I'IDU permet aux gestionnaires d'avoir une image globale du milieu etudie et donc de mieux le comprendre. Cet indicateur peut aider lors de la prise de decision, a mieux cibler les actions a entreprendre pour ameliorer les conditions de vie des populations. De plus, l'IDU presente l'avantage de prendre en compte la durabilite du milieu et d'integrer des donnees de teledetection.

L'IDU, critere quantitatif de comparaison objective, peut servir a ranger des villes selon leur developpement urbain, a l'instar de I'IDH qui permet aux Nations Unies de classer les pays selon leur developpement humain.

Nous encourageons alors les Nations Unies et particulierement le Conseil des Nations Unies pour l'Habitat Humain (UNCHS), a renforcer sa campagne de collecte de donnees urbaines. Plus l'eventail des donnees disponibles sera grand, plus il sera aise de choisir des variables explicitant adequatement un critere donne. Par exemple, la prise en compte du travail informel permettra de mieux evaluer le taux d'emploi effectif. Cela aura donc une incidence sur la valeur du critere de securite represente par cette variable. Toutefois, le taux annuel de crimes (et meme la ventilation de cette donnee selon le type d'homicide) est plus pertinent pour quantifier reellement la securite des individus. Ces variables ne changeront pas significativement la valeur globale de l'indice car elles sont relativement liees a celles precedemment choisies et aussi parce que leur poids dans l'IDU est faible. Cependant, elles permettront alors de consolider la definition des indicateurs composant l'IDU de meme que le CDI et d'ameliorer l'evaluation et la comprehension des espaces urbains.
Tableau 3: Valeurs des criteres pour les milieux urbains etudies

Criteres (%) Abidjan Ile de [Ile de
 (1995) Montreal Montreal]/
 (1996) 1,7

[I.sub.s] (Sante) 39,8 95,2 56,0

[I.sub.ed] (Education) 50,7 96,4 56,7

[I.sub.urb] (Urbanite) 54,5 99,9 58,8

[I.sub.secu] (Securite) 90,8 93,4 54,9

[I.sub.Fem] (Contribution feminine) 32,0 46,8 27,5

[I.sub.env] (Environnement) 31,7 42,6 25,1

[I.sub.exp] (Expansion) 1 0 0

IDU 52,0 88,8 -

CDI 43,6 70,6 -

Tableau 4: Comparaison des principales composantes des
indicateurs de developpement urbain

(%) Abidjan (1995) Ile de Montreal (1996)

 CDI IDU CDI IDU

Sante 45,9 39,8 59,9 95,2
Education 29,7 50,7 54,9 96,4
Environnement 46,5 31,7 80,0 42,6


References

Antoine, P., A. Dubresson, et A. Manou-Savina. 1987. Abidjan cote cours--Pour comprendre la question de l'habitat. Paris: Editions Karthala et Orstrom.

Aronoff, S. 1990. Geographic Information Systems : a management perspective. Ottawa: WDL Publication.

Bailly, A., R. Ferras et D. Pumain. 1995. 58 chap. Encyclopedie de geographie. Paris: Economica.

Bisson, M. 1986. Introduction a la pollution atmospherique. Ministere de l'environnement--Quebec: Publications du Quebec.

Bonn, F. et G. Rochon. 1992. Precis de teledetection, Volume 1--Principes et methodes. Presses de l'Universite du Quebec (editeur), Aupelf-Uref.

Campbell, A. 1976. Subjective measures of well-being. American Psychologist 31 (1): 117-124.

Campbell, A. 1981. The sense of well-being in America. New York: McGraw Hill.

Cantril, H. 1965. The pattern of human concerns. New Brunswick: Rutgers University Press.

CCSD, 2000. Personal security index--A reflection of how Canadians feel. Ottawa: National library Canada cataloguing.

Corin, E., V. Kovess, C. Mercier, HBM Murphy, C. Renaud, C and G. Dulac 1987. Les dimensions sociales et psychiques de la sante : outils methodologiques et perspectives d'analyse, synthese dirigee et critique de la litterature presentee a la Commission Rochon. Synthese critique, vol 10. Quebec: Services de sante et les services sociaux.

Coutu, V. 2000. Indice de developpement humain. Communication personnelle, Sherbooke: Universite de Sherbrooke, Sherbrooke.

Curran, P. J. 1985. Principles of remote sensing. New York: Longman Inc.

De Montgolfier, J. et P. Bertier. 1978. Approche multicritere des problemes de decision. Paris: Editions hommes et techniques.

Diabate, H. et L. Kodjo. 1991. Notre Abidjan. Mairie d'Abidjan-Ivoire Media, Abidjan.

Diener, E. 1984. Subjective well-being. Psychological Bulletin 95 (3): 542-575.

EPA. 1973. The Quality Of Life concept--a potential new tool for decision-makers. Airlie Symposium, Warrenton (Virginia), 29-31 Aout 1972.

Franklin, S. E. and D.R. Peddle. 1990. Classification of SPOT HRV imagery and texture features. International Journal of Remote Sensing, 11:551-556.

Grant, J. 1999. A Handbook of economic indicators. Second edition, Toronto: University of Toronto Press.

Guay, P.-Y. 1987. Introduction a l'urbanisme : approches theoriques, instruments et criteres. Quebec: Modulo.

Horn, IL V. 1993. Statistical indicators for economic & social sciences. Cambridge: Cambridge University Press.

Hughes, J. W. 1972. Urban indicators, metropolitan evolution and public policy. Center for Urban Policy Research, New Brunswick: Rutgers University.

Illner, M. 1984. On functional types of indicators in social planning. Social Indicators Research 14:275-285.

Jensen, J. R. 1979. Spectral and textural features to classify elusive landcover at the urban fringe. The Professional Geographer 31:400-409.

Ministere De l'economie Et Des Finances. 1997. La Cote d'Ivoire en chiffres, edition 96-97, Dialogue production, Abidjan.

Ministere de la sante et des Services Sociaux. Quebec PQ. CAN. 1995. Le Quebec compare : indicateurs sanitaires, demographiques et socio-economiques --Evolution de la situation quebecoise, canadienne et internationale. Quebec: Gouvernement du Quebec, Ministere de la sante et des services sociaux.

OCDE. 1976. Mesure du bien-etre social--Progres accomplis dans l'elaboration des indicateurs sociaux, Programme d'elaboration des indicateurs sociaux de l'OCDE. Paris: OCDE.

OCDE. 1982. Liste OCDE des indicateurs sociaux. Programme d'elaboration des indicateurs sociaux. Paris: OCDE.

Paulais, T. 1995. Le developpement urbain en Cote d'Ivoire (1979-1990)--Les projets de la Banque Mondiale. Editions Karthala.

PNUD. 1999. Rapport mondial sur le developpement humain 1999. De Boeck, Bruxelles.

Saaty, T. 1984. Decider face a la complexite--Une approche analytique multicritere d'aide a la decision. Paris: Entreprise moderne d'edition.

Saulou, J.-Y. 1982. Le tableau de bord du decideur--Methodologie de mise en place. Paris: les editions d'organisation.

Statistique Canada. 1996. Catalogues 93-304, 93-35 7XPB, 93-91 Z

Statistique Canada. 2000. L'activite humaine et l'environnement 2000. Catalogue no ll-509-XPF, Ottawa.

UNCHS. 1997. Programme activities analysis data. Global Urban Observatory, Urban indicators programme phase one : 1994--1996, Avril 1997. Nairobi, Kenya.

UNDE 1998. Human Development Report. Oxford: Oxford University Press.

[TABLES OMITTED]
COPYRIGHT 2003 Institute of Urban Studies
No portion of this article can be reproduced without the express written permission from the copyright holder.
Copyright 2003 Gale, Cengage Learning. All rights reserved.

 Reader Opinion

Title:

Comment:



 

Article Details
Printer friendly Cite/link Email Feedback
Author:Zoro, E. Georgina; Morin, Denis; Benie, Gooze B.
Publication:Canadian Journal of Urban Research
Geographic Code:1CQUE
Date:Dec 22, 2003
Words:7092
Previous Article:Pertes de vie et blessures par accidents de la route chez les pietons a Montreal et a Toronto.
Next Article:Are there urban regimes in Canada? Comment on: Timothy Cobban's "the political economy of urban redevelopment: downtown revitalization in London,...
Topics:


Related Articles
Montreal, tableaux d'une metropole moyenne.
Citadins et banlieusards. Representations, pratiques et identites *.
Kaufmann, Vinceut, Fritz Sager, Yves Ferrari, Dominique Joye: Coordonner transports et urbanisme.
Making space for planning debates in Canada/Faire place aux debats sur l'amenagement au Canada.
Vers une definition du projet urbain, la planification du reamenagement du Vieux-Port de Montreal.
WSIS gender caucus: summary of recommendations to the second WSIS-Africa Regional Preparatory Conference: Accra, Ghana, 2-4 February 2005/Caucus de...
Bassand, Michel. La Metropolisation de la Suisse.
Saint-Laurent: transformations urbaines d'une ville de banlieue Quels changements dans la relation centre/peripherie?
Les motivations entrepreneuriales comme facteur explicatif de la taille des enterprises.

Terms of use | Copyright © 2014 Farlex, Inc. | Feedback | For webmasters